Grossesse chez la femme diabétique de type 1 ou 2 : quels sont les risques ?

Certifié par nos experts médicaux MedisiteLe diabète (de type 1 ou 2) chez la femme n’empêche pas de mener à terme une grossesse dans de bonnes conditions, ni d’avoir un bébé en parfaite santé. Toutefois, les risques de complications sont plus élevés, en particulier quand le suivi est défaillant. On fait le point.

Diabète de type 1 et 2 : quels risques pendant la grossesse ?

La grossesse d’une femme atteinte de diabète de type 1 ou de diabète de type 2 doit être plus particulièrement suivie (examens préconceptionnels, fond d’œil, dépistage systématique des infections urinaires…) et cela, en raison des risques :

  • D'augmentation des complications liées au diabète : les complications courantes du diabète telle que la rétinopathie ou la néphropathie (atteintes de la rétine et des reins) peuvent s’aggraver pendant la grossesse, notamment à cause des variations inévitables de la glycémie. En cas de pathologie associée au diabète, la grossesse peut même être déconseillée (et le désir de grossesse reporté).

Photos : 1 - Vision normale, 2 - Vision avec une rétinopathie diabétique

Photos : 1 - Vision normale, 2 - Vision avec une rétinopathie diabétique© Creative Commons

Crédit : National Eye Institute, National Institutes of Health — http://www.nei.nih.gov/photo/keyword.asp?narrow=Eye+Disease+Simulation&match=all (TIFF image) © CC/Domaine public - Licence : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Eye_disease_simulation,_normal_vision.jpg

Photos : 1 - Vision normale, 2 - Vision avec une rétinopathie diabétique© Creative Commons

Crédit : National Eye Institute, National Institutes of Health — http://www.nei.nih.gov/photo/keyword.asp?narrow=Eye+Disease+Simulation&match=all (TIFF image) © CC/Domaine public : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Eye_disease_simulation,_diabetic_retinopathy.jpg

  • De fausse couche : ce risque durant le premier trimestre est plus important chez la femme enceinte diabétique si la glycémie est mal équilibrée notamment au moment de la conception. D’où l’importance en cas de désir d’enfant de se faire suivre avant de tomber enceinte.
  • D'hypertension de grossesse : l’hypertension artérielle est une pathologie à surveiller de près chez la femme diabétique. Elle peut en effet se compliquer en pré-éclampsie (ou toxémie gravidique), une hypertension artérielle gravidique (HTA) associée à l’apparition de protéines dans les urines. Cette maladie grave peut entraîner un retard de croissance in-utérin, un accouchement prématuré, voire même mettre la vie de la future maman et du bébé en danger.
  • D'accouchement prématuré : le risque d’accouchement prématuré chez la femme enceinte diabétique est surtout accentué par :

- L’hydramnios, plus fréquent en cas de diabète. Il s’agit de l’augmentation anormale du liquide amniotique ce qui provoque une rupture prématurée de la poche des eaux, et donc l’accouchement.

- La pré-éclampsie qui oblige à déclencher la naissance.

- Les infections urinaires, qui peuvent être plus courantes chez la femme enceinte diabétique et prédisposent à un accouchement prématuré.

  • D'accouchement par césarienne : l'accouchement de la femme diabétique est généralement programmé, car il nécessite une surveillance accrue (l’accouchement induit une chute des hormones et donc une baisse brutale de la glycémie). Il se situe aux alentours de la 38 e ou 39 e semaine d’aménorrhée. L’équipe médicale sera particulièrement attentive chez la femme diabétique à :

- La souffrance fœtale.

- L’augmentation du poids du bébé les dernières semaines de grossesse. Si le poids du bébé est estimé à plus de 4.2 kg ou si l’accouchement par voie basse paraît inadapté, on orientera de fait la future maman vers une césarienne.

Diabète de type 1 et 2 enceinte : quels risques pour le bébé ?

Pourquoi le diabète peut-il entraîner des malformations cardiaques chez l'enfant ?

Selon une étude publiée dans le British Medical Journal, les femmes atteintes de diabète de type 1 ont deux fois plus de risques de mettre au monde un bébé présentant une malformation cardiaque (3,3% de bébé présentant une malformation cardiaque chez la femme diabétique – type 1- contre 1.5% chez la femme non diabétique), même si leur taux de glycémie reste table tout au long de la grossesse.

De plus, si la glycémie est mal contrôlée en début de grossesse, le risque de malformation cardiaque grimpe à 10%. Dans tous les cas, une glycémie bien équilibrée avant la conception et durant les deux premiers mois de grossesse est le meilleur rempart à des malformations éventuelles.

Diabète : quel impact sur le poids de naissance du bébé ?

On parle de macrosomie fœtale lorsque le poids du bébé à terme dépasse les 4,2 kg. C’est courant en cas de diabète, notamment à cause des hyperglycémies « naturelles » au cours de la grossesse (même avec un bon suivi).

Si la mère est diabétique, le bébé le sera-t-il aussi ?

Le diabète n’est pas nécessairement une maladie qui se transmet de mère à enfant. Le diabète de type 1 notamment : avec 2 à 3% de risques seulement de transmettre un diabète de type 1 de la mère à l’enfant.

Pour le diabète de type 2 en revanche, les chiffres sont plus marqués : on estime qu’une femme atteinte de diabète de type 2 a 30 à 40% de risque de transmettre la maladie à son bébé. D’où l’intérêt d’une prise en charge la plus précoce possible.

Si la mère est diabétique, le bébé le sera-t-il aussi ?© Istock

Les conseils de Delphine Sury : En préparant et en suivant correctement sa grossesse, on limite les risques ?

"Les objectifs glycémiques sont plus bas pour les femmes enceintes diabétiques (selon les recommandations du CNOGF, Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français) que pour les diabétiques hors grossesse. Ces objectifs de glycémie permettent de se rapprocher d’une glycémie normale afin de garantir une glycémie adaptée favorable à la conception et au développement de l’enfant in utero. Un projet de grossesse doit être préparé par la patiente avec son médecin diabétologue afin de définir les meilleurs moyens d’y parvenir et le meilleur moment pour arrêter la contraception. En premier lieu, la patiente rencontre la diététicienne afin de réadapter son alimentation et réactualiser ses connaissances si besoin. On va mettre en place également une complémentation vitaminique en acide folique dès l’arrêt de la contraception. Le diabétologue peut également proposer de réadapter le traitement. Les anti-diabétiques oraux étant non adaptés pendant la grossesse, ils seront remplacés par une insulinothérapie chez les patientes diabétique de type 2. Pour les patientes déjà traitées sous insuline, les doses sont réadaptées et il peut leur être proposé d’utiliser une pompe à insuline pour les aider à mieux gérer l’insulinothérapie pendant la grossesse. Une grossesse bien préparée chez une patiente diabétique favorise une grossesse sereine pour la future maman.

Sites d’informations et associations

https://www.femmesdiabetiques.com/

https://www.federationdesdiabetiques.org/diabete/diabete-femme/diabete-grossesse

Cet article vous a intéressé ?

Recevez encore plus d'infos santé, en vous abonnant à la quotidienne de Medisite.

Votre adresse mail est collectée par Medisite.fr pour vous permettre de recevoir nos actualités. En savoir plus.