Qu’est-ce que l’endométriose ?

L’endomètre est le tissu qui tapisse l’intérieur de l’utérus et se prépare chaque mois à la nidation. Quand il n’y a pas de fécondation, il s’élimine par le vagin, ce sont les règles.

Chez les femmes atteintes d’endométriose, "le sang reflue vers les trompes, le tissu endométrial se greffe alors à l’arrière de l’utérus, au niveau des ligaments de l’utérus, des ovaires, du rectum, du côlon et/ou de la vessie" explique le Dr Eric Sauvanet, chef de service de chirurgie gynécologique du GHPSJ.

Il peut provoquer des lésions, des adhérences et des kystes au niveau des organes colonisés.

Des douleurs pelviennes

Les douleurs pelviennes (comme les douleurs de règles) sont le symptôme principal de l’endométriose. Ces douleurs sont récurrentes, parfois très aiguës, notamment au moment des règles. Elles sont cycliques, car sensibles aux effets des hormones féminines.

"Les règles sont de plus en plus douloureuses, les douleurs ne sont pas calmées par la prise d’antalgiques habituels, elles s’aggravent avec le temps et souvent occupent toute la durée des règles" indique le Dr Sauvanet.

Des douleurs lors des rapports sexuels

Les patientes atteintes d’endométriose peuvent aussi souffrir lors des rapports sexuels. On parle de "dyspareunie". En clair, les rapports sexuels sont douloureux ou difficiles. Quand la dyspareunie est liée à une endométriose, elle est généralement "profonde", les douleurs sont ressenties au fond du vagin (et non à l’entrée du vagin).

Des douleurs au moment d’aller aux toilettes

L’endométriose peut aussi se caractériser par des douleurs lors de la miction, pendant les règles (quand des lésions se sont formées au niveau de la vessie) et de la défécation.

Parfois asymptomatique

L’endométriose peut être asymptomatique. Elle est découverte par hasard lors d’un bilan de fertilité, chez une femme qui ne parvient pas à concevoir d’enfant. Selon le Dr Eric Sauvanet, "30% des femmes infertiles souffrent d’endométriose".

Si le lien entre ces deux problèmes n’est pas scientifiquement élucidé, il n’est pas sans réponse. "On peut opérer, 50% des femmes arrivent à tomber enceinte dans les 18 mois. Ou sinon avoir recours à la FIV" explique notre interlocuteur.

Des règles abondantes après 40 ans

Près d’une femme sur deux présente une forme d’endométriose spécifique : l’adénomyose. En clair "l’endomètre pénètre dans le muscle utérin (appelé myomètre), là où il y a les contractions lors de l’accouchement" explique le Dr Eric Sauvanet.

Elle peut être asymptomatique ou se manifester par des saignements abondants au moment des règles ("métrorragie") et des dysménorrhée (douleur qui précède, accompagne ou suit les règles).

Cette forme est assez classique puisqu’elle est liée au vieillissement de l’organe. Elle n’est pas anomale comme c’est le cas lors de la greffe de tissu de règles à l’extérieur de la cavité utérine.

Comment ça évolue ?

Tout dépend de la forme d’endométriose. "Il y a le stade léger et le stade infiltrant : l’endomètre peut pénétrer le rectum et anatomiquement on ne voit plus de dissection" indique le Dr Sauvanet.

Dans tous les cas, il souligne l’importance de ne pas négliger les symptômes de l’endométriose. Quand ils existent, il faut consulter un médecin à l’écoute. Par ailleurs, il explique que l’échographie n’est pas le meilleur examen de dépistage. "Il ne faut pas s'en contenter si ce n’est pas normal. Le mieux c’est l’IRM."

A noter : Le premier traitement de l'endométriose est hormonal et passe par la suppression des règles.

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