Cystite (infection urinaire) : symptômes, causes, traitements

Certifié par nos experts médicaux MedisiteUne infection urinaire, également appelée "cystite" est une infection localisée au niveau de la vessie. Elle est aussi désignée par le terme médical de cystite aiguë. Symptômes, causes et traitements, le point avec le médecin urologue Evanguelos Xylinas, chirurgien urologue.

Définition 

Une infection urinaire, également appelée "cystite" est une infection localisée au niveau de la vessie, on parle de cystite aiguë. La cystite aiguë caractérise un état inflammatoire d'origine infectieux.

Cette infection urinaire survient quand une bactérie, présente naturellement dans le tube digestif, pénètre dans l’urètre, puis remonte dans la vessie, et commence à se multiplier. L'infection urinaire est due, dans 90 % des cas à la bactérie Escherichia coli, même si d’autres bactéries ou micro-organismes peuvent en être à l'origine. On parle de  cystite aiguë car elle guérit rapidement grâce au traitement.

Fréquente chez la femme, la cystite aiguë est en général sans gravité. Mais lorsqu’elle survient chez des personnes fragiles, la prise en charge doit être adaptée.

Photo : l'Eschérichia coli est en cause dans 90% des infections urinaires

Photo : l'Eschérichia coli est en cause dans 90% des infections urinaires© Creative Commons

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Les différents types d’infections urinaires

Les infections urinaires peuvent être localisées dans les voies urinaires basses (il s'agit alors de cystite, mais aussi d'urétrite, de prostatite ou d'épididymite).

Elles peuvent aussi atteindre les voies urinaires hautes (pyélonéphrite ou pyélite). La pyélonéphrite apparait lorsque les bactéries remontent le long de l’uretère (canal reliant la vessie aux reins) pour atteindre le rein.

  • La cystite aiguë est dite simple (sans facteurs de risques) lorsqu'elle survient chez une femme de 15 à 65 ans en dehors de la grossesse. C'est une infection bénigne, guérissant rapidement et sans conséquence sur le rein ou sur la vessie.
  • La cystite aiguë compliquée (ou avec facteurs de risques) correspond à toute cystite survenant alors qu'il existe des facteurs de risque : sonde vésicale, résidu urinaire supérieur à 100 ml, uropathie malformative ou obstructive (lithiase, tumeur, vessie neurologique), terrain particulier (diabète, insuffisance rénale, immunodépression (baisse de l'immunité), neutropénie (trouble sanguin)).
  • Attention les cystites récidivantes (plus de 4 épisodes annuels), la cystite de la femme enceinte, de la fillette et chez l'homme sont toujours des formes dites "compliquées".

Schéma : 1. Appareil urinaire humain : 2. Rein, 3. Pelvis rénal, 4. Uretère, 5. Vessie, 6. Urètre, 7. Glande surrénale, 8. Artère et veine rénales, 9. Veine cave inférieure, 10. Aorte abdominale, 11. Argère et veine iliaque commune, 12. Foie, 13. Gros intestin, 14. Pelvis

Schéma : 1. Appareil urinaire humain : 2. Rein, 3. Pelvis rénal, 4. Uretère, 5. Vessie, 6. Urètre, 7. Glande surrénale, 8. Artère et veine rénales, 9. Veine cave inférieure, 10. Aorte abdominale, 11. Argère et veine iliaque commune, 12. Foie, 13. Gros intestin, 14. Pelvis© Creative Commons

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Chiffres

Infections bactériennes les plus fréquentes

Les infections urinaires sont les infections bactériennes les plus fréquentes quelques soit l'âge.

La fréquence des infections est :

  • Inférieure à 5 % dans la population féminine.
  • Inférieure à 0,1 % chez les hommes.
  • Mais cette fréquence augmente progressivement avec l'âge.
  • Chez l'enfant, l'infection urinaire est rare, et doit d'abord évoquer une malformation des voies urinaires.

Symptômes

Les symptômes de la cystite aiguë surviennent de façon plus ou moins brutale :

  • Des brûlures ou des douleurs en urinant.
  • Une sensation de poids dans le bas du ventre.
  • Des besoins pressants d'uriner (impression de ne pas pouvoir se retenir).
  • Des besoins d'uriner très souvent sans pouvoir évacuer beaucoup d'urine (pollakiurie).
  • Des urines troubles, dégageant une odeur inhabituelle et contenant éventuellement des traces de sang.
  • La cystite peut aussi parfois s’accompagner d’une fièvre légère (moins de 38 °C) et d’un sentiment de malaise. L’apparition de fièvre doit inciter à la plus grande vigilance. Lors d'une infection urinaire localisée à la vessie (cystite), la personne n'a en effet pas de douleur lombaire et sa température est normale : la présence d'une fièvre est le signe d'une atteinte infectieuse rénale ou pyélonéphrite.

Photo : une fièvre, même légère, doit incité à consulter en cas de cystite

Photo : une fièvre, même légère, doit incité à consulter en cas de cystite© Istock

Causes

Chez la femme, les causes de l’infection urinaire sont :

  • La courte longueur de l’urètre qui facilite l’introduction anormale de micro-organismes dans la vessie par les voies ascendantes (de l’extérieur vers l’intérieur).
  • Les rapports sexuels, surtout avec l’utilisation de spermicides qui augmentent le risque de cystite.
  • Le prolapsus génital et urinaire qui chez la femme âgée, ne permet pas une vidange vésicale complète et prédispose à l’infection urinaire.
  • L’entrée de micro-organismes infectieux – généralement des bactéries Escherichia coli – qui remontent dans la vessie.
  • L’incontinence urinaire.
  • Le déficit en œstrogènes après la ménopause.
  • Lors de la grossesse, la compression de la vessie par l’utérus, qui favorise la stase urinaire et la mauvaise évacuation de la vessie.

Pourquoi chez l'homme, l'infection urinaire est-elle plus grave ?

Les cystites sont rares à cause de la longueur de l'urètre. En revanche, la survenue à un âge plus avancé d'une maladie de la prostate (adénome de la prostatecancer de la prostate) gênant la vidange de la vessie favorise les cystites   associées fréquemment à une infection de l'épididyme (petit corps en forme d'entonnoir sur le bord supérieur du testicule), on parle d'épidymite, et de la prostate (prostatite).

Quelles sont les maladies qui favorisent la survenue d'une cystite ?

Certaines maladies ou anomalies anatomiques favorisent la survenue d'une cystite :

  • Les malformations de l'appareil urinaire.
  • Certaines maladies neurologiques (la sclérose en plaques par exemple) qui empêchent une vidange complète de la vessie.
  • La présence de sucre dans les urines chez le diabétique qui prédispose à la multiplication des bactéries dans l'urine et donc à l'infection urinaire.

Facteurs de risques  

  • La grossesse.
  • Toute anomalie organique ou fonctionnelle de l’arbre urinaire.
  • L’insuffisance rénale sévère (clairance de la créatinine < 30 ml/min).
  • L’immunodépression grave.
  • Un âge supérieur à 75 ans, ou supérieur à 65 ans avec au moins 3 des critères suivants : perte de poids involontaire au cours de la dernière année, vitesse de marche lente, faible endurance, faiblesse/fatigue, activité physique réduite).
  • À noter : le diabète, type 1 ou 2, n’est pas un facteur de risque de complication.

Personnes à risque

  • Les femmes sont très à risques de cystite, notamment enceintes.
  • Parmi elles, celles qui souffrent fréquemment d’infections urinaires.
  • Mais aussi celles qui souffrent de diabète non contrôlé (dont les urines peuvent contenir du sucre, favorable à la multiplication des bactéries).
  • Celles qui souffrent de drépanocytose (aussi appelée anémie falciforme, c'est une maladie héréditaire touchant l'hémoglobine des globules rouges).
  • Les personnes présentant une anomalie organique ou fonctionnelle de l'appareil urinaire.
  • Celles immunodéprimées.
  • Celles de plus de 65 ans.
  • Les hommes présentant un problème de la prostate

Cystite aiguë : les traitements sont-ils différents selon les malades ?

Réponse du DR Evanguelos Xylinas, Chirurgien Urologue :

"Les personnes fragiles doivent être vigilentes car des complications peuvent survenir. C'est pourquoi, dans ces situations à risque, un traitement plus complexe est mis en route et adapté à chaque cas."

Contagion

La cystite n'est pas contagieuse précise le Dr Evanguelos Xylinas, chirurgien, urologue.

Qui, quand consulter ?

Consultez un médecin dans la journée :

  • Si les symptômes s'accompagnent d'une forte fièvre, ou de vomissements, ou de douleurs dans un rein (voire dans les deux).
  • Si les symptômes s'accompagnent de tremblements ou de frissons.
  • Si l'urine contient du sang.
  • Si les symptômes surviennent en cours de grossesse.

Consultez un médecin dans les 48h :

  • Si les autres symptômes que ceux mentionnés ci-dessus persistent plus de deux jours.
  • S'ils réapparaissent malgré le traitement prescrit par votre médecin.

Cystite : peut-on s'automédiquer ?

Réponse du Docteur Evanguelos Xylinas, Chirurgien Urologue :

"Oui, si le problème a déjà été identifié et a fait l'objet d'une prescription en cas de récidive."

Complications

Les complications possibles sont une hématurie macroscopique (présence de sang dans les urines émises lors d’une miction), la survenue d'une pyélonéphrite et plus fréquemment, la récidive surtout chez les femmes. 

Examens et analyses

Il n’est pas toujours nécessaire de faire des examens lorsqu'il s'agit d'un premier épisode de cystite. Le médecin effectue un diagnostic clinique, à partir des symptômes caractéristiques.

Il peut cependant confirmer son diagnostic par un test via une bandelette urinaire destinée à révéler la présence d’une leucocyturie(présence de leucocytes -globules blanc-, dans les urines et d’une bactériurie) et d’une bactériurie (présence de bactéries dans les urines).

Si les symptômes faiblissent pas durant les 24 à 48h après le début du traitement ou s'ils réapparaissent rapidement après une amélioration, ou en encore, en cas de cystites récidivantes, le praticien préconise alors un ECBU (examen cyto-bactériologique des urines) avec un antibiogramme (technique de laboratoire qui permet de tester la sensibilité d'une souche bactérienne vis-à-vis d'un ou plusieurs antibiotiques supposés ou connus).

Photo : globules blancs dans l'urine d'un patient souffrant d'une infection urinaire

Photo : globules blancs dans l&apos;urine d&apos;un patient souffrant d&apos;une infection urinaire© Creative Commons

Crédit : Bobjgalindo — Travail personnel © CC - Licence : https://fr.wikipedia.org/wiki/Cystite#/media/Fichier:Diverse_e_Coli.png

Traitements

Comment soigne-t-on une infection urinaire chez la femme ?

En cas de cystite, le médecin prescrit un antibiotique urinaire adapté. Plusieurs familles d’antibiotiques peuvent être utilisées.

Selon les recommandations officielles françaises, en cas de cystite aiguë sans signe de gravité, les traitements préconisés en premier lieu sont :

  • La fosfomycine. Elle est administrée en une dose unique (traitement monodose). Cet antibiotique, habituellement bien toléré, est utilisable chez la femme et l’adolescente qui a atteint l’âge de la puberté.
  • Le pivmécillinam. C'est   un antibiotique proche de la famille des pénicillines (bêta-lactamines). La durée du traitement est habituellement de 5 jours.

Comment soigne-t-on une infection urinaire chez l’homme ?

Chez un homme, une inflammation de la prostate (prostatite) est très souvent associée. Le médecin attend si possible le résultat de l’ECBU avant de prescrire un antibiotique, afin qu’il soit tout de suite adapté au germe responsable de l'infection. Les antibiotiques utilisés sont le plus souvent des fluoroquinolones ou une céphalosporine par voie injectable.

La durée du traitement varie de 2 à 4 semaines. Il faut impérativement respecter la durée prescrite par le médecin. Les fluoroquinolones exposent à un risque de photosensibilisation (éviter l’exposition au soleil pendant le traitement) et de tendinite. En cas de survenue d’une douleur tendineuse, arrêtez le traitement et prenez un avis médical rapide.

Prévention

  • Il faut boire plus d’un litre et demi d’eau par jour.
  • Ne pas se retenir d’uriner. Une vidange trop rare de la vessie favorise la prolifération des micro-organismes.
  • Tenir propres les parties intimes de votre corps. Attention à l’usage excessif des produits de toilette qui irritent et facilitent la prolifération des micro-organismes. Utiliser un gel lavant doux, sans savon.
  • Lorsqu'on est une femme et qu'on souffre de cystites à répétition, il faut uriner rapidement après les rapports sexuels afin d’éliminer en partie les micro-organismes (miction post-coïtale).
  • Pour les femmes, après avoir uriné ou être allée à la selle, il faut toujours s'essuyer d’avant en arrière, en direction de l’anus.
  • Il est indispensable de porter des sous-vêtements en coton ; et d'éviter les matières synthétiques.

Sites d’informations et associations

Association française d'Urologie : https://www.urofrance.org/base-bibliographique/definition-de-la-cystite

Site patient en urologie : https://www.uropage.com/ART_infec2.php