"J'en suis à une étape très mauvaise"

Fin novembre, Bernard Tapie annonçait que les métastases de son cancer s'étaient propagées jusqu’à ses poumons. Cette évolution l'avait obligé à se faire opérer en se faisant retirer l'estomac et une partie de l'œsophage. “On coupe les côtes, on soulève le poumon, bref, c’est très dur et ça dure environ 17 heures”, avait-il il précisé.

Depuis, on ne l'avait plus entendu parler. Mais aujourd'hui, alors que Francois Bayrou, le chef du MoDem, est convoqué ce vendredi dans l’affaire des assistants d’eurodéputés présumés fictifs de son parti, Bernard Tapie est sorti de son silence. L’ancien ministre de la Ville a déclaré que ce dernier ne devait "surtout pas démissionner".

Il s’est aussi confié sur ses problèmes de santé : "J'en suis à une étape très mauvaise. J'ai confiance dans mes médecins qui font, tous les malades doivent le savoir, un travail formidable. Pour l'instant, ils n'ont pas trouvé la solution mais je garde espoir", a-t-il tristement révélé au Parisien.

Pour rappel, les conséquences de sa récente opération altèrent considérablement la qualité de vie de l'homme d'affaires. “Parce que quand vous n’avez plus d’estomac et les trois quarts de l'œsophage en moins, ça part directement dans un organe qui s’appelle l’intestin, et il n’est pas fait pour recevoir les aliments”, explique-t-il. “Pour éviter que ça descende d’un coup, d’abord vous prenez une petite quantité, et il faut vite vous allonger pour ralentir [le transit]”.

“J’ai un coefficient de résistance à la douleur très important”

Mais l’ancien député de Marseille n’est pas du genre à se plaindre. “J’ai un coefficient de résistance à la douleur très important”. Il déplore d’ailleurs la prise en charge de la douleur qui se fait à l’hôpital. À son réveil, une infirmière lui tend une poire en lui disant “si vous avez mal, vous appuyez”, précisant ensuite qu’il s’agit de morphine. “J’ai trouvé que c’était une faute de le dire comme ça”, souligne Bernard Tapie. “Il fallait dire au malade : vous allez avoir un peu mal, essayez de résister et, quand vous ne pouvez plus, appuyez”.

L’homme politique précise : “j’ai fait comme tout le monde, j’ai appuyé… Mais deux fois au lieu de dix. Moralité, j’ai fait trois jours de réa au lieu d’une semaine”. Bien sûr, il reste conscient que tout le monde est différent. “Je ne donne pas de leçon. Aucun être au monde n’a le même taux de sensibilité à la douleur que le voisin”.

Bernard Tapie veut encourager les malades à se battre

Depuis qu’il est malade, Bernard Tapie essaye plutôt de donner l’exemple, de montrer qu’il est possible de continuer à vivre et de garder espoir. “Je dois prendre en considération qu’il y a 450 000 personnes dans notre pays qui souffrent d’un cancer, avec 2-3 personnes qui en subissent les conséquences. [...] Et si on a eu la chance d’être désigné par le hasard et pour être un de ceux qui leur parle, et bien je suis content de cette mission”.

Quant à son espérance de vie, ce n’est pas un sujet sur lequel il s’attarde. “Je ne m’accroche pas moi, j’existe, je vis, j’ai mes enfants, j’ai ma femme, mes amis, je bosse…”, explique-t-il. “Il y a une chose qu’il faut dire aussi, aux cancéreux : la science va tellement vite que la perspective de guérison aujourd’hui d’un cancer peut changer en 15 jours”.

Famille, amis et religion l’aident à garder le moral malgré son cancer

Mais outre les progrès constants de la science, c’est aussi sa foi qui l’aide à tenir, notamment grâce à la perspective de la vie après la mort. “Je suis très croyant. Et bon, je ne dis pas que ça aide, mais les perspectives de partir ne sont pas les mêmes”. La mort ne l’impressionne donc pas beaucoup. “Je ne l’espère pas, mais elle ne me fait pas peur”.

En parallèle, Bernard Tapie peut aussi compter sur le soutien de ses proches, et notamment sa femme, qui est à ses côtés depuis plus de quarante ans. “Elle s’efforce d’être comme avant. Et c’est tout le bonheur qu’elle me donne en étant comme avant”. Bien sûr, le couple n’est pas à l’abri de quelques coups durs. “Il lui arrive de pleurer que je sois malade, [comme] il m’arrive de pleurer parce que la mauvaise nouvelle arrive”, révèle-t-il.

Néanmoins, l’homme d’affaires essaye de ne jamais se plaindre, estimant que “la souffrance qu’on donne à ceux qui vous aiment” est largement suffisante. Il continue donc à vivre, et notamment à faire du sport. “Tous les vendredis soir je pars à la campagne à vélo, et tous les dimanches soirs je reviens de la campagne à vélo”. Soit 100 km aller-retour. “Parfois, je veux que personne ne me suive, parce qu’il m’arrive de m’arrêter, je monterais bien dans une voiture. Mais il ne faut pas que je le fasse”.

Sources

Sept à Huit, TF1, 24 novembre 2019.

Bernard Tapie est à "une étape très mauvaise" de son cancer : ses nouvelles inquiétantes, Voici, 6 décembre 2019. 

mots-clés : Cancer
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