Dîner tard peut vous faire prendre du poids !
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Manger après 20 h augmente la résistance à l’insuline

Manger après 20 h augmente la résistance à l’insuline© Istock

Si l’étude que nous vous détaillons précédemment le confirme, l’impact d’un dîner trop tardif sur le métabolisme est loin d’être une nouveauté. Avec la hausse de l’insulinorésistance et du diabète de type 2, les études à ce sujet se sont multipliées, comme nous l’explique Véronique Liesse, nutritionniste et micronutritionniste, auteure du Grand livre de l’alimentation "spécial énergie" (Leduc.s Editions), que nous avons interrogé.

“Le temps où l’on comptait les calories sur 24 heures est dépassé, et l’on parle de plus en plus de chrononutrition”, indique-t-elle. En effet, on sait depuis longtemps que si l’on mange des aliments qui augmentent la glycémie durant la journée, notre organisme a plus de chances de brûler ce glucose que s’il est ingéré le soir, où l’on bouge moins.

“On n’est pas fait pour manger la nuit et le soir”

Mais au-delà de cet aspect élémentaire, les scientifiques ont peu à peu découvert que la sensibilité à l’insuline est intrinsèquement modifiée le soir et la nuit. A cette période de la journée, elle fonctionne moins bien. “D’un point de vue physiologique on est tous un petit peu insulinorésistant la nuit”, détaille la nutritionniste. “C’est quelque chose qu’on a notamment observé chez les personnes qui travaillent de nuit. Ces dernières sont, en effet, plus à risque de surpoids et de diabète”.

En dînant tard, on va devoir fabriquer plus d’insuline, étant donné qu’elle est moins efficace… On va donc plus facilement stocker les excès et le fabriquer du gras. “On connaissait déjà l’importance de ne pas avoir une alimentation trop hyperglycémiante sur la ligne. On sait maintenant que notre sensibilité à l’insuline varie dans le temps. On n’est pas fait pour manger la nuit et le soir”, souligne la spécialiste.

Après 20 heures, le risque de stocker du gras augmente

Au regard des travaux publiés à ce sujet, cette modification de la sensibilité à l’insuline se ferait dès 20 heures. “Si on dîne tard de temps en temps, ça va passer plus ou moins inaperçu. Si c’est un mode de vie, comme dans certains pays d’Amérique du sud, ça peut poser problème”. Et ce, même si l’on se couche aussi plus tard.

En effet, on a longtemps cru que ce qui importait était la durée entre l’heure du repas et l’heure du coucher. Vous avez sûrement déjà entendu qu’il était préférable de dîner au moins trois heures avant d’aller dormir. “Mais en fait, l’heure en valeur absolue importe tout autant, car on a une horloge interne”, explique Véronique Liesse.

“Tout ce qui perturbe notre rythme circadien, comme s’exposer à la lumière le soir avec les écrans, dormir peu, travailler la nuit ou encore le décalage horaire, entraîne des conséquences physiologiques sur le métabolisme du glucose. On augmente donc nos risques de développer un diabète de type 2, à terme.

Quels aliments privilégier au dîner ?

Concrètement, la nutritionniste recommande d’avoir terminé son repas du soir avant 20 heures. Il est aussi préférable de dîner léger, en privilégiant les aliments qui n’élèvent pas trop la glycémie. On zappe les aliments transformés, le riz blanc, les pommes de terre et les desserts sucrés, et on opte plutôt pour des féculents à faible index glycémique, comme les légumineuses - qui apportent aussi des protéines - ou les céréales complètes, en association avec des légumes. On peut aussi ajouter une portion de poisson gras dans son assiette, mais on évite la viande - et surtout la viande rouge - ainsi que les laitages au dîner.

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Source(s):

Merci à Véronique Liesse, nutritionniste et micronutritionniste, auteure du Grand livre de l’alimentation "spécial énergie" (Leduc.s Editions). 

Metabolic Effects of Late Dinner in Healthy Volunteers – A Randomized Crossover Clinical Trial, The Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism, 11 juin 2020.

Evening eating linked to poorer heart health for women, AHA, 11 novembre 2019.