Deux personnes décèdent du virus de l’herpès après un don de rein

Le quotidien espagnol El País rapporte qu'à Séville, une femme de 22 ans et un adolescent de 15 ans sont morts des suites d'une greffe de rein d'un donneur infecté par le virus de l'herpès. Des cas extrêmement rares qui ont toutefois poussé l'Organisation nationale des greffes (ONT) à revoir ses protocoles.

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En juillet 2018, deux patients espagnols âgés de 22 ans et 15 ans sont décédés à quelques heures d'intervalle après avoir reçu une greffe de rein, rapporte le quotidien El País. Ce don d'organes avait été réalisé par un même donneur, infecté par le virus de l'herpès simplex (HSV). L'affaire a poussé l'Organisation nationale des greffes (ONT) à "revoir ses protocoles d'action, en collaboration avec les sociétés scientifiques".

Les patients décédés n'étaient pas immunisés naturellement contre l'herpès

L'hôpital Virgen del Rocio de Séville, où les patients étaient hospitalisés, explique par ailleurs dans un communiqué qu'une troisième personne serait décédée après avoir également reçu un tissu du donneur. L'établissement précise toutefois que le virus de l'herpès n'est pas en cause dans ce cas : "la pathologie sous-jacente du patient et la complexité de l'intervention" lui ont en effet été fatales.

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Les interventions s'étaient déroulées sans encombre le 30 juin 2018, mais "leur récupération a été interrompue par une infection fulminante causée par le HSV" quelques jours après, explique El País. L'adolescent est décédé le 10 juillet 2018 et la jeune femme le lendemain. L'ONT et l'hôpital précise que les deux patients n'étaient pas immunisés naturellement contre le VHS contrairement à 70% de la population mondiale, c'est-à-dire qu'ils ne possédaient pas les anticorps leur permettant de lutter contre le virus, et que le donneur souffrait d'une infection récente mais asymptomatique.

Les protocoles de greffe vont faire l'objet de révisions pour "réduire les risques autant que possible"

Par la suite, l'établissement a immédiatement lancé une enquête pour tenter de clarifier la situation, que la directrice de l'ONT Beatriz Domínguez qualifie d' "absolument exceptionnelle". "Chaque année, plus de 130 000 greffes sont effectuées dans le monde et nous n'avons trouvé que 10 cas similaires depuis les années 70", affirme-t-elle.

Parce que le virus de l'herpès est commun et que les complications sont rares, "la réalisation de tests spécifiques n'est pas incluse dans les protocoles ni dans les recommandations internationale", précise Beatriz Domínguez. Un processus de révision des protocoles a tout de même été ouvert. "L’objectif est de réduire autant que possible les risques, même si nous devons également être conscients que le risque zéro n’existe pas." De son côté, la mère de la patiente décédée regrette le fait que "les mesures prophylactiques appropriées n'ont pas été prises pour éviter la transmission du virus. Il y a eu peu de cas précédents, mais il y a eu des cas, cela aurait dû être pris en compte."

Herpès : pourquoi une personne infectée le reste à vie ?

Il existedeux types de virus de l'herpès : le HSV-1, qui correspond à l'herpès orofacial/labial, et le HSV-2, qui lui correspond à l'herpès génital. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), 3,7 milliards de personnes de moins de 50 ans avaient une infection à HSV-1 en 2012. Si cette infection n'est pas grave en soi, elle peut entraîner des complications chez certaines personnes telles que les sujets immunodéprimés, les nourrissons et les personnes âgées (encéphalité, kératite, mort néonatale, complications neurologiques). Une fois infectée par l'herpès, la personne l'est à vie, car le virus reste en latence dans le système nerveux et peut se réactiver dès que le système immunitaire est affaibli par le stress ou une maladie.

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