“Chirurgien de l’horreur” : un des patients retrouvé mort

Christophe Fuselier, une des victimes du "chirurgien de l’horreur", vient d’être retrouvé mort. Il avait été amputé d’une jambe après une opération du dos.

Il vivait "un véritable calvaire"

Une triste nouvelle. L’un des patients du “chirurgien de l’horreur”, âgé de 46 ans, vient de mourir.

Jeudi dernier, la femme de Christophe Fuselier, l'a retrouvé inconscient au pied de son lit. Cette dernière a tenté un massage cardiaque. Les secours ont pris le relais, mais cette ultime tentative n’aura pas suffit à le sauver.

Selon sa femme Cathy, son mari “vivait un véritable calvaire depuis son opération du dos, pratiquée il y a douze ans”.

Une “intervention ratée” qui aurait provoqué l’amputation de sa jambe gauche, ainsi que de multiples problèmes de santé.

“Durant mon opération du dos au CHU de Grenoble, ma veine iliaque a été sectionnée et mes jambes n'ont pas été irriguées pendant un long moment. Après l'opération, faute de suivi, j'ai souffert d'un syndrome des loges. Les muscles de mes jambes ont subi une pression trop importante. J'ai ensuite eu de nombreuses infections. Au bout de plusieurs années, les médecins n'ont pu éviter l'amputation de ma jambe gauche. Ma vie est brisée. Ce chirurgien ne doit plus opérer”, témoignait Christophe Fuselier dans les colonnes du Parisien, en avril dernier.
Selon sa femme, il souffrait “en permanence”, jour et nuit, et il n’arrivait plus à dormir.

Des propos qui lui avaient valu d'être poursuivi en justice par l'avocat du médecin, maître Bernard Boulloud, pour "diffamation".

D'autres victimes avaient déjà porté plainte contre le praticien grenoblois pour les avoir laissées amputés, invalides ou avec des surinfections.

Des dizaines de patients seraient victimes du chirurgien de l'horreur

Surnommé le "chirurgien de l'horreur", le docteur V., qui exerçait à la Clinique des Cèdres, a été suspendu 18 mois avec sursis par le Conseil de l'Ordre des médecins pour manquement à ses obligations. Aujourd'hui, il fait l'objet d'une enquête préliminaire pour "mise en danger d'autrui", tandis que les plaintes se multiplient.

Car les victimes seraient nombreuses. Au total, environ 80 personnes s'estiment victimes de ce chirurgien. Mais l'affaire n'est pas prête de s'arrêter.

Début octobre, les patients du praticien ont appris que le procès a été renvoyé au mercredi 20 novembre par le tribunal correctionnel de Grenoble.

Me Bernard Boulloud, avocat du médecin, a justifié cette demande de renvoi par une réception trop tardive des conclusions de ses confrères, empêchant "le respect du (débat) contradictoire".

"Ma jambe ne repoussera pas"

Parmi les personnes qui ont déjà porté plainte, Serge Gillet, 62 ans, en fauteuil roulant depuis son opération d'une hernie discale en 2014 : "Mes os étaient trop fragiles. Et pourtant, il m’a mis dix vis dans le dos. Je n’aurais jamais dû être opéré. Je souffre toujours. Ma jambe ne repoussera pas. Ma vie est foutue. Mon appartement, c’est ma prison."

Ou encore Frédérique Bagalino, 49 ans, opérée en 2009 pour une fracture de la cheville : "Le chirurgien m’a placé sur les os du matériel trop grand. C’était obligé que ça casse. Il y a eu des infections. J’ai subi 40 à 50 opérations pour tenter de sauver ma jambe. Mais en février dernier, j’ai dû subir une amputation tibiale. Ma vie a été détruite. J’en veux énormément à ce docteur."

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