Suicide : la liste noire des entreprises et métiers à risque

Fnac: le directeur est retrouvé pendu dans un bois

fnac suicide directeurDans un mail long de plusieurs pages consacré à son entreprise, le directeur de la Fnac de Clermont-Ferrand explique pourquoi il en est venu à mettre fin à ses jours il y a quelques mois. Fin 2010, deux autres suicides étaient survenus dans le même groupe.

Rappel des faits: C’est en juin 2011 que l’homme est retrouvé pendu dans un bois, à quelques kilomètres de sa ville. Dans un mail publié par Rue89, il explique la souffrance qu’il a ressenti à devoir se séparer d’un ami malade d’un cancer, parce que sa hiérarchie avait décidé sa mutation. ‘[Cet ami] est mort deux jours après mon arrivée sur Clermont. [...] Ils l'ont privé de ma présence, je n'ai pu l'accompagner jusqu'au bout. Je sentais depuis de nombreux mois déjà que cette mutation allait intervenir. […] Et ma déprime a commencé dès lors. […] J'ai tout donné à cette entreprise, que j'aime par-dessus tout, acceptant des mutations sans broncher, évoluant il est vrai régulièrement, je ne l'ai jamais contesté. Mais à quel prix : la destruction systématique des amitiés créées, des liens tissés. Ça, on s'en fout. La direction générale s'en fout.’ 'Comme tout geste définitif et aussi dramatique que celui-ci, c'est sans doute compliqué. Mais il traversait une période difficile de sa vie, ce qui le conduisait à avoir une perception des choses un peu décalée', avait alors réagit la directrice des ressources humaines du groupe.

Comment expliquer ce suicide? ‘Le discours de cet homme désespéré témoigne d'une attitude d'idéalisation à la fois de sa fonction, et également de sa direction. On est tenté de lire entre les lignes un respect profond et inaltérable pour ses chefs quels qu'aient été leurs dérives, et à mon sens c'est là que quelque chose a pu se briser’, explique le Dr Bertrand Gilot, psychiatre. ‘Cet homme admet avoir "tout" donné, c'est à dire n'avoir pas mis de limite aux exigences de l'employeur. Le danger moral majeur pour lui était dans l'absence de limites [...] Il s'est livré pieds et poings liés, en tous cas en s'interdisant toute résistance et tout mouvement. Lorsque la souffrance est devenue trop intense il ne s'est senti d'autre issue que la mort', poursuit notre interlocuteur.

La rédaction a sélectionné pour vous sur Amazon :

Recevez toute l'actualité chaque jour GRATUITEMENT !

X