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Est-ce que je vais mourir ?

Que ce soit pour soi-même ou pour un proche, quand le diagnostic du cancer tombe, la peur de la mort survient rapidement dans les pensées. Pour cause en 2016, une étude de l'European Heart Journal avait démontré que le cancer est la première cause de mortalité en Europe.

La réponse du cancérologue :"Il est quand même assez rare que le patient demande de but en blanc s'il va mourir. On ne dit évidemment jamais au patient qu'il va mourir dans un délai plus ou moins court, parce qu'on ne peut pas le savoir avec certitude, puis ensuite parce que humainement, ce n'est pas concevable pour nous, professionnels de le dire de manière aussi brutale" explique le Dr Avi Assouline, cancérologue.

Est-ce que je vais forcément avoir de la chimiothérapie ?

Le cancer étant une maladie grave, il impose des traitements lourds. Le plus connu, la chimiothérapie est également le plus redouté. Elle consiste à administrer par perfusion ou voie orale des médicaments anticancéreux qui tuent les cellules cancéreuses (mais aussi saines). C'est pourquoi, elle peut causer des effets secondaires lourds comme la chute de cheveux ou les nausées. Mais ce traitement n'est pas systématique.

La réponse du cancérologue : "Tout dépend du type de cancer et de son stade. S'il est métastatique oui, il y a aura chimiothérapie. Sinon, cela dépend du stade et de l'organe où il évolue. On peut également administrer :

  • l'hormonothérapie : elle s'attaque à des voies ciblées en cas de cancers hormonaux dépendants comme certains cas de cancer du sein ou de la prostate.
  • l'immunothérapie : ce sont des traitements qui montrent de plus en plus d'efficacité, ils consistent non pas à s'attaquer à des cellules, mais stimuler le système immunitaire du corps afin de lui donner les armes pour combattre la maladie sans impliquer la mort de cellules saines.
  • Les thérapies ciblées : elles attaquent les voies de signalisation des cancers."

Est-ce que ça va se voir si j'ai un cancer ?

Devoir faire face au regard des autres alors qu'on combat un cancer est un fardeau lourd à porter pour les patients. Il rappelle alors ce que l'on essaie d'oublier : la maladie. C'est pourquoi le changement physique fait peur.

La réponse du cancérologue : "Il faut le dire, le traitement et le cancer orchestrent parfois des changements physiques, confirme notre interlocuteur. On peut perdre ses cheveux, avoir le visage et le ventre qui gonflent. Mais il faut dire aussi que ce n'est pas systématique. Il existe certains cas où rien ne se voit si le cancer est petit et peu agressif."

Est-ce que je vais avoir mal ?

Chimiothérapie, radiothérapie, perfusion, effets secondaires... La perspective de séjours fréquents à l'hôpital s'accompagne souvent d'une peur de la douleur.

La réponse du cancérologue : "Tout dépend du cancer s'il est métastasé ou non et s'il se développe dans un organe qui fait mal comme les os, par exemple où les métastases peuvent être douloureuses, mais il est possible aussi que cela ne fasse pas mal", répond le Dr Avi Assouline, cancérologue. Par ailleurs, "certaines chimiothérapies peuvent provoquer une toxicité sur les terminaisons nerveuses et être ainsi à l’origine de symptômes comme des fourmillements, une altération de la sensibilité, voire des douleurs. En revanche, son mode d'administration n'est pas douloureux" ajoute le Dr Youssef Tazi, cancérologue.

Si on est guéri, faut-il craindre toute sa vie qu'il revienne ?

Depuis 2012 le taux de mortalité par cancer a baissé de 1,5% chez les hommes et de 1% par an chez les femmes, révèle l'Institut national du cancer. Les avancées technologiques et les traitements deviennent de plus en plus efficaces et permettent de soigner certains cancers. Quand on a réussi à combattre la maladie une épée de Damoclès reste néanmoins au-dessus de la tête : la rechute

La réponse du cancérologue : "Une fois le cancer est soigné, on dit que le patient est en rémission. Pendant 5 ans, il est placé sous surveillance et doit refaire des analyses régulièrement. Au-delà de cette période, si rien n'est réapparu on peut dire qu'il est guéri. Le risque de récidive d'un cancer dépend ainsi de ce délai et du cas de la personne", explique le Dr Avi Assouline, cancérologue.

Chimiothérapie : est-ce que je vais perdre mes cheveux ?

La chimiothérapie est un traitement lourd qui s'attaque aux cellules cancéreuses comme d'ailleurs aux cellules saines. Ses effets secondaires peuvent être sévères, parmi eux le plus redouté est la perte de cheveux. Il est déjà difficile de vivre avec la maladie alors quand il faut en plus affronter le regard des autres, c'est un poids supplémentaire pour le malade.

La réponse du cancérologue : "La chute de cheveux n'est pas obligatoire en cas de chimiothérapie, explique le Dr Avi Assouline. Il existe plusieurs types de chimiothérapies et leurs effets secondaires dépendent du protocole et des produits qui sont utilisés. Parmi eux effectivement certains font tomber les cheveux. C'est une question que l'on aborde avec le patient avant, bien sûr, afin de le préparer."

"Dans tous les cas, la perte des cheveux est pratiquement toujours réversible" nous avait par ailleurs confié le Dr Youssef Tazi, cancérologue.

Est-ce que ça va affecter ma vie sexuelle ?

Si au départ les recherches étaient concentrées sur les traitements, les questions concernant la qualité de vie des patients commencent à se développer de plus en plus. Quand une personne est atteinte d'un cancer, l'entourage aussi le subit notamment le partenaire. Certains changements physiques et effets secondaires des traitements peuvent affecter la vie intime.

La réponse du cancérologue : "Oui les traitements et la maladie affectent plusieurs aspects de la vie sexuelle. L'impact psychologique est lié aux changements physiques en cas de perte de cheveux ou d'ablation de la poitrine dans le cas d'un cancer du sein. La féminité de la patiente est touchée et elle peut avoir beaucoup de mal avec son image corporelles notamment face à son partenaire. Il y a également l'aspect physiologique car certains protocoles de traitements affectent aussi la libido et causent des troubles de l'érection chez l'homme et peuvent même rendre infertiles. Tout dépend aussi de l'âge du patient."

Cancer du sein : est-ce qu'on va me les enlever ?

La mastectomie est une opération qui consiste à retirer le sein entièrement soit en traitement parce que la personne est atteinte d'une tumeur cancéreuse au sein, soit en prévention. La perspective d'une telle opération effraye les patients principalement pour l'image future de leur féminité et leur vie intime.

La réponse du sexologue : "Tout dépend de la taille de la tumeur par rapport à la taille du sein. Dans certains cas, on effectue seulement l'ablation de la tumeur. En ce qui concerne les cas de double mastectomie c'est très rare en France, c'est surtout aux Etats-Unis que l'on voit ça. Chez nous si la patiente présente seulement des risques on la place sous surveillance."

Comment annoncer à mon entourage que j'ai un cancer ?

Il est normal d'avoir des frayeurs face au cancer étant donné le caractère grave de la maladie. Alors comment annoncer à son mari, ses enfants ou ses parents que l'on est atteint d'un cancer sans leur faire peur. L'idée même de formuler la chose à haute voix peut faire paniquer le malade.

La réponse du cancérologue : "Les médecins ne sont pas seulement là pour vous administrer le protocole de traitements ou vous suivre médicalement. L'annonce à la famille est une question qui revient fréquemment et pour laquelle nous pouvons aider. En général, on peut proposer un rendez-vous à la famille pour leur expliquer et on redirige presque systématiquement le patient vers un psycho-oncologue afin de l'aider à traverser cette épreuve" explique le Dr Avi Assouline.

Si j'ai un cancer, est-ce que mes enfants ont un risque aussi ?

L'une des choses les plus demandées lorsqu'on consulte un médecin généraliste pour une anomalie comme une grosseur dans le sein est : "Est-ce que vous avez des antécédents familiaux ?". Ainsi à l'annonce d'un cancer, on peut avoir peur d'avoir transmis le risque à ses enfants. Selon La Ligue contre le cancer, "l'incidence des cancers liés à l'hérédité paraît aujourd'hui limitée, mais elle permet d'en savoir plus sur son origine".

La réponse du cancérologue : "Il faut déjà savoir qu'antécédents familiaux signifie parents, tantes, soeurs, grand-parents, explique le cancérologue Avi Assouline, pas besoin de remonter plus loin. Ensuite, en général les cancers ne sont pas héréditaires. Il existe certaines familles avec des gènes à risque comme les gènes BRCA1 et BRCA2 qui représentent une mutation à risque pour le cancer du sein et des ovaires. Il est possible si on a un doute de consulter un oncogénéticien pour évaluer son risque. Si c'est positif, la personne et son entourage bénéficieront d'une surveillance particulière."

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