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Ce jeudi 30 avril, une vaste enquête va être lancée pour connaître la proportion de la population française ayant développé des anticorps contre le coronavirus. Portée par l’Inserm et le ministère de la Santé, et baptisée EpiCOV, elle sera l’un des piliers des mesures adoptées pour le déconfinement progressif de la France. Mais en quoi va-t-elle consister ?

Le projet EpiCOV aiguillera les décisions du gouvernement

Le projet EpiCOV répond à un triple objectif, présenté dans un communiqué publié sur les sites de l’Inserm et de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES), rattaché au ministère des Solidarités et de la Santé. À savoir :

  • élaborer une stratégie de déconfinement et de prévention adaptée ;
  • détecter précocement toute reprise épidémique ;
  • suivre l’efficacité des mesures qui auront été prises.

Car dans les prochaines semaines, les décisions du gouvernement dépendront largement de l’évolution du virus sur le territoire ; et notamment du nombre d’individus ayant déjà contracté le SARS-CoV-2. Ce dispositif de surveillance épidémiologique permettra donc de “nourrir les modélisations de l’épidémie”.

“Les collectivités territoriales seront pleinement associées à cette étude, et mobilisées pour relayer l’importance de cette démarche vis-à-vis de leurs administrés”, précise le communiqué.

200 000 Français répondront à un questionnaire

Menée sur un large échantillon représentatif de la population française, l’enquête fournira “une cartographie précise du statut immunitaire de la population, de la santé, des conditions de vie et des inégalités sociales concernant ces 3 paramètres”, indique l’Inserm, ainsi qu’un “suivi de la dynamique épidémique à court, moyen et long terme”.

Concrètement, pas moins de 200 000 Français âgés de 15 ans ou plus seront interrogés par téléphone entre le jeudi 30 mars et jusqu'au 24 mai. Les répondants seront sélectionnés aléatoirement par l’INSEE, parmi les résidents de France métropolitaine, mais aussi de la Martinique, la Guadeloupe et La Réunion. Tous seront invités à répondre à un questionnaire d’une durée de 20 à 30 minutes, en ligne ou par téléphone.

Les questions porteront sur les symptômes du Covid-19, l’exposition au virus, mais aussi l’évolution de la santé, du bien-être et des comportements de la population pendant le confinement.

100 000 tests sérologiques réalisés à domicile

100 000 tests sérologiques réalisés à domicile

Parmi les répondants au questionnaire, 100 000 volontaires effectueront un test sérologique à domicile. À réaliser soi-même, celui-ci consistera en un auto-prélèvement de quelques gouttes de sang, “qui sera renvoyé par la Poste pour déterminer s’il y a eu contact avec le virus” selon le communiqué de l'Inserm et du ministère de la Santé.

Pour rappel, les tests sérologiques permettent de détecter la présence d’anticorps contre le coronavirus dans l’organisme d’un individu. Ces anticorps sont produits par le système immunitaire lorsqu’il est exposé au virus, ce qui suppose que la personnes a bel et bien été infectée (même si elle n’a pas développé les symptômes).

Cette partie de l’enquête permettra d’estimer de façon plus précise la proportion de personnes infectées par le Covid-19 au sein de la population française, en prenant en compte les patients asymptomatiques.

Une estimation théorique du nombre de personnes immunisées

Les résultats donneront aussi une idée du nombre de personnes potentiellement immunisées contre la maladie - à supposer que la théorie de l’immunité collective fonctionne vraiment pour le SARS-CoV-2. Pour rappel, celle-ci repose sur l’idée qu’une personne infectée par un virus soit ensuite immunisée contre celui-ci. Certains experts estiment que si au moins 60 % de la population a déjà contracté le virus, et se retrouve donc immunisée, l’épidémie va finir par s’enrayer d’elle-même.

L’OMS a cependant rappelé vendredi que nous n’avons “actuellement aucune preuve que les personnes qui se sont rétablies du Covid-19 et qui ont des anticorps sont protégées contre une deuxième infection”. La théorie de l’immunité collective doit donc être envisagée avec la plus grande prudence. Sans compter que le virus peut muter, comme le fait celui de la grippe, ce qui explique pourquoi les vaccins ne sont pas efficaces d’une année sur l’autre pour cette maladie.

De premiers résultats attendus fin mai

De premiers résultats attendus fin mai

L’Inserm et le ministère de la Santé précisent que toutes les données collectées dans le cadre de cette enquête seront traitées de manière confidentielle par les équipes de recherche, conformément à la réglementation en vigueur.

Les premiers résultats, basés sur les réponses collectées entre le 30 avril et le 24 mai, seront communiqués - au plus tôt - fin mai. La date pourra varier en fonction de la disponibilité des tests sérologiques et de la capacité des plateformes d'analyses.

Par ailleurs, une deuxième vague de cette enquête aura lieu au mois de juin. “Cette opération pourra être répétée régulièrement pour suivre la dynamique de l’épidémie et l’évolution des conditions sanitaires et sociales dans le pays”, précise l’Inserm.

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Sources

EpiCOV : Connaître le statut immunitaire de la population pour guider la décision publique, Ministère des Solidarités et de la Santé, 27 avril 2020. 

EpiCOV : Connaître le statut immunitaire de la population pour guider la décision publique, Inserm, 27 avril 2020. 

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