Cancer de la prostate : bientôt un test urinaire pour le détecter ?

Publié le 31 Juillet 2019 à 15h44 par Emmanuelle Jung, journaliste santé
Un projet mené par l’Institut Curie vient d’obtenir un financement afin de développer des tests urinaires pour dépister le cancer de la prostate. En effet, les méthodes actuelles sont jugées "peu fiables".

Le cancer de la prostate cause 92 000 décès par an en Europe. En tout, elle affecte environ 400 000 hommes chaque année. Lié au vieillissement, ce cancer se propage à partir d’une cellule dite "normale" qui se divise anormalement et prolifère de manière incontrôlable. Elle crée ainsi une masse de cellules malignes qui forme la tumeur.

Antonin Morillon, directeur de recherche CNRS à l’Institut Curie, vient de percevoir un financement afin d’améliorer la détection précoce du cancer de la prostate. En effet, actuellement, le dépistage est long, compliqué et surtout peu fiable. Le scientifique travaille en ce moment sur le concept Prostator. Ce nouveau moyen de dépistage passe par un simple test d’urine classique.

Palpation de la prostate et biopsie : un dépistage compliqué en plusieurs étapes

Actuellement, le dépistage du cancer de la prostate se fait en mesurant le taux sanguin de PSA (antigène prostatique spécifique) et via la palpation de la prostate dans un premier temps. "Cependant, ces analyses ne sont pas suffisamment fiables pour diagnostiquer clairement le cancer de la prostate", estime l’Institut Curie.

En effet, une fois ces étapes passées, c’est loin d’être terminé pour le patient. Ce dernier peut être invité à effectuer une biopsie. Dans 45 % des cas, elle s’avère positive. "De plus, près de 10 % des patients développent une infection de la prostate après cette biopsie", alerte l'Institut.

Une fois le cancer de la prostate détecté, plusieurs traitements sont proposés aux patients : "parmi eux, la prostatectomie, chirurgie visant à retirer la prostate malade et les ganglions éventuellement touchés, mais elle n’est pas systématique, précise l’Insitut Curie. Une surveillance accrue du patient est donc nécessaire".

Prostator : un moyen d’éviter les biopsies inutiles

A ce jour, aucune technique ne permet de détecter les tumeurs non agressives (encore endormies). Pour cette raison, Antonin Morillon a tenu à mettre au point un test non invasif et un test de surveillance active du cancer de la prostate, qui "seraient tous deux une réelle avancée pour améliorer la qualité du suivi et des soins aux patients", ajoute l’Institut.

C’est ainsi que le chercheur met au point Prostator, un concept dédié à la détection précoce du cancer de la prostate. Ce dépistage passe par une simple analyse d’urine, réalisée chez un urologue. "En utilisant un séquençage de nouvelle génération et des algorithmes innovants d’intelligence artificielle, l’équipe a identifié un ensemble de biomarqueurs (caractéristiques biologiques révélatrices du cancer de la prostate), significativement surexprimées [dans l’urine, ndlr] en cas de cancer de la prostate ", décrit encore l’Institut Curie.

Pour vous dépister, votre urologue va prélever votre urine via un tube. Le médecin transmettra directement l’échantillon à un laboratoire pour effectuer le test. Si besoin seulement, vous effectuerez la biopsie. Grâce à ce test, les biopsies inutiles pourront être évitées, réduisant ainsi toutes sources de stress pour les patients.

Troubles de l’urine et de l’érection : les symptômes révélateurs du cancer de la prostate

Son évolution est souvent lente et discrète. C’est là que le test urinaire prend tout son sens. En effet, les cellules cancéreuses peuvent rester inactives plusieurs années avant de provoquer les premiers symptômes. "Cependant, lorsque les cellules commencent à proliférer, les signes apparaissent", explique de son côté l’Institut Pasteur de Lille. La maladie se trouve alors, déjà, à un stade avancé.

"Avec le temps, l’urètre qui transporte l’urine, peut être comprimé par le gonflement de la prostate, décrit l’Institut Pasteur. Ainsi, différents troubles urinaires peuvent apparaître (difficultés à se retenir, besoin fréquent d’uriner ou impossibilité d’uriner)".

Dans certains cas, l’homme doit supporter des éjaculations douloureuses voire des troubles de l’érection.

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