Cet homme a vécu toute sa vie avec un demi-cerveau

Publié le 15 Juillet 2019 à 17h49 par Pauline Capmas-Delarue, journaliste santé
Un russe de 60 ans a vécu toute sa vie avec seulement la moitié d’un cerveau… tout en étant en parfaite santé, et sans se douter de rien. C’est lors d’un scanner que les médecins ont découvert cette anomalie congénitale.
Istock

En pratiquant un scanner sur le cerveau d’un jeune retraité de soixante ans, des médecins russes sont tombés des nues : là où son hémisphère gauche était censé se trouver, il n’y avait que… du vide. Pourtant, cet homme a vécu toute sa vie de façon parfaitement normale.

Une anomalie qu’il porterait depuis le stade embryonnaire

Cet ancien ingénieur et soldat de l’Armée Rouge, père de deux enfants, a été admis à l’hôpital après un léger AVC. Jusqu’alors, il n’avait souffert d’aucun problème de santé majeur. “Les radiologistes ont effectué une tomographie de son crâne et sont restés perplexes pendant un certain temps. La partie du cerveau où la crise d'ischémie était supposée s'être produite n'était pas là du tout”, expliquent les médecins.

Ces derniers supposent que cette anomalie s’est développée lorsqu’il n’était qu’un embryon, conséquence possible du tabagisme de sa mère. Mais la technologie des années 1950 n’a pas permis de la détecter. À l'heure actuelle, les médecins auraient probablement conseillé une IVG, par prudence.

L’hémisphère droit du cerveau coordonne la partie gauche du corps. Il est aussi responsable des tâches créatives. L’hémisphère gauche, quant à lui, contrôle le côté droit du corps. Il est chargé des tâches liées à la logique, comme les sciences ou les mathématiques. Dans le cas de cet homme, les médecins estiment que son hémisphère droit aurait rempli toutes ces fonctions à la fois.

L’hémisphère droit a pris en charge toutes les fonctions de l’hémisphère gauche

S’il a été prouvé qu’il est possible de vivre avec une partie du cerveau en moins, cela fait normalement suite à une intervention chirurgicale. En effet, certaines pathologies - comme l’épilepsie - peuvent nécessiter une hémisphérectomie, c’est-à-dire l'ablation ou la déconnexion d’une moitié du cerveau, afin de stopper les crises liée à la maladie.

Il est, en revanche, beaucoup plus rare de rencontrer une personne ayant vécu depuis toujours avec un demi-cerveau. Le Dr Anikina, du Burnasyan Federal Medical Biophysical Centre, précise que “les scientifiques ont déjà rencontré des cas où des parties du cerveau ont disparu”. Mais “dans ce cas récent, nous nous trouvons dans une situation différente, où l’échec du développement du cerveau s’est produit à un stade précoce de la grossesse, éventuellement dans l’embryon”.

Ce problème de développement pourrait être dû à un épanchement de sang ou un autre événement de ce type, qui conduit généralement à une fausse couche. “Dans ce cas tout à fait unique, [la grossesse] s’est assez bien terminé”. Le spécialiste souligne qu’à ce stade de la grossesse, les fonctions du cerveau de l'embryon ne sont pas attribuées à telle ou telle partie. "Alors qu’une moitié était endommagée, la seconde a simplement pris la main sur toutes les fonctions".

“J’ai mené une vie normale, je ne me suis inquiété de rien”

De son côté, le patient n’a jamais soupçonné une quelconque anomalie dans son cerveau. “J’ai mené une vie normale, je ne me suis inquiété de rien”, a déclaré le retraité aux soignants. Ce dernier a mené de brillantes études, a servi dans l’armée soviétique puis a exercé son métier d’ingénieur dans une usine avant de prendre sa retraite.

Le retraité a rapidement récupéré après son AVC. En revanche, il a refusé la demande des médecins, qui souhaitaient réaliser d'autres tests sur son cerveau, et a tenu à conserver son anonymat. “Je ne veux pas de popularité”, a-t-il déclaré.

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mots-clés : Cerveau, Avc, Anomalie, Embryons