Dermatologie des carnivores domestiques
Sommaire

2. Les Dermatoses Parasitaires

2.1. La cheyletiellose, "pellicules mobiles"

Etiologie (origine) - Cheyletiella: acariens de grande taille (0,4 mm), vivant sur la couche cornée parmi les squames.

Epidémiologie - Maladie très contagieuse chez les jeunes animaux provenant de chenils ou de chatteries. - Transmissions humaines fréquentes.

Clinique - Prurit et présence de squames abondantes. - Mise en évidence facile du parasite par "scotch test" (ruban adhésif transparent appliqué sur la peau puis lu au microscope).

Traitement - Poudres acaricides: carbamates de type propoxur ou carbaryl, pyréthrinoïdes (perméthrine).

2.2. Trombiculose (Aoûtats)

Etiologie - Trombicula autumnalis: seule la larve hexapode est un parasite hématophage du chien, du chat et aussi de l’homme.

Epidémiologie - Eté, automne, jardins (sols crayeux).

Clinique - Eruption papulo-croûteuse en régions podale (principalement), faciale, auriculaire (chats). - Mise en évidence de larves orangées visibles à l’oeil nu.

Traitement - L’application locale et renouvelée d’un acaricide permet de les éliminer.

2.3. Phtiriose (Poux)

Etiologie - Spécificité d’hôte, cycle parasitaire entièrement sur l’hôte. - Poux mordeurs ou broyeurs (mallophages): Trichodectes canis (chien), Felicola subrostratus (chat). - Poux piqueurs (anophoures): Linognathus setosus (chien).

Clinique - Localisation au niveau de la face, prurit et état kérato-séborrhéique. - Mise en évidence des poux et des lentes.

Traitement - Poudre ou spray acaricide: carbamates (propoxur, carbaryl) ou pyréthrinoïdes (perméthrine) 1 à 2 fois par semaine pendant 6 semaines.

2.4. Tiques

Etiologie - Tiques dures, en France: Ixodes ricinus, Dermacentor reticulatus, Rhipicephalus sanguineus.

Epidémiologie - Cycle classique: Les oeufs sont pondus au sol, l’éclosion des larves se fait en 2 à 7 semaines. Puis les larves grimpent sur l’hôte et se nourrissent (3 à 12 j). Les larves quittent alors leur hôte et restent sur le sol pendant 6 à 90 jours avant de muer en nymphe. Les nymphes montent et se nourrissent sur l’hôte (3 à 12 j) puis tombent, restent sur le sol (17 à 100 j) et muent enfin en adulte. Les adultes peuvent vivre 3 ans. La femelle peut pondre entre 2000 et 8000 oeufs.

Clinique - Asymptomatique, mais attention au risque de transmission de la piroplasmose et de l’erhlichiose.

Traitement - Shampooings insecticide - Lotions d’application locale et générale - Colliers: amitraz (Biocanitique)

2.5. Gale sarcoptique

Etiologie - Sarcoptes scabei chez le chien et parfois le chat. - Les adultes s’accouplent à la surface de la peau, puis les femelles creusent des galeries dans la couche cornée de l’épiderme pour y pondre des oeufs d’où sortent des larves qui retournent à la surface de la peau pour donner des nymphes puis des adultes.

Epidémiologie - Dermato-zoonose: papules prurigineuses (tronc, bras) qui disparaissent spontanément 8 jours après le dernier contact avec le chien galeux.

Clinique - Prurit démentiel (souvent non contrôlé par les corticoïdes). - Localisation des lésions: zones peu velues comme le ventre, la poitrine, les membres, les coudes et les oreilles. La ligne du cou est épargnée.

Les lésions (boutons de gale) sont des papules érythémateuses, croûteuses, très prurigineuses qui ne doivent pas être confondues avec celles des dermatoses allergiques telles que l’atopie ou la D.A.P.P.

Mise en évidence des sarcoptes par raclage cutané (parfois impossible).

Importance du diagnostic thérapeutique.

Traitement - Tonte - Bains et shampooings pour retirer les croûtes - Bains acaricides: organophosphorés ou organochlorés (lindane). 1 bain par semaine pendant 4 à 8 semaines - Traitement systémique (pas d’AMM): ivermectine 0,2 à 0,4 mg/kg. 2 injections à 15 jours d’intervalle (à proscrire chez les Bobtails et le Colley). - Corticoïdes (5 jours maximum): prednisolone 0,5 à 1 mg/kg/jour. Rappelons que dans la mesure du possible, il est toujours préférable d’éviter le recours aux corticoïdes.

2.6. La gale otodectique (Otacariose)

C’est l’acariose la plus fréquente chez le chat (25% des motifs de consultations dermatologiques).

Etiologie

Multiplication dans le conduit auditif externe d’Otodectes cynotis (cause n°1 des otites du chat). Elle peut éventuellement s’étendre à la face.

Epidémiologie

Très contagieuse. Atteinte possible des chiens.

Clinique

Otite bilatérale avec cérumen sec et brun noirâtre. Prurit intense (lésions de self-trauma). Le diagnostic est facile par écouvillonnage auriculaire puis examen microscopique.

Traitement

Nettoyage avec Lait Auriculaire - Topiques auriculaires au lindane. - Attention à ne pas faire couler les produits sur la joue. - Traitement 2 fois par semaine pendant 6 à 8 semaines.

2.7. La démodécie canine

Etiologie

Demodex canis: acarien commensal des follicules pileux et des glandes sébacées (hôte normal de la peau du chien).

Epidémiologie

Transmission par contact direct entre la mère et les petits dans les premiers jours de la vie (le cycle de Demodex se fait entièrement sur l’animal).

Il existe deux types de démodécie: - Démodécie localisée: une ou plusieurs lésions alopéciques; évolution bénigne et rémission spontanée (90% des cas). - Démodécie généralisée: juvénile (extension d’une forme localisée chez des chiots de 3 à 12 mois), adulte (chez les animaux de plus de 5 ans, suite à une immuno-dépression), podo-démodécie (atteintes des pieds).

Clinique

- Démodécie localisée: zones d’alopécies à bords diffus, érythémateux et squameux; absence de prurit (animaux de 3 à 6 mois). - Démodécie généralisée: pronostic réservé; coalescence des lésions localisées avec pyodermite secondaire fréquemment associée. A différencier des dermatophyties.

Dans tous les cas de pyodermites, séborrhée et pododermatite, on doit rechercher des Demodex. Le diagnostic se fait par raclage cutané.

Traitement

- Démodécie localisée: régression spontanée. - Démodécie généralisée: - Tonte et bains antiseptiques (peroxyde de benzoyle). - Amitraze: solution de 0,05 à 0,1%, à appliquer avec des gants. On doit baigner l’ensemble du corps 1 fois par semaine jusqu’à guérison (= 2 raclages négatifs réalisés à un mois d’intervalle). - Acaricides systémiques (pas d’AMM): ivermectine (Ivomec injectable) à la posologie de 0,6mg/kg/jour par voie orale jusqu’à guérison. - Antibiothérapie si pyodermite secondaire. - JAMAIS DE CORTICOIDES.

2.8. Pulicose (chiens et chats)

Définition

Infestation (modérée ou massive) par les puces Ctenocephalides felis avec action irritative (non allergisante normalement) qui se traduit par un prurit discret, quelques papules et un léger squamosis.

Mais dans de nombreux cas, les propriétaires sont amenés à consulter pour des réactions allergiques: il s’agit d’une Dermatite par Allergie aux Piqûres de Puces (D.A.P.P.).

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