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Lister tous ses médicaments

Lister tous ses médicaments© Istock

Les interactions médicamenteuses peuvent avoir de graves conséquences sur la santé. Elles font partie des erreurs médicales dont vous pouvez vous prémunir. Conseil : mettez systématiquement au courant votre médecin, à chaque consultation, des médicaments que vous prenez, que ce soit régulièrement (traitement anti cholestérol, anti hypertension…) ou ponctuellement (aspirine, ibuprofène, paracétamol…). Attention : Le risque d’interaction augmente avec le nombre de molécules consommées. Il est de 6 % quand on prend deux médicaments, de 50 % quand on en prend cinq et de 100 % quand on prend dix.

Attention au renouvellement d’ordonnance

130 000 hospitalisations et 10 000 décès par an en France sont attribuables à la iatrogénie médicamenteuse (effets indésirables sur la santé liés à la prise médicamenteuse). La iatrogénie constitue 10 % des hospitalisations du sujet âgé (20 % après 80 ans). "C’est une part importante des erreurs médicales même si elle est très sous-estimée. Exemple : les renouvellements automatiques d’ordonnance sont des traitements longs qui finissent par intoxiquer les patients. Certains prennent 15 à 20 médicaments. Pourtant à partir de trois, on ne maîtrise plus leurs effets", explique Claude Rambaud, vice-présidente de l’association Le Lien. Ce qu’il faut faire : Ne pas cumuler les médicaments, effectuer des bilans médicaux réguliers si vous suivez des traitements longs (antidépresseurs…), demander les risques de prise des médicaments et faire préciser par écrit au besoin.

Rappeler son identité

Rappeler son identité© Istock

Parmi les erreurs médicales que l’on peut facilement éviter, on trouve les erreurs d’identité. "Lorsque le patient est en état de le faire, il doit penser à décliner lui-même son nom et son prénom lorsqu’il arrive en consultation, en radiologie et tout particulièrement lorsqu’il arrive au bloc opératoire", recommande le Dr Joel Spiroux et Claude Rambaud. De même, "il ne faut pas se présenter à l’appel du nom d’un autre patient pour passer avant son tour. Il faut aussi penser à signaler le bon côté à opérer lorsqu’il s’agit d’un côté déterminé à l’avance." A noter : Ces recommandations font partie de la check-list "sécurité du patient au bloc opératoire" mise en place par la HAS et exigible dans tous les blocs opératoires depuis le 1er janvier 2010.

Insister en cas de questions

Insister en cas de questions© Istock

Vous avez des doutes sur la prescription de médicaments que vient de faire votre médecin ? Sur son diagnostic ? Dites-le lui ! "Parler à son médecin est très important pour éviter l’erreur médicale", explique un membre de l’association Cadus. Certes, cela n’est pas toujours facile parce que, comme nous le rappelle la vice-présidente de l’association Le Lien : "La durée moyenne d’une consultation médicale en cabinet est de 8 minutes." Mais il faut le faire. "Le manque de communication entre le médecin et le patient ou le manque d’explications en général sont des facteurs présents dans la grande majorité des procédures judiciaires concernant les erreurs médicales", explique l’Association d’aide aux victimes d’accidents corporelles.

Noter tous ses symptômes

Noter tous ses symptômes© Istock

"Il est important que le patient ait réfléchi à tous ses symptômes et à leur évolution avant la consultation", explique le Pr Emmanuel Chartier-Kastler, médecin urologue. Pourquoi ? Parce qu’il peut réduire le risque d’erreur de diagnostic et donc de prescription. Ainsi, des crampes persistantes, une perte de poids inexpliquée, des douleurs dans la poitrine, des engourdissements ou encore une migraine soudaine et très douloureuse ne doivent pas être ignorés. Seuls ou associés, ils peuvent être les signes de maladies sérieuses comme un diabète, des troubles cardiaques, neurologiques… Restez vigilant !

Demander un 2e avis médical si besoin

Demander un 2e avis médical si besoin© Istock

Vous avez un doute sur le diagnostic de votre médecin ? Vous n’êtes pas convaincu par son diagnostic ou sa prescription médicamenteuse ? Pour éviter toute erreur médicale et vous réconforter, rien ne vous empêche de prendre un deuxième avis médical. "Ce peut être une bonne chose, notamment en cas de pathologies graves", confirme Claude Rambaud, vice-présidente de l’association Le Lien. Même avis pour l’association de Conseil d’aide et de défense des usages de la santé (Cadus) : "Demander un deuxième avis peut éviter une erreur médicale."

Lire ses notices médicamenteuses

Lire ses notices médicamenteuses© Istock

Les notices des médicaments sont parfois difficiles à décrypter, peu lisibles, voire incompréhensibles ! Mais, il est très important d’y passer un peu de temps. "Cela permet d’éviter le surdosage des médicaments qui arrive très souvent parce que les gens ne lisent pas suffisamment les notices", explique un membre de l’association Cadus. Le surdosage peut être responsable d’effets indésirables très graves pouvant conduire à l’hospitalisation. Ce qu’il faut lire : les contre-indications, la posologie, la durée de prise et le dispositif d’administration (cuillère-mesure, pipette…). Redoubler de vigilance avec les médicaments sans ordonnance, que le médicament vous ait déjà été prescrit ou que vous l’ayez acheté en pharmacie de votre propre initiative. En cas de doute, demandez conseil à un pharmacien.

Signaler ses antécédents médicaux

Signaler ses antécédents médicaux© Istock

Infarctus, AVC, hypertension, cholestérol… Bon nombre de maladies ont pour facteurs de risque l’hérédité. Voilà pourquoi il est très important de ne pas oublier de dire à tout médecin qui vous prend en charge au cabinet ou dans un établissement de santé (hôpital, clinique), vos antécédents médicaux familiaux. De même, il ne faut pas non plus faire l’impasse sur les antécédents personnels (ex : si on a déjà eu une alerte cardiaque et qu’on retourne à l’hôpital pour un problème similaire) et allergiques (ex : allergie à certains composants médicamenteux). Vous vous protégez ainsi des erreurs de diagnostic et de prescriptions.

Les diagnostics les plus à risques

Les diagnostics les plus à risques© Istock

Certaines pathologies sont sournoises. Résultat : le médecin peut se tromper dans son diagnostic. En dermatologie, le Dr Nina Roos confie que "la hantise numéro 1, le cauchemar que l’on redoute tous, c’est le mélanome (cancer cutané) d’apparence banale (rose, avec l’aspect de grain de beauté très rassurant) ou caché dans des endroits que l’on examine mal (cheveux, oeil)". En cardiologie, le Dr Bruno Schnebert explique : "La maladie sournoise, c’est l’embolie pulmonaire, car il n’y a aucun signe spécifique. Elle peut se confondre avec tout autre problème pulmonaire qui essouffle, toute autre douleur thoracique type infarctus". Ce qu’il faut faire : Consulter dès qu’un symptôme persiste sans explication et apporter les comptes-rendus des précédents examens et/ou opérations effectuées.

Di-Antalvic, Aspirine... Attention !

Di-Antalvic, Aspirine... Attention !© Istock

Aspirine, Di-Antalvic®, Prozac®… Des études ont démontré que ces médicaments pouvaient être à l’origine d’ulcères, d’hémorragie, d’allergie ou encore de troubles hépatiques. Faut-il arrêter de les prendre ? Non. Comme l’expliquent le Dr Joel Spiroux et Claude Rambaud, vice-présidente de l’association Le Lien : "Le risque zéro n’existe pas avec les médicaments et nous continuons de voir [...] des médicaments retirés du marché car on découvre des effets inconnus ou imprévus." En clair, il faudrait arrêter de prendre tous les médicaments pour prévenir le risque des effets indésirables. Hypothèse inconcevable puisque beaucoup sont essentiels à la guérison. Ce qu’il faut faire : Ne jamais augmenter les doses prescrites et ne pas les mélanger à d’autres médicaments sans prescription.

Accidents médicaux : tabou en France !

Accidents médicaux : tabou en France !© Istock

Les victimes d’accident médical sont très mal recensées en France. Selon l’OMS (2006), une personne sur 300 en décèderait chaque année. "Cela représente 30 000 morts par an en France", explique Claude Rambaud, vice-présidente de l’association Le Lien. D’autres chiffres ? Non ! "Les erreurs de pratiques et de diagnostic ne sont pas tracées. Il y a un système de signalement pour les infections nosocomiales mais les chiffres ne sont pas représentatifs." En France, la déclaration des accidents médicaux est obligatoire depuis 2002. "Des années après, on n’a toujours pas d’instruments pour en faire la traçabilité. La pédagogie de l’erreur ne fait pas partie de la culture médico-hospitalière française […]. Aucune sanction n’étant prévue, aucun professionnel de santé ne se précipite pour transmettre les accidents médicaux."

Les établissements les plus sûrs

Les établissements les plus sûrs© Istock

Infection nosocomiale, organisation, équipement… Vous voulez savoir où se classe votre établissement de santé ? C’est possible ! Le quotidien l’Express a publié son classement 2010 en fonction de leur lutte contre les infections nosocomiales. On trouve en tête de liste les CHU Lariboisière (75), Emile Roux (Limeil-Brévannes 94), Paul Brousse (Villejuif 94) ou encore la clinique Saint-Vincent (Strasbourg 67). Dans le bas de la liste, le CHU de Dupûytren (Draveil 91), le CH La Charité-sur-Loire (58) ou encore l’hôpital Jean Jaurès (75). Autre classement, celui du Nouvel Observateur portant sur une dizaine d’indicateurs (technicité…) avec en tête de liste les CHU de Bordeaux, Toulouse, Lille, à Paris La Pitié-Salpêtrière et Cochin, et la polyclinique de l’Atlantique (Nantes 44).

Insister sur l’hygiène

Insister sur l’hygiène© Istock

Considéré comme un manquement à la bonne pratique médicale, le manque d’hygiène peut conduire à une des plus grandes causes d’accidents médicaux : l’infection nosocomiale. Selon Santé Publique France, 1 patient sur 20 hospitalisé en France est concerné par ce type d’infection. Dans les cabinets médicaux, une étude française a démontré que les médecins généralistes n’appliquaient pas suffisamment les règles d’hygiène. Ce qu’il faut faire : Se laver les mains (ou utiliser une solution hydo-alcoolique) quand on est hospitalisé ou que l’on s’y rend pour visite, surveiller l’hygiène des ongles et des cheveux, ne pas toucher les dispositifs de soins (sonde urinaire…) et vérifier que le praticien s’est lavé les mains avant l’auscultation et qu’il utilise, de préférence, des instruments (spéculum…) à usage unique.

Hôpital ou clinique : quel est le plus sûr ?

Hôpital ou clinique : quel est le plus sûr ?© Istock

Etes-vous plus à l’abri d’une erreur médicale en vous faisant hospitaliser dans un hôpital ou clinique ? "Non, il y a des hôpitaux et des cliniques remarquables. Et il y a des hôpitaux ou des cliniques minables", répond Claude Rambaud, vice-présidente de l’association Le Lien. Un avis partagé par l’association Cadus : "On ne peut pas dire que l’un soit plus fiable que l’autre car leur fonctionnement n’est pas du tout le même. On peut cependant savoir si un praticien a de bons résultats en faisant marcher le bouche à oreille."

Victime d’erreur médicale : ce qu’il faut faire

Victime d’erreur médicale : ce qu’il faut faire© Istock

Vous êtes victime d’une erreur médicale ? La meilleure solution est de vous adresser à une association d’aide comme le Cadus, l’Aviam ou l’Aavac. Elles vous aideront à constituer un dossier qui rassemblera les pièces mettant en évidence une suspicion d’erreur ou d’aléa thérapeutique et prouvant la gravité des séquelles. "Dans 85% des cas, nous arrivons à obtenir l’indemnisation des demandeurs", confie un membre de Cadus. Pour le temps de la procédure, il faut compter 18 à 36 mois. Cependant, quand les assureurs et l’Oniam refusent l’indemnisation, le dossier est renvoyé devant le tribunal civil ou administratif, et le demandeur peut attendre plusieurs années. A noter : Une plate-forme d’information , proposée par le Défenseur des Droits, est disponible au 09 69 39 00 00.

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Vidéo : Atroce erreur médicale : elle meurt embaumée vivante

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