La nourriture ultra-transformée vous fait avaler 500 kcal supplémentaires par jour

Publié le 17 Mai 2019 par Pauline Capmas-Delarue, journaliste santé
Consommer des aliments ultra-transformés inciterait à manger davantage, et favoriserait ainsi la prise de poids, selon une étude américaine.
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instant food in on the table© Istock

Vous êtes adepte des plats tout prêts, ou rapides à préparer ? Gare à la prise de poids ! Une étude publiée mardi dans le journal Cell Metabolism s’est penchée sur l’impact des aliments ultra-transformés sur notre santé. Et il semblerait que ces derniers nous poussent à manger davantage, favorisant ainsi la prise de poids.

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Comment savoir si un aliment est “ultra-transformé” ?

Plats préparés, nuggets de poulet, poisson pané, nouilles instantanées, desserts lactés, biscuits, céréales du petit-déjeuner, soupes en sachet, boissons gazeuses… Tous ces aliments ont pour point commun de faire partie de la catégorie des produits “ultra-transformés”.

Le système de classification NOVA, développé par des chercheurs brésiliens, définit ces produits comme des préparations industrielles comprenant au moins 5 ingrédients (mais souvent bien plus), souvent riches en sucre et en graisse, et comprenant généralement des additifs, des colorants et des stabilisants. Ils ont la particularité d’être faciles et rapides à utiliser, ont un goût attractif et se conservent assez longtemps.

Un régime à base de produits ultra-transformés incite à manger davantage

Kevin Hall, physiologiste à l’Institut national du diabète et des maladies digestives rénales à Bethesda (Etats-Unis) suspectait les aliments transformés d’être mauvais pour la santé à cause de leur forte teneur en graisse, sucre et sel. C’est pourquoi lui et son équipe ont tenté d’éliminer ces facteurs dans leurs travaux.

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Ils ont recruté 20 personnes, et ont observé leurs comportements alimentaires pendant 28 jours, dans un établissement du National Institutes of Health. Ces derniers ont dû suivre un régime riche en produits ultra-transformés pendant deux semaines, et un autre composé de produits peu ou pas transformés pendant les deux autres semaines. Chacun était libre de manger la quantité désirée.

Les chercheurs ont évalué leur consommation en pesant minutieusement les restes de nourriture. Au bout de deux semaines, ils ont observé que les personnes mangeaient environ 500 kcal de plus par jour lorsqu’ils suivaient le régime ultra-transformé, ce qui avait conduit à un gain de poids d’un kilo. Pour le Dr. Hall, “c’est la première étude qui démontre une relation de cause à effet” entre ces éléments.

Les aliments industriels pourraient impacter les hormones de la faim

Mais pour l’instant, les chercheurs ont du mal à en expliquer la cause. Lorsqu’on les a interrogé, les participants à l’étude ont estimé que la nourriture transformée n’étaient pas forcément plus savoureuse. Les scientifiques ont aussi veillé à garantir une teneur égale en sucres, glucides, lipides et fibres au sein des deux régimes.

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Une explication potentielle est que les aliments ultra-transformés pourraient affecter les hormones de la faim. Une analyse sanguine des sujets a mis en évidence un taux plus élevé d’hormone de satiété (PYY) et un taux plus faible de ghréline, une hormone qui stimule l’appétit, lorsqu’ils consommaient des aliments peu transformés.

En outre, les aliments industriels sont plus faciles à mâcher et à avaler, on les consomme donc plus rapidement. Et des études ont montré que les gens ont tendance à manger davantage lorsqu’ils mangent vite.

Réduire leur teneur en sucre ou en graisse ne suffit pas à limiter les risques

Néanmoins, ces travaux portent sur un nombre limité de personnes et une courte période. Il est donc difficile de savoir si ces conclusions s’appliquent à toute la population, et donc si l’alimentation ultra-transformée joue un rôle dans l’épidémie d’obésité qui sévit aujourd’hui.

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Ces chercheurs ont toutefois “montré que l’effet de la transformation allait au-delà des éléments nutritifs”, souligne Carlos Monteiro, épidémiologiste à l’université de Saõ Paulo (Brésil), qui a contribué à l’élaboration du système NOVA. Selon lui, reformuler ces aliments pour réduire leur teneur en sucre, en sel ou en gras - comme le tentent de nombreuses entreprises - n'éliminera pas leurs risques.

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