Cancer du col de l'utérus : symptômes, causes, dépistage, traitements

Certifié par nos experts médicaux MedisiteLe cancer du col de l’utérus se développe aux dépens des cellules de la muqueuse du col de l’utérus. C'est un cancer fréquent chez la femme en raison de son lien étroit avec le papillomavirus humain, mais son pronostic reste bon, puisqu’il bénéficie de campagnes de dépistage précoce organisées.

Définition

Le col de l’utérus ou cervix correspond à la partie inférieure de l’utérus. Le cancer du col de l’utérus se développe aux dépens de la première couche muqueuse du col utérin, nommée épithélium.

Il s’agit dans 85% des cas de carcinomes épidermoïdes. La plupart de ces cancers ont une origine infectieuse, puisqu’ils surviennent après une exposition prolongée au Papillomavirus humain (HPV). Ce virus, sexuellement transmissible, endommage les cellules saines qui se transforment progressivement en cellules cancéreuses.

Schéma : appareil reproducteur interne de la femme

Schéma : appareil reproducteur interne de la femme© Creative Commons

Crédit : Mysid — Image:Scheme female reproductive system-en.svg (en) © CC/Domaine public - Licence : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Scheme_female_reproductive_system-fr.svg

Chiffres

Le cancer du col de l’utérus est le douzième cancer le plus fréquent chez la femme, avec 2 800 nouveaux cas par an en France, en 2015. La moitié environ de ces nouveaux cas décèderont de ce cancer, qui survient généralement à la cinquantaine.

Il s'agit d'un cancer de bon pronostic (manière dont le médecin estime que la pathologie va évoluer). Son incidence diminue (nombre de nouveaux cas survenus durant une période donnée), en raison des campagnes de dépistage précises par frottis cervico-utérin, permettant de détecter les lésions précancéreuses.

Le nombre de cancers du col de l’utérus pourrait diminuer de près de 90 % grâce à ce dépistage organisé.

Symptômes

Au début de son évolution, le cancer du col de l’utérus ne présente aucun symptôme. C’est pourquoi il est important de se soumettre au dépistage par frottis cervico-utérin. Lorsqu’il est avancé le cancer du col de l’utérus présente les symptômes suivants :

  • Des saignements vaginaux après les relations sexuelles, entre les règles ou après la ménopause.
  • Des règles plus abondantes ou plus longues.
  • Des écoulements vaginaux jaunâtres et malodorants.
  • Des douleurs pendant les rapports sexuels.
  • Des douleurs au bassin ou en bas du dos.

Causes

La cause principale du cancer du col de l’utérus est une l’infection chronique par le papillomavirus humain ou HPV, qui se transmet par voie sexuelle. En infectant le col de l’utérus, ce virus provoque des modifications de l’épithélium et entraîne des lésions pré-cancéreuses. Celles-ci sont d’évolution lente et peuvent se transformer en cancer 10 à 15 ans plus tard. Le dépistage par frottis cervico-utérin permet de détecter les lésions pré-cancéreuses et de les traiter, ce qui permet d’éviter un grand nombre de cancers du col de l’utérus.

Illustration : structure aux rayons X de l'oncoprotéine E6 de type 16 du HPV

Illustration : structure aux rayons X de l'oncoprotéine E6 de type 16 du HPV© Creative Commons

Crédit Opabinia regalis - Own work © CC - Licence : https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0/

Facteurs de risques

Les facteurs de risque de développer un cancer du col de l’utérus sont surtout liés au risque de contracter une infection par le papillomavirus. Il s’agit de :

  • L’âge précoce des premières relations sexuelles.
  • Des relations sexuelles avec des partenaires multiples, ou avec des personnes qui ont plusieurs partenaires sexuels.
  • Des relations sexuelles non protégées.
  • D’un système immunitaire affaibli, à cause du VIH ou en raison d’un traitement immunosuppresseur.
  • Des infections par d’autres maladies transmises sexuellement.

Les autres facteurs de risque du cancer du col de l'utérus sont :

  • Le tabagisme chronique.
  • La prise de diéthylstilbestrol (DES) ou avoir une mère ayant pris du DES.
  • Avoir pris des médicaments administrés aux femmes ayant eu des fausses couches spontanées à répétition. Ce facteur de risque est en diminution à ce jour, ce médicament n’étant plus prescrit.

Personnes à risque

Les femmes à risque de développer un cancer du col de l’utérus sont :

  • Les femmes qui ont des relations sexuelles très tôt dans la vie et des partenaires multiples.
  • Celles ne se soumettent pas au dépistage organisé du cancer du col de l’utérus.
  • Les femmes immunodéprimées ou ayant pris du distilbène sont également des sujets à risque.

Durée

Plutôt que de durée, on parle de pronostic (cf plus bas).

Qui consulter ?

Le frottis cervico-vaginal peut être effectué chez le médecin généraliste, dans un laboratoire d’analyses médicales ou chez le gynécologue.

Il doit être réalisé tous les 2 ans à partir du moment où la femme a démarré une activité sexuelle. En cas de symptômes, le frottis doit être réalisé rapidement.

Si le frottis montre la présence de cellules cancéreuses, le médecin traitant adressera la patiente à un gynécologue, au mieux spécialisé en cancérologie.

Examens et analyses

Les examens complémentaires réalisés ont pour objectif de confirmer ou non le diagnostic de cancer du col de l’utérus et de réaliser le bilan d’extension pour optimiser le traitement. L’évaluation de l’état général de la patiente est également nécessaire, pour déterminer d’éventuelles contre-indications.

Ces examens complémentaires sont :

  • La colposcopie : celle-ci est réalisée au cabinet du gynécologue. Ce dernier examine le vagin et le col de l’utérus à l’aide d’un colposcope (puissante loupe dotée d’une lumière). Le gynécologue utilise des produits qui colorent les cellules cancéreuses et précancéreuses, et une biopsie peut être réalisée au cours de cet examen, qui est plus inconfortable que douloureux.
  • La conisation : celle-ci consiste en l’ablation d’une partie du col de l’utérus, de forme conique qui permet de faire la biopsie et peut également être le traitement curatif en retirant toutes les cellules suspectes. Cet acte se fait sous anesthésie générale, au bloc opératoire.
  • L'échographie pelvienne, pour visualiser si d’autres lésions loco-régionales sont présentes.
  • Le bilan biologique sanguin complet.

Pronostic

Le cancer du col de l’utérus est un cancer de bon pronostic lorsqu’il est dépisté tôt, ce qui est souvent le cas.

Les cancers micro-invasifs guérissent dans 100% des cas, les cancers limités au col utérin guérissent dans 85% des cas.

Le pronostic est moins bon lorsqu’il existe une extension à distance (lorsque le cancer se répand) au moment du diagnostic.

Traitements

Les options thérapeutiques (traitements) sont multiples et sont choisies en fonction de la gravité de l’atteinte et de l’extension ou non du cancer.

La colposcopie

Cette technique, non invasive est utilisée pour traiter les lésions pré-cancéreuses. Un suivi est nécessaire et la surveillance régulière en raison du risque de récidive, qui nécessiterait un traitement plus lourd.

La chirurgie

Deux possibilités chirurgicales existent dans le traitement du cancer du col l’utérus:

  • La conisation : le chirurgien retire un fragment du col de forme conique, afin d’enlever les cellules anormales. Ce geste s’effectue sous anesthésie générale, au bloc opératoire. Il ne remet pas en cause la possibilité d’une grossesse ultérieure.
  • L’hystérectomie : elle consiste à retirer l’utérus en totalité. Celle-ci est réalisée en cas de tumeur plus évasive ou de récidive. Elle doit être mûrement réfléchie chez la femme en âge de procréer, en raison de l’impossibilité de grossesse ultérieure . Les ovaires peuvent être conservés, en l’absence d’envahissement des organes voisins.

La radiothérapie

La radiothérapie est utilisée encas de tumeur invasive, avant ou après la chirurgie. Elle peut avoir des effets secondaires provoquant des difficultés sexuelles et une infertilité.

La chimiothérapie

Dans le cas du cancer du col de l’utérus, la chimiothérapie peut être employée, pour traiter les tumeurs invasives, en association avec la chirurgie et/ou la radiothérapie. Ses effets secondaires sont fréquents et sévères.

Autres traitements

Il existe d’autres techniques pour détruire les lésions pré-cancéreuse ou les tumeurs microscopiques comme l’électrochirurgie (le courant électrique détruit les cellules anormales), le laser ou la cryothérapie.

Prévention

La prévention du cancer du col de l’utérus est primordiale car, dépisté tôt, ce cancer peut être guéri et les moyens de dépistage au stade pré-cancéreux sont connus et simples.

On estime que 75% des femmes seront au contact du papillomavirus au moins une fois dans sa vie, dès lors qu’elle a une activité sexuelle.

Les campagnes de dépistages organisées et l’apparition du vaccin contre le papillomavirus ont nettement fait reculer le taux de mortalité par cancer du col de l’utérus.

Le dépistage

Le dépistage du cancer du col de l’utérus est réalisé grâce à la pratique du frottis cervico-vaginal. Celui-ci doit être effectué dès que la femme a commencé une activité sexuelle, et répété tous les 2 ans environ.

Il peut être réalisé chez le médecin généraliste, le gynécologue ou en laboratoire d’analyses médicales. Cet examen est indolore : après la pose du spéculum le médecin prélève quelques cellules du col utérin pour qu’elles soient ensuite examinées au microscope. L'examen permet de détecter les lésions précancéreuses et la présence du virus papillomavirus.

Photo : carcinome in situ, stade 0

Photo : carcinome in situ, stade 0© Creative Commons

Crédit : Haymanj — photomicrograph by author. © CC/Domaine public - Licence : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Ca_in_situ,_cervix_2.jpg

Quelles sont les mesures préventives de base ?

Les mesures préventives de base sont :

  • L’utilisation du préservatif.
  • Eviter d’avoir des partenaires multiples et de commencer son activité sexuelle trop tôt dans la vie.
  • Se faire vacciner.

Papillomavirus  : quand se faire vacciner ?

Mon conseil de médecin généraliste :

"La vaccination contre le papillomavirus existe depuis 2006 et protège contre 4 souches du virus. Ces souches sont celles qui sont à l’origine de plus de 70% des infections à HPV. Deux vaccins sont disponibles et la vaccination doit être réalisée à l’adolescence, si possible avant toute activité sexuelle. La vaccination ne dispense en aucun cas des autres mesures préventives comme l’utilisation du préservatif et le dépistage."

Sites d’informations et associations

Des sites d’informations sur le cancer du col de l’utérus sont consultables sur internet ainsi que des forums d’entraides pour les patientes atteintes. Il s’agit :