Cancer : la Charente-Maritime plus touchée que les autres départements ?

Une étude menée par la Ligue de Lutte contre le Cancer vient confirmer les doutes des habitants de Saint-Rogatien et Périgny, ennuyés par les rejets d'une usine de fabrication de bitume à proximité : dans ces deux communes de Charente-Maritime, les jeunes de moins de 24 ans seraient particulièrement à risque de développer des cancers et notamment des leucémies.

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© IstockQuand on sait que les cancers pédiatriques restent rares, représentant entre 1 et 2% de l'ensemble des cancers seulement, la commune de Saint-Rogatien, dans le département de la Charente-Maritime, enregistre un score bien malheureux : depuis 2008, six jeunes de moins de 24 ans ont été touchés par un cancer dans cette municipalité d'à peine plus de 2100 habitants. C'est ce constat alarmant qui a poussé la Ligue de Lutte contre le Cancer a mené une étude permettant de savoir si les cas de cancers et notamment de leucémies (cancer du sang) étaient réellement plus nombreux à Saint-Rogatien et Périgny que dans les autres villes à proximité, et les résultats qui viennent de tomber ne semblent pas très rassurants.

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"Pas davantage de cancers" dans ces communes, mais bel et bien un "excès de risque"

Interviewé par France 3, Jean-Marie Piot, président de la Ligue de Lutte contre le Cancer en Charente-Maritime, explique : "Cette étude révèle que globalement, statistiquement sur la population générale , il n'y a pas davantage de cancers à Périgny et Saint-Rogatien que dans le reste de la Charente-Maritime mais on ne peut pas écarter un "excès de risque" chez les plus jeunes en particulier à Saint-Rogatien".

Une usine de fabrication de bitume en cause

Un excès de risque imputé à la Société Rochelaise d'Enrobés de Périgny : déjà en 2013, les habitants de ces deux communes avaient accusé l'usine de fabrication de bitume de polluer l'air via des rejets de fumées contenant du chrysène, un composant du goudron considéré comme cancérigène pour l'homme. Le bitume est d'ailleurs classé comme cancérigène "possible" par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC). Une étude menée par l'Agence régionale pour la qualité de l'air (Atmo Poitou-Charentes) avait alors conclu que le risque sur l'environnement était simplement "modéré", ce qu'avaient contesté des associations de riverains. L'usine a tout de même "revu son procédé de fabrication" depuis, précise France 3.

De nouvelles recherches pour comprendre ce sur-risque

Mais c'est loin d'être suffisant pour les familles des malades, réunies pour créer l'association Avenir Santé Environnement, qui souhaitent davantage de recherches et des résultats plus éclairants. De nouvelles études coordonnées par l'Agence régionale de santé (ARS), Santé publique France, le CHU de Poitiers, la Ligue de Lutte contre le Cancer et Atmo sont d'ores et déjà en cours. Les premières indications de résultats devraient tomber d'ici la fin de l'année 2018.

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