Hallux valgus (oignon au pied) : symptômes, causes et traitements

L’Hallux valgus, appelé aussi "oignon", est une déviation anormale vers l'extérieur du gros orteil vers le deuxième orteil – c'est-à-dire vers l'extérieur. Quels sont les symptômes de l'Hallux valgus, ses causes et comment le soigner ? Le point sur cette déformation douloureuse.

Définition

Qu’est-ce que l’Hallux Valgus ?

L’Hallux valgus, appelé aussi "oignon", est une déviation vers l'extérieur du gros orteil vers le deuxième orteil (c'est-à-dire vers l'extérieur).

L'os appelé "premier métatarsien" se déplace à l'opposé vers l'intérieur du pied et subit une petite déformation, l'articulation entre le métatarsien et la première phalange du gros orteil (articulation métatarso-phalangienne) devient très saillante, formant une bosse sur le bord interne de l'avant pied. Cette déviation du gros orteil entraîne donc une déformation de l'avant-pied et, par conséquent, des difficultés de chaussage.

Photo : déviation de l'os du pied 

Photo : déviation de l'os du pied© Istock

Quels sont les stades d'évolution de l'Hallux valgus ?

La sévérité de l'Hallux valgus dépend de l'angle de la déviation et de l'importance des autres atteintes du pied.

  • L'Hallux valgus est léger si la déviation est inférieure à 20°. La phalange du gros orteil et le métatarse sont encore correctement emboîtés.
  • L'Hallux valgus est modéré si la déviation se situe entre 20° et 40°. Le gros orteil tourne vers l'extérieur du pied, la phalange est déplacée par rapport au métatarse et ne s'emboîte plus correctement. Le gros orteil entre en conflit avec le second orteil.
  • L'Hallux valgus est sévère si l'angle de la déviation est supérieur à 40°. Le gros orteil passe au-dessous ou au-dessus du deuxième orteil. L'arthrose accentue la déviation, jusqu'à provoquer une luxation (déplacement anormal des surfaces de l'articulation) complète du gros orteil qui perd ainsi sa fonctionnalité.

Chiffres

L'Hallux valgus n'est pas une pathologie rare et touche principalement les plus de 40 ans.

  • 30 % de la population âgée est concernée.
  • 2 % des enfants ont un Hallux valgus en France.
  • Dans 90 à 95 % des cas, cette malformation a une prédominance féminine.
  • Dans 90 % des cas, l'Hallux valgus débute entre 40 et 50 ans.

Symptômes

  • L'Hallux valgus est parfois totalement indolore.
  • Il devient souvent douloureux à la marche. En effet, la zone déformée et saillante (l'"oignon") frotte dans la chaussure et un cal (épaississement dur de la peau) se développe. Ce frottement peut créer une inflammation de l'enveloppe de l'articulation métatarso-phalangienne (bursite) et l'"oignon" devient rouge, chaud et douloureux. Il est alors difficile de se chausser.
  • La douleur s’intensifie lorsque la déformation devient importante.
  • Cette déformation fréquente de l'avant-pied a un impact sur les autres orteils qui, chassés par le premier, se recroquevillent en "griffes".

Photo : image clinique et radiographique d'un Hallux valgus avec la déformation

Photo : image clinique et radiographique d'un Hallux valgus avec la déformation© Creative Commons

Crédit : DrNealBlitz — Collage of Clinical Images © CC - Licence :https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/

Causes

Les principales causes d'hallux valgus :

  • L'hallux valgus secondaire est acquis par défaillance progressive des systèmes de stabilisation du premier métatarsien (vieillissement, microtraumatismes, surcharge...) et représente 70 % des cas. Le rôle d'un mauvais chaussage est prépondérant (chaussures trop étroites).
  • L'hallux valgus dite « juvénile », liée à un défaut d'orientation de la tête métatarsienne, apparaît dans la deuxième décennie de la vie. Elle est héréditaire et transmissible par la mère. Elle représente 30 % des cas.
  • L’hallux valgus peut être une malformation congénitale et être présent chez le jeune enfant, mais dans 90% des cas, il se développe chez l’adulte.
  • Chez l'homme, il est souvent associé à une surcharge pondérale et à la présence de pieds plats.

Facteurs de risques

  • Être une femme.
  • Avoir des antécédents familiaux dans 25 % des cas : si vos parents ont un hallux valgus.
  • Avoir des parents dotés d'un avant-pied large et d'un premier orteil long (caractéristique des pieds "égyptiens").
  • Porter des chaussures à talons hauts, à bouts étroits (si ce facteur ne joue pas le rôle essentiel qui lui a longtemps été attribué, il n'est pas sans effet).
  • Être ménopausée : un relâchement des structures fibreuses favorise l'élargissement de l'avant-pied.
  • Avoir une maladie neuromusculaire, rhumatismale (polyarthriterhumatoïde par exemple) ou une anomalie du collagène.

Personnes à risque

  • Les femmes :

- Du fait de laxité des articulations, plus importante chez les femmes et surtout chez les femmes ménopausées.

- En raison du port de chaussures resserrées au bout du pied et les talons hauts.

  • Dans certaines familles

- Les personnes qui ont un pied égyptien : gros orteil plus long que le deuxième orteil, le pied égyptien se différencie du pied grec où le deuxième orteil est le plus long, seraient également plus touchées par la maladie.

  • La surcharge pondérale est aussi un facteur favorisant.

Photo : les femmes sont particulièrement à risques d'Hallux valgus

Photo : les femmes sont particulièrement à risques d'Hallux valgus© Fotolia

Contagion

L'hallux valgus n’est pas contagieux.

Qui, quand consulter ?

La consultation médicale permet de faire le point sur l'importance de l'hallux valgus et la gêne qu'il engendre au quotidien. Le traitement comporte des médicaments luttant contre la douleur, et des mesures orthopédiques.

Le médecin traitant examine et si un avis chirurgical est nécessaire, il adresse à un chirurgien orthopédique.

En cas d'hallux valgus, l'examen des pieds est réalisé en position allongée, debout et lors de la marche.

Complications

Si le patient néglige sa maladie, l'hallux valgus évolue vers l'aggravation de la déformation. Le gros orteil s'oriente de plus en plus vers le deuxième orteil au point de le croiser. La position du gros orteil étant incorrecte, l'appui du poids porté par le pied se déplace vers les autres orteils qui sont le siège de durillons et de cors. Les quatre derniers orteils, et surtout le deuxième, se déforment en se repliant "en griffes". Une arthrose des articulations du pied peut survenir.

L'articulation entre le gros orteil et le premier métatarsien (articulation métatarso-phalangienne) s'enflamme fréquemment par poussées peu prévisibles (épisodes de bursite). Si la peau en regard de la bursite est le siège d'une plaie, la bursite s'infecte et cette infection peut se propager à l'articulation et à l'os, plus particulièrement chez les personnes fragiles comme les diabétiques.

Examens et analyses

Observation clinique

Le professionnel de santé va confirmer qu’il s’agit d’une saillie douloureuse de la face interne de l’articulation métatarso-phalangienne du gros orteil (parfois avec bursite) associée à une accentuation du valgus phalangien. Les deux phalanges s’orientent alors vers le second orteil, jusqu’à parfois le croiser.

Que faire si la déformation s’aggrave ? 

Réponse du Dr Mondolini, médecin du sport, ostéopathe :

"Il faut  revoir le professionnel de santé qui pourra prescrire des examens complémentaires et si besoin orienter vers un avis chirurgical."

Bilan radiologique

L’examen clinique peut être complété par un examen au podoscope. Cet appareil est composé d'une vitre épaisse, d'un dispositif d'éclairage et d'un miroir placé au fond de l'appareil. Le patient debout sur la vitre exerce des pressions sur certaines parties de son pied. Ainsi, l’empreinte du pied est visualisée et les zones d’appui anormal en particulier de l’avant pied sont repérées.

Le bilan radiographique est indispensable et comprend des clichés des deux pieds pour évaluer l’importance de la déformation, et permet au chirurgien de confirmer le diagnostic, de mesurer l’importance de la déformation, évaluer les conséquences sur les orteils latéraux et de planifier une éventuelle chirurgie. D’autres examens complémentaires (échographie, IRM…) peuvent compléter le bilan, notamment sur les orteils adjacents pour quantifier leur atteinte.

Traitements

Traitements préventifs :

  • Éviter le port de chaussures à talons hauts et à bouts pointus qui favorisent la déformation triangulaire de l’avant pied.
  • Pour soulager la douleur, choisir alors, des chaussures à bout large et rond avec des talons peu élevés ou plats.
  • En début d’évolution, consulter un pédicure podologue qui proposera des soins de pédicurie, et/ou éventuellement des orthèses d’orteils ou des semelles.
  • En cas de durillons et cals, des soins de pédicurie sont utiles afin d'en diminuer le volume.
  • En cas de douleur importante, des médicaments antalgiques ou anti-inflammatoires peuvent être prescrits par le médecin.

Traitements curatifs:

Lorsque les douleurs deviennent invalidantes et que les déformations rendent le chaussage pénible, la chirurgie peut être envisagée.

Le principe de la chirurgie consiste à réaligner le gros orteil et faire disparaître la bosse sur le bord du pied et lui redonner son rôle propulseur, à la marche. Cette intervention se réalise en ambulatoire sous anesthésie locorégionale, elle dure en moyenne 50 minutes. Un arrêt de travail, entre 3 semaines et 2 mois (suivant l'activité professionnelle), est nécessaire pour une bonne consolidation.

Photo : cicatrice 2 jours après l'opération chirurgicale d'un Hallux valgus chez un sujet jeune

Photo : cicatrice 2 jours après l'opération chirurgicale d'un Hallux valgus chez un sujet jeune© Creative Commons

Crédit : Lamiot — Travail personnel © CC - Licence : https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0/

Hallux valgus : quelles sont les différentes opération ? 

  • La technique la plus utilisée consiste à réaliser une incision à cheval sur "l'oignon". Le chirurgien réalise une section de l'os (ostéotomie) du premier métatarsien, et souvent de la première phalange du gros orteil, associée à une libération des tissus rétractés (libération d'adhérences de tendons...). Les fragments osseux déplacés sont fixés avec un matériel (le plus souvent des vis), qui est laissé en place définitivement. Toutefois, en cas de gêne, une deuxième intervention est nécessaire pour l'enlever.
  • Une autre technique consiste à faire des mini-incisions (technique mini-invasive, voire percutanée) sous contrôle radiographique. Les corrections de l'os sont fixées par une vis ou sont parfois maintenues uniquement à l'aide d'un pansement.

La marche est possible dès le lendemain de l'intervention avec une chaussure spéciale qui permet un appui uniquement sur le talon. Des séances de rééducation sont utiles dans les suites pour récupérer une bonne souplesse de l'articulation du gros orteil.

Prévention

  • Porter de souliers souples, plats et larges et éviter les chaussures à talons hauts et bouts pointus.
  • Vérifier que les coutures des chaussures ne passent pas par cette bosse, afin de limiter les frottements entre la chaussure et l'oignon, il est utile de
  • Porter un séparateur d'orteil ou une contention le soir peut également être conseillé (son efficacité est modeste)
  • Porter de semelles orthopédiques pour limiter l’affaissement du pied vers l’intérieur (le valgum) peut limiter l’aggravation de l’hallux valgus.
  • A noter : pour le Dr Mondolini, porter un séparateur d'orteil ou une contention le soir apporte des "résultats modestes".

Sites d’informations et associations

Site de l’Association Française de chirurgie du pied

https://www.afcp.com.fr/infos-publiques/fiches-patients/

Société Française de chirurgie Orthopédique et Traumatologique

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