Cancer : le dépistage remis en cause ?

Certifié par nos experts médicaux MedisiteDépister plus et plus souvent, ne serait pas une bonne chose pour de nombreux médecins. Mais que doit-on réellement penser de ce revirement de situation ? Le Dr Eric Sebban, chirurgien gynécologue et cancérologue, démêle le vrai du faux à ce sujet.

Oui, c’est vrai - on n’a jamais autant fait de prévention qu’aujourd’hui. Le cancer, ce “mal du siècle” est d’ailleurs le grand favori des dépistages préventifs. Mammographie, biopsie, radio… Nombreux sont les outils dont disposent les praticiens pour veiller sur notre santé. Mais est-ce vraiment nécessaire, voire bon pour notre organisme ? Le point sur ce sujet qui fait débat.

Dépistage du cancer : mesurer les bienfaits et les risques

En premier lieu, il est essentiel de rappeler la différence entre un cancer latent et un cancer agressif ou actif.

Un cancer latent est présent, mais il ne se manifeste pas, il reste caché. “Il peut ainsi rester endormi durant des années, sans provoquer de quelconques effets indésirables”, explique le Dr Sebban. Or "il est impossible de faire la différence entre un cancer latent et un cancer qui va évoluer... Il est donc courant de traiter le cancer que l'on dépiste, quel que soit son évolution", ajoute l'expert.

Cette pratique permet aussi au patient d’entamer une opération et un traitement plus "légers", car le cancer sera traité en amont, au tout début de son développement.

Bien évidemment, l’avis du patient est toujours prioritaire et s’il ne veut pas se faire opérer, ses souhaits seront respectés. Mais il sera toujours compliqué de dire au patient "On vous a diagnostiqué un cancer et on ne fait rien”, assène le spécialiste.

Il faut donc mesurer, en compagnie du malade, les bénéfices du traitement d’un cancer et les risques engendrés. “Il y aura toujours des effets secondaires. Un patient âgé atteint du cancer de la prostate peut par exemple devenir impuissant ou souffrir d’incontinence urinaire à la suite d’une opération”, prévient le cancérologue.

Toutefois, même si le dépistage n’est pas une science exacte, “elle protège le patient et reste un bon indicateur pour se donner une idée de la future évolution d’une tumeur cancéreuse”, ajoute le cancérologue.

Faut-il se faire dépister avant 50 ans ?

Selon le Dr Sebban, tout dépend des cancers et des facteurs de risque.

“Concernant le cancer du sein, je recommande de faire une mammographie et une échographie une fois tous les 2 ans, à partir de 45 ans. Avant, cela ne sert pas à grand chose, à l’exception des personnes qui ont des facteurs de risque sérieux”, met en garde le cancérologue.

Par facteurs de risque, on entend le tabac, l’équilibre alimentaire, le soleil, les infections par certains virus ou certaines bactéries, le patrimoine génétique, les antécédents familiaux…

“Vous pouvez aussi pratiquer de l’auto-palpation chez vous en complément des dépistages afin de détecter une boule suspicieuse”, indique l’expert.

Bon à savoir : l'assurance maladie propose le dépistage à partir de 50 ans en l'absence de facteur de risque. Pour les femmes qui ont entre 50 et 74 ans, le dépistage du cancer du sein est gratuit.

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mots-clés : Cancer
Source(s):

Cancer : les facteurs de risque, Fondation ARC.

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