L’auteur Yann Moix révèle avoir été battu pendant son enfance. Ses parents démentent

Dans son dernier ouvrage, Yann Moix décrit les maltraitances dont il aurait été victime enfant. Contacté par des journalistes, son père affirme que l’auteur n’a jamais été battu. Qui croire ?

Le nouvel ouvrage de Yann Moix n’en a pas fini de faire couler de l’encre. Dans cette autobiographie intitulée Orléans, qui doit paraître ce mercredi 21 août aux éditions Grasset, l’écrivain évoque la maltraitance dont il aurait été victime enfant. Des accusations que son père dément avec virulence.

Ce n’est pas la première fois que l’ancien chroniqueur d’On n’est pas couché affirme avoir subi des violences pendant son enfance. Mais son nouvel ouvrage raconte avec moult détails les sévices en question. Coups avec des rallonges électriques, menaces de mort, excréments dans l’assiette… Le tableau est pour le moins édifiant.

“Ce que j’ai le plus reçu, ce sont des coups de rallonge électrique”

Invité sur le plateau de Sept à Huit pour faire la promotion de son livre, l’auteur a accepté de répondre aux questions sur ce sujet. “Ce que j’ai le plus reçu, ce sont des coups de rallonge électrique”, raconte-t-il dans le reportage, diffusé ce samedi 17 août. “J’étais en pyjama en général, lorsque je les recevais. Au moment où vous recevez le coup, vous ne ressentez strictement rien. Rien du tout. Pendant deux secondes. Et ensuite il y a comme une sorte de fraîcheur intense. Comme si vous étiez recouvert de menthe. Et ensuite ça brûle. Ça brûle très longtemps. Ça reste."

Des coups qui lui auraient été administrés par son père, José Moix, sans que sa mère ne s’y oppose. “Elle était comme une collabo. Elle informait régulièrement la Kommandantur des exactions que je pouvais commettre. Et comme c’était toujours très amplifié au téléphone (…) quand j’entendais les phares de la voiture clignoter derrière les volets, j’attendais d’être débarrassé de l’obligatoire correction que j’allais recevoir".

Cette dernière aurait d’ailleurs proféré de nombreuses menaces à l’encontre de son fils. "Elle me poursuivait dans la cuisine avec des couteaux de boucher. Elle disait : 'je vais te tuer, mon plus beau jour sera quand je serai devant ta tombe'.” Face à ces violences quotidiennes, Yann Moix dénonce le silence de son entourage. “Tout le monde était dans le déni le plus total. Vous allez à la piscine avec le dos lacéré et personne ne dit rien”.

Le prix Goncourt 1996 révèle qu’il lui a fallu quarante ans de psychanalyse pour se défaire de son passé. “Aujourd'hui je n'ai aucune estime de moi et je sais que je peux être très agressif. Provoquer un scandale pour n'importe quoi", déplore-t-il.

“Notre fils n’a jamais été battu”, déclare le père de l’écrivain

Contacté par nos confrères de La République du Centre, le père de l’écrivain ne rapporte pas la même version des faits… “Je tiens à dire que notre fils n’a jamais été battu. [...] Tout ce qui est relaté dans Orléans n’est que pure affabulation”, déclare José Moix dans cet entretien, paru avant l’interview de TF1.

Il nuance cependant ces propos en rappelant que “la notion d’enfant battu a évolué entre les années 1970-80 et aujourd’hui. De nos jours, une simple tape sur les fesses d’un enfant est très mal perçue. Peut-être même risque-t-on très gros”.

L’homme de 75 ans ne se cache pas d’avoir déjà corrigé son fils lorsqu’il l’estimait nécessaire. “Comme cette fois où Yann a tenté de défenestrer son frère du premier étage. Ce jour-là, oui, il a eu la correction qu’il méritait, comme le jour où il a mis la tête d’Alexandre dans les WC et a tiré la chasse d’eau. Je ne le nie pas, il a alors ramassé une bonne paire de claques”.

Son père explique que l’auteur “était un ado dur”. Et d’ajouter : “et peut-être qu’au fond, si j’avais été moins sévère, il n’en serait pas là où il est aujourd’hui, vu ses fréquentations à l’époque”. Mais il dément fermement l’avoir tapé à coups de fils électriques de même qu’il explique que “jamais sa maman n’a levé la main sur Yann”.

Les parents de Yann Moix disent être dans la plus totale incompréhension

"Dans une autre émission, il a rapporté que je le mettais à genou devant notre cheminée, et l'obligeais à brûler lui-même ses livres et dessins en le frappant. Comment peut-il inventer de telles choses, aussi odieuses ?", s’indigne l’ancien kinésithérapeute. "J'ai des origines catalanes et j’ai été strict, j'en conviens, mais jamais je n'aurais été capable de faire manger ses excréments à mon fils. Prétendre cela relève de la psychiatrie !"

Selon lui, “s’il y avait bien eu maltraitance, il y aurait forcément eu quelqu’un pour le remarquer, et alerter les services sociaux”. José Moix invite d’ailleurs les journalistes à contacter la maîtresse d’école ou le médecin traitant de son fils, qui pourraient confirmer ses dires.

Finalement, les parents de Yann disent être dans l’incompréhension la plus totale de ce qui a pu pousser leur fils à couper les ponts avec eux, il y a cinq ans de cela. Il rappelle qu’avec sa femme, ils ont consenti à de nombreux sacrifices pour offrir ce qu’il y avait de mieux à leurs enfants. “On a acheté un appartement à Paris pour qu'il loge le temps de ses études, on a payé son loyer et ses charges jusqu'à au moins ses 30 ans”.

S’il n’est pas certain de lire l’autobiographie de son fils, José Moix rappelle que sa porte “reste ouverte”, et qu’il aimerait “avoir un jour une conversation, d’homme à homme, avec Yann”.

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