Suicide : la liste noire des entreprises et métiers à risque

Renault : ‘Je ne peux plus rien assumer, je suis fini’

renault suicide technocentre guyancourt‘Je ne peux plus rien assumer, ce boulot c'est trop pour moi, ils vont me licencier et je suis fini’. Tels sont les derniers mots de Raymond D., salarié du Technocentre Renault à Guyancourt (Yvelines) avant de suicider.

Rappel des faits: Raymond D. s’est suicidé à son domicile en février 2007. C’était le quatrième salarié de l’entreprise à se passer à l'acte depuis 2006, l’année où Carlos Ghosn, président de Renault, impose son ‘Plan Renault 2009’. Croissance des ventes, lancement de nouveaux modèles, objectifs individuels... ‘L'absence de contrôle des horaires de travail et la charge de travail étaient excessifs’, a expliqué Me Emmanuelle Boussard-Verecchia, l'avocate de la famille de Raymond D. après l’audience de 2011 qui a reconnu le suicide du salarié comme accident du travail. Tous les salariés qui se sont suicidés occupaient des postes de cadres ou de techniciens très qualifiés.

Comment expliquer ce suicide? ‘La souffrance au travail pouvant conduire au suicide peut toucher tous les étages de la hiérarchie et toutes les fonctions. Il ne s’agit pas, comme on le croit souvent, de personnes ayant un tempérament susceptible ou fragile. Ce sont plutôt des gens qui se sentent très investis dans leur mission professionnelle et qui n'ont pas tendance à se rebeller contre leurs chefs. Quand ils sont mis en difficultés, ils s’approprient les critiques et se déprécient : ‘On me dit que je suis nul donc je suis nul’’, explique le Dr Bertrand Gilot, psychiatre.

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