Covid-19 : faut-il craindre un retour de l'épidémie en Chine ?
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La Chine a-t-elle minimisé le nombre de victimes ?

La Chine a-t-elle minimisé le nombre de victimes ?© Istock

En outre, il est aussi possible de s’interroger sur l’honnêteté du gouvernement chinois, quant au nombre officiel de cas et de victimes annoncé. Auquel cas, l’apparente baisse du nombre de cas des dernières semaines pourrait être moins importante qu’annoncée. Une question que l’on se posait déjà au début de l’épidémie, et qui avait fait l’objet d’un précédent article, mais qui a récemment connu quelques rebondissements.

Ce mercredi 1er avril le bilan officiel de la pandémie en Chine continentale s’élève à 81 554 cas d’infection (dont 806 cas importés) et 3 312 décès. Pour la première fois, la Commission nationale de la santé y a inclus le nombre de cas asymptomatiques, jusqu’alors gardé confidentiel, dans le but de dissiper les craintes sur de possibles cas dissimulés. Ainsi, 1 367 patients asymptomatiques seraient actuellement en observation dans le pays.

Malgré une volonté de rassurer la population, ces chiffres officiels restent loin de ceux avancés par la presse chinoise, qui estime jusqu’à 40 000 le nombre de cas asymptomatiques. En outre, le nombre de décès est discordant avec le pic d’achat d’urnes funéraires enregistré, de même que la résiliation massive de lignes téléphoniques dans le pays.

Des files d’attente interminables devant les crématoriums

À Wuhan, où le confinement est progressivement levé, de nombreux habitants se sont précipités dans les centres funéraires pour récupérer les cendres de leurs proches décédés. Les images de files d’attentes interminables devant les crématoriums circulent dans les médias et interrogent sur la quantité de victimes. D’autant plus que le gouvernement chinois a censuré ces photographies.

De même, des images montrant des stocks de 2500 à 3500 urnes dans un seul funérarium sèment le doute, et des riverains ont affirmé que les crématoriums ont fonctionné 24 heures sur 24 pendant le confinement.

Des interrogations pour l’instant sans réponse probante...

Interrogé par BFMTV, l’ambassadeur de Chine en France, Lu Shaye, a précisé qu’il y aurait eu 51 200 décès sur toute l’année 2019 à Wuhan, soit en moyenne 4 000 par mois. “Et comme en hiver il fait plus froid, il y a plus de décès que les autres mois. En janvier et février, peut-être 5 000 décès par mois. Ce sont des décès normaux, en dehors de l’épidémie”, explique-t-il.

Bruno Lina, membre du conseil scientifique mis en place par le gouvernement Français, estime qu’il faut pour l’instant rester circonspect. “Il faut essayer d’investiguer cette différence qu’il doit y avoir entre le déclaré et ce qu’il s’est vraiment passé, et ça nous permettra de voir et de comparer les mesures que nous avons prises [en France]”. Autrement dit, pour l’instant, difficile de savoir si la Chine a vraiment menti ou pas.

Le Dr Fiorentino, de son côté, estime qu’il faut prendre toutes ces informations avec prudence – et en particulier celles que l’on peut lire sur les réseaux sociaux. S’il reconnaît que les données chinoises sont “problématiques” car “très contrôlées”, il précise qu’il est difficile de savoir si elles sont fiables ou non. Tout comme les informations sur le nombre d’urnes funéraires ne sont pas vérifiables. Autrement dit, pour l’instant, difficile de savoir si la Chine a vraiment menti ou pas.

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