Infection urinaire (cystite) après un rapport sexuel : que faire ?

Certifié par nos experts médicaux MedisiteCertaines femmes sont plus sujettes que d’autres aux infections urinaires post-coïtales, notamment au début de la vie sexuelle. Généralement sans gravité, elles doivent néanmoins être traitées pour éviter les récidives. Comment se manifeste une infection urinaire après un rapport et comment la soigner ? Les réponses du docteur Odile Bagot, gynécologue-obstétricienne, auteure de Vagin & Cie, on vous dit tout !
Sommaire

Qu'est-ce que la cystite post-coïtale ?

La cystite est le terme médical désignant une infection de la vessie. Qu’elle survienne après un rapport ou non, la cystite aiguë touche davantage les femmes. On estime qu’une femme sur deux sera concernée au moins une fois dans sa vie.

De leurs côtés, les hommes y sont moins vulnérables, même si certains pourront développer ce qu’on appelle une prostatite (aiguë ou chronique), aux conséquences souvent plus graves.

Alors pourquoi la femme est-elle davantage touchée ? La faute aux germes qui remontent de l’extérieur, le long de l’urètre, explique Odile Bagot, gynécologue-obstétricienne. En effet, l’urètre féminin est très court (environ 4 cm). Ainsi, certaines bactéries digestives peuvent coloniser plus facilement le périnée. Et d’autant plus durant un rapport sexuel puisque le passage des bactéries du vagin au tractus urinaire, comprenant l’urètre, la vessie, l’uretère et le rein, est favorisé. Sans oublier la chaleur et la transpiration qui privilégient également la propagation microbienne.

Quels sont les symptômes de l’infection urinaire ?

Une infection urinaire se traduit par :

  • des douleurs mictionnelles ;
  • un besoin d’uriner fréquent ;
  • des envies d’uriner pressantes ;
  • une sensation d’inconfort dans le bas ventre ;
  • des urines parfois plus odorantes.

Pourquoi peut-on avoir une infection urinaire après un rapport ?

Les cystites post-coïtales, survenant quelques heures (ou le lendemain) après un rapport sexuel protégé ou non- le port du préservatif n’ayant pas d’incidence particulière - peuvent être dues à différents facteurs.

Les bactéries de l’intestin

Dans la majorité des cas, les infections urinaires survenant après un rapport sont causées par des entérobactéries, des bacilles Gram négatif, que l’on retrouve dans l’intestin humain comme Escherichia Coli.

Comme le souligne le Dr Odile Bagot, gynécologue, la compatibilité des flores microbiennes des partenaires n’est pas en cause. Chez la femme, l’infection urinaire après un rapport n’est généralement pas liée non plus à une MST ou une IST.

« Certaines femmes et des hommes peuvent présenter une urétrite sans cystite, mais avec des symptômes proches. Elle est due à différents germes comme des ureaplasmes ou des mycoplasmes, qui se peuvent se trouver naturellement dans les voies génitales masculine et féminines. Il s’agit d’une infection sexuellement transmissible lorsque le germe est mycoplasme genitalium, chlamydia et gonocoque », précise-t-elle.

Le début de la vie sexuelle

Le début de la vie sexuelle est plus propice aux infections urinaires.

« C’est ce qu’on appelle la cystite de la jeune mariée », indique notre spécialiste.

« Il faut un certains temps aux anticorps pour se développer le long de l’urètre. Ce sont eux qui vont empêcher la remontée des colibacilles en particulier », détaille la gynécologue. Mais au début de la vie sexuelle, ce processus n’est pas encore optimal.

Un défaut anatomique

Une anomalie au niveau du méat urétral, lorsqu'il n’est pas complètement perforé notamment, peut favoriser la rétention d’urine, engendrant des infections, qui plus est après les rapports sexuels.

Les autres causes de la cystique post-coïtale

Après un changement de partenaire sexuel, certaines femmes sont également plus vulnérables aux infections urinaires, sans que les raisons ne soient bien établies. « Certaines positions favorisent les cystites », prévient également Odile Bagot.

Par ailleurs, le fait de ne pas aller uriner après un rapport augmente le risque de cystite ou la fréquence des rapports lors d’une relation nouvelle. En effet, la miction permet d’empêcher la colonisation des voies urinaires par les bactéries.

Enfin, l'usage de spermicides, modifiant la flore vaginale, peut aussi augmenter le risque de cystite.

Comment soigner et prévenir une infection urinaire après un rapport ?

A l’apparition des symptômes, il convient de consulter son médecin. En cas de récidive, il prescrira une analyse d’urine, qui identifiera le germe responsable. Généralement, le traitement consiste à la prise d’une mono dose d’antibiotique. « Le fosfomycine est le traitement de première intention », précise le Dr Odile Bagot.

Certains compléments alimentaires ou remèdes naturels peuvent aussi, en prévention ou à titre thérapeutique, aider. La canneberge est réputée pour « empêcher les colibacilles d’adhérer à la paroi urinaire. Certains laboratoires proposent des anti infectieux naturels, comme DUAB et son complément alimentaire à base de propolis et de canneberge, à prendre avant le rapport. »

Photo : il est conseillé de prendre de la canneberge avant les rapports

Photo : il est conseillé de prendre de la canneberge avant les rapports© Adobe Stock

Comme le conseille la gynécologue, il est important d’uriner après les rapports pour réduire le risque de cystite. Par ailleurs, la répétition des infections urinaires doit pousser à consulter un spécialiste. « Si c’est récidivant, il faut objectiver cette infection urinaire par une analyse bactériologique pour être sûr que ce ne soit pas une juste une irritation de l’urètre et bien infection urinaire. Si cela cache une cystite interstitielle, le traitement n’aura aucun effet, cette pathologie étant pour l’heure incurable », ajoute notre experte.

Un homme peut-il avoir une nfection urinaire après rapport ?

Les inflammation de la vessie chez l’homme sont rares du fait de la longueur de leur urètre. Ces derniers sont davantage touchés par les prostatites (infections et inflammation de la prostate). Celles-ci peuvent être aiguës ou chroniques. Toutefois, les infections urinaires peuvent aussi toucher l’urètre (urétrite), souvent le signe d’une IST due aux gonocoques ou à la chlamydia.
Les symptômes seront les mêmes que chez la femme : un inconfort au moment d’uriner, des brûlures mictionnelles, des démangeaisons. Dans ce cas, il convient de consulter son médecin, qui traitera les deux partenaires si le résultat est positif.

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