Qu'est-ce que la colique hépatique ?

La colique hépatique est une crise douloureuse ressentie au niveau de l'abdomen, qui est dû à la formation de calculs biliaires dans la vésicule biliaire (situé dans l'abdomen contre le foie).

Les calculs biliaires sont des petits dépôts pierreux et solides, essentiellement des cristaux de cholestérol et de calcium, composés d’éléments de la bile, qui se forment dans la vésicule biliaire.

Photo : schémas de l'arbre biliaire

Photo : schémas de l'arbre biliaire© Creative Commons

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Chiffres : la colique hépatique est-elle fréquente ?

Quels sont les symptômes de la colique hépatique ?

La plupart du temps, aucun symptôme n'est ressenti avant une crise de colique hépatique. 

La colique hépatique qui est un blocage temporaire de moins de 4 heures de la vésicule biliaire correspond à la forme la plus « bénigne », sans aucune répercussion sur les prises de sang ou examens radiologiques. Il s’agit donc uniquement d’un diagnostic clinique qui correspond à :

  • Une douleur typique d’apparition brutale, intense.
  • Une douleur siégeant sous les côtes, du côté droit et irradiante au niveau de l'abdomen, ainsi qu’à l’omoplate droite dans le dos.

Elle persiste 2 à 4 heures et fait souvent suite à un repas riche en graisses.

Le blocage de la vésicule biliaire ou de la voie biliaire principale par la formation de calculs peut cependant, entraîner différentes complications et certains signes associés. 

Colique hépatique : quelles sont les causes ?

Un défaut de sécrétion de la bile (qui favorise la digestion et est secrétée par le foie) peut être la conséquence de la formation de calculs biliaires. Le taux de mauvais cholestérol dans la bile devient trop important et cet excès de cholestérol entraîne alors la formation de ces petits dépôts pierreux et solides.

Quels sont les facteurs de risques de la colique hépatique ?

  • L’âge : Ces calculs sont plus répandus lorsque l’on vieillit car avec le temps la vésicule biliaire   se contracte moins bien.
  • Être une femme : en raison des œstrogènes (hormones féminines) qui augmentent le taux de cholestérol dans la bile.
  • Le surpoids.
  • Une perte de poids rapide : en cas de régime alimentaire à très faible teneur calorique ou de chirurgie bariatrique.
  • Une alimentation riche en graisses et pauvre en fibres.
  • Certains médicaments contre le cholestérol ou bien la pilule.
  • Certaines maladies : maladie de Crohnmucoviscidose  ou le diabète.
  • Des antécédents familiaux de calculs biliaires.

Quelles sont les personnes à risque de colique hépatique ?

Tout individu peut être concerné par le développement d'une colique hépatique, mais certaines personnes sont plus à risque que d'autres :

  • Les femmes, ayant eu un enfant.
  • Les individus âgés de plus de 40 ans.
  • Les personnes présentant un surpoids ou une obésité.

Quelles sont les personnes à risque de colique hépatique ?© Fotolia

Contagion : la colique hépatique s'attrape-t-elle ?

La colique Hépatique n’est pas contagieuse.

Colique hépatique : qui, quand consulter ?

La prise en charge est effectuée lorsque le patient ressent les symptômes et consulte son médecin traitant.

Colique hépatique : quelles sont les complications ?

Dans 20 à 40 % des cas la douleur revient chaque année, et c’est à ce moment-là que des complications peuvent naître. En revanche, entre les crises les personnes vont bien.

Si l’obstruction persiste, les complications les plus graves entraînent :

  • La cholécystite aigüe qui est une infection de la vésicule biliaire suite à un enclavement du calcul dans le canal de celle-ci : il s’agit des mêmes douleurs que la colique hépatique, mais d’une durée supérieure à 4 heures associée à une fièvre à 38,5°, et un syndrome infectieux au niveau biologique. Il n’y a pas d’autres signes cliniques, ni de modification du bilan hépatique ou pancréatique.
  • Une angiocholite aigüe qui est une infection et un blocage du foie secondaire à une migration d’un calcul dans la voie biliaire principale et son enclavement dans celle-ci. Il s’agit d’une véritable urgence infectieuse qui entraîne des douleurs de colique hépatique, une fièvre à 40° C associée à des frissons et une détérioration rapide de l’état général ainsi qu’un ictère (jaunisse) et des urines foncées avec des selles blanches. Par ailleurs au niveau biologique on retrouve une modification du bilan hépatique, un syndrome infectieux important et au niveau radiologique, une dilatation de la vésicule biliaire principale et/ou un calcul visualisé dans celle-ci.
  • Une pancréatite aiguë biliaire : secondaire à une migration du calcul dans la voie biliaire principale jusqu’à son extrémité, et bloquant de ce fait le canal pancréatique (Wirsung). Il s’agit d’une douleur brutale en barre au milieu de l’abdomen et se projetant dans le dos. Elle est associée à des nausées, voire vomissements, troubles du transit et altération de l’état général. Il peut y être associé un ictère (jaunisse) et coloration des urines parfois (si le calcul bloque toujours la voie biliaire principale ainsi que le Wirsung).

Faut-il faire une ablation de la vésicule biliaire ?

Réponse du Dr Nicolas Veyrie :

"Dans tous ces cas de figure, une ablation de la vésicule biliaire (cholécystectomie) sera nécessaire, à des périodes différentes en fonction du type de complication engendrée par la lithiase vésiculaire, et nécessite donc l’avis d’un chirurgien digestif."

Colique hépatique : quels sont les examens et analyses nécessaires ?

Colique hépatique : quels sont les e xamens cliniques ?

Le médecin effectue son diagnostic à partir de la palpation et des symptômes présentés : douleur dans la partie supérieure de l’abdomen provoquée par le gonflement de la vésicule biliaire.

Colique hépatique : quels sont les e xamens complémentaires ?

  • L'échographie : cette technique permet de détecter des calculs dans la vésicule.
  • L'échographie endoscopique : elle montre des images de meilleure qualité que celles fournies par l’échographie standard pour détecter de petits calculs biliaires.
  • L'IRM et tomodensitométrie (TDM) pour détecter la présence de calculs dans la vésicule biliaire.
  • Les analyses de sang pour évaluer comment fonctionne le foie et vérifier s’il est affaibli. Elle permet également de rechercher une inflammation ou une pancréatite.

Colique hépatique : quels sont les traitements ?

Le traitement associé à la colique hépatique dépend des symptômes développés par le patient.

Colique hépatique : quels sont les médicaments ?

  • Les antispasmodiques.
  • Les antalgiques non opiacés.
  • Les anti-inflammatoires non stéroïdiens.
  • La morphine ou un de ses dérivés (dans certains cas seulement). 

Colique hépatique : quand l'intervention chirurgicale est-elle nécessaire ?

  • Aucun traitement chirurgical n’est nécessaire si une lithiase vésiculaire n’engendre aucun symptôme et a été découverte de façon fortuite lors d’un examen radiologique.
  • Si une crise de colique hépatique survient, le médecin traitant oriente vers un chirurgien digestif qui doit préconiser une ablation de la vésicule biliaire (cholécystectomie). Cette chirurgie peut être pratiquée par cœlioscopie (technique chirurgicale mini invasive pratiquée au niveau de l’abdomen).

Prévention : comment éviter une colique hépatique ?

Il faut anticiper l’apparition d’une lithiase biliaire pour prévenir une colique hépatique en suivant ces recommandations : 

  • Stabiliser son poids.
  • Opter pour un régime alimentaire équilibré.
  • Éviter le jeûne, car il favorise la formation de calcul.
  • En cas de diabète, équilibrer sa glycémie pour éviter un excès de cholestérol.
  • Pratiquer une activité sportive régulière.

Colique hépatique : sites d’informations et associations

Calcul biliaire (lithiase) – snfge.

https://hepatoweb.com/Colique_hepatique.php