Jean-Pierre Pernaut atteint d’un cancer de la prostate : quelles conséquences ?

Publié le 26 Septembre 2018 par Claire Ménage, journaliste santé
Jean-Pierre Pernaut, présentateur favoris du 13h de TF1 a annoncé le 25 septembre 2018 son absence du journal à la suite d’une opération pour soigner son cancer de la prostate. Mais quelles sont les conséquences d’une telle chirurgie ? On vous explique …
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© AFPJean-Pierre Pernaut a fait part mardi 25 septembre 2018 via Twitter de son absence des prochains JT du 13h de TF1. Il a subi une opération pour combattre son cancer de la prostate. En France, le cancer de la prostate est le plus fréquent chez les hommes, avec 49 000 nouveaux cas pour 8 207 décès en 2017, selon un rapport de Santé Publique du 14 avril 2018. Les principaux facteurs de risque sont l'âge surtout, après 65 ans (7 cas sur 10), les antécédents familiaux, l'ethnie (les hommes d'origine afro-antillaise étant les plus touchés), une alimentation riche en graisses ainsi que l'obésité et la sédentarité. Un diagnostic précoce du cancer de la prostate améliore le pronostic du patient. Selon l'Institut national du cancer, "le taux de survie net à 5 ans pour ce cancer est de plus de 90%." Le dépistage du cancer de la prostate consiste soit en un toucher rectal, soit en une prise de sang qui permet d'analyser le taux de PSA (antigène prostatique spécifique) dans le sang. Mais si le cancer est avéré, le traitement pourra alors consister en une simple surveillance, une chirurgie, une radiothérapie, une curiethérapie, une hormonothérapie ou encore une chimiothérapie. Quelles les complications liées à de telles traitements ? Nous faisons le point.

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"Les meilleurs résultats sur l'incontinence sont obtenus avec la chirurgie à ciel ouvert"

Dans de nombreux cas, les opérations pour soigner le cancer de la prostate entraineront une éjaculation rétrograde. Le sperme n'est plus évacué par le pénis mais dans la vessie, donc par les urines. C'est un des risques subi notamment à la suite d'une résection transurétrale, d'une opération prostatique par voie haute ou d'une opération de la prostate par laser. Les problèmes d'incontinence et les troubles érectiles font également partie de la liste des complications à craindre noramment après le recours aux techniques de chirurgies telles que la cœlioscopie prostatique, l'incision cervico-prostatique, la chirurgie "à ciel ouvert" . A ce jour, "les meilleurs résultats sur l'incontinence sont obtenus avec la chirurgie à ciel ouvert", explique le Dr Jérôme Graal, urologue. Enfin des petites brûlures lors des mictions et fuites urinaires à l'effort peuvent apparaître à la suite de l'intervention pour une hermothérapie de la prostate, une résection transurétrale ou une incision cervico-prostatique.

Faut-il opérer tous les cancers de la prostate ?

Pr Nicolas Thiounn, urologue nous avait expliqué : "Il y a plusieurs types de cancer de la prostate. Certains évoluent plus rapidement que d’autres. On peut avoir une idée de leur évolution selon la cinétique, ou l'évolution, du taux de PSA, marqueur de ce cancer. Dans le cas des cancers qui évoluent lentement, on peut privilégier une surveillance active avec un dosage du PSA tous les 3 ou 4 mois et biopsie tous les ans. Et ainsi ne passer à un traitement que si la situation évolue.

Dans le cas d’un cancer de la prostate localisé, soit 70 % des cancers de la prostate, seuls les moyens physiques sont utilisés : la chirurgie à 60 %, la radiothérapie à 30 % et la curiethérapie à 10%. Ils ont chacun une indication différente. Si on a un tout petit cancer de la prostate à faible risque évolutif ou, dans certains cas, un cancer localisé à moyen risque évolutif, on peut faire une curiethérapie. Cette technique présente un taux de guérison à 10 ans supérieur à 90%, ce qui est largement équivalent à celui de la chirurgie. La chirurgie est plutôt réservée à des cancers un peu plus agressifs à moyen ou à fort risque évolutif, pour lesquels on peut associer, si besoin, une radiothérapie post opératoire.

Dans le cas de cancers de la prostate étendus avec des métastases, on peut appliquer un traitement qui bloque les hormones masculines, éventuellement associé à de la chimiothérapie. Mais elle ne permet dans ces cas précis que de prolonger la vie du patient de quelques mois…".

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