Ces maladies dangereuses qui reviennent en France
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Vaccino-scepticisme : le phénomène qui explique la résurgence de certaines maladies ?

vaccination© Adobe StockSi les Français sont avides d’antibiotiques – la France serait classée au troisième rang des pays européens qui en consomment le plus –, on ne peut pas en dire autant de la vaccination. "En 2017, une étude révélait que c’est en France que le niveau de confiance de la population en la vaccination est le plus faible de la planète !", s’attriste le Dr Consigny. Et quand on lui demande si une baisse du taux de vaccination est observée, sa réponse est on ne peut plus claire : "Oui, définitivement. On a pu l’observer suite à la polémique sur l’hépatite B. Il y a alors eu une chute dramatique de la couverture vaccinale en France. Mais cette maladie est moins transmissible que la rougeole, qui est l’exemple typique de la maladie qui revient de façon forte car la couverture est médiocre."

La méfiance des Français envers les vaccins augmentent à mesure que les controverses enflent, même si la plupart sont infondées. En 1995, le vaccin contre l’hépatite B a été accusé de provoquer la sclérose en plaques après que plusieurs cas ont été recensés. Un rapport publié par l’Institut de Médecine des Etats-Unis d’Amérique a néanmoins confirmé que le lien de causalité n’était pas avéré. Quelques années plus tard, c’est le vaccin contre la rougeole qui en a pris pour son grade, après qu’une étude a affirmé qu’il était lié à la survenue de l’autisme – des travaux qui se sont révélés faux. Pourtant, le rapport bénéfices/risques de la vaccination est jugé favorable, et les complications restent rares. "Ce qui explique que la couverture vaccinale n’est pas bonne notamment pour la rougeole, c’est qu’un certain nombre de personnes sont dans le doute, explique le Dr Consigny. Ils ne sont ni pour, ni contre : ils sont sceptiques. Mais en général, le doute va plutôt mener à l’inaction. C’est ce ventre mou qui ouvre la voie aux poussées épidémiques de grande ampleur."

C’est selon lui pour motiver ces vaccino-sceptiques que la vaccination obligatoire a été étendue au début de l’année 2018 par le ministère de la Santé. "Est-ce la solution pour éradiquer certaines maladies ? En tout cas, ça ne l’est sûrement pas de la rendre facultative, juge le Dr Consigny. En revanche, ça peut être une solution pour en annihiler la transmission, car la dangerosité des maladies n’est pas seulement liée au plan individuel." On ne le répétera jamais assez : se faire vacciner, c’est se protéger et protéger les autres.

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Source(s):

Remerciements au Dr Paul-Henri Consigny, médecin pneumologue spécialiste des pathologies infectieuses et tropicales et directeur du Centre Médical de l'Institut Pasteur.

"Rougeole en France, données de surveillance au 11 juillet 2018". Santé publique France. 12 juillet 2018.

"Rougeole". Vaccination Info Service. Mis à jour le 21 mars 2018.

"Tuberculose (BCG)". Vaccination Info Service. Mis à jour le 15 mars 2018.

"La tuberculose à Paris en 2016 : un tournant ?". Santé publique France. 23 novembre 2017.

"La gale est-elle en augmentation en France ?". Santé publique France.

"600 000 pauvres de plus en dix ans". Observatoire des inégalités. 11 septembre 2018.

"Les maladies liées à l'eau". OMS.

"Scorbut, la maladie des corsaires toujours d’actualité". ScienceDirect. Décembre 2015.

"Baromètre Ipsos/Secours populaire 2018". Secours populaire. 11 septembre 2018.

"Surveillance de l’hépatite E en France, 2002-2016". Santé publique France. 30 mars 2018.

"La résistance aux antibiotiques oblige à actualiser les recommandations sur le traitement des infections sexuellement transmissibles. OMS. 30 août 2016.

"Summary of the latest data on antibiotic consumption in the European Union". European Centre for Disease Prevention and Control. Novembre 2017.

"Vaccin contre l’hépatite B et sclérose en plaques". OMS. 22 novembre 2002.

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