Zona ophtalmique : symptômes, contagion, traitements, causes

Certifié par nos experts médicaux MedisiteLe zona est une pathologie infectieuse causée par la réactivation du varicella-zoster virus (VZV), le virus responsable de la varicelle. Dans certains cas, il se développe sur le visage. On parle alors de zona ophtalmique. Le Pr Marc Labetoulle, chef du service d’ophtalmologie des Hôpitaux Universitaires Paris-Sud, vous dit l’essentiel.

Qu’est-ce qu’un zona ophtalmique ?

« Le zona ophtalmique est dû à la réactivation du virus varicelle-zona au niveau des ganglions nerveux responsables de la sensibilité du haut du visage », indique le Pr Marc Labetoulle, chef du service d’ophtalmologie des Hôpitaux Universitaires Paris-Sud, labellisé centre de référence national pour la prise en charge des kératites herpétiques et zostériennes récidivantes. 

Après l’épisode de varicelle dont l’éruption n’est pas toujours évidente à détecter, les virus varicelle-zona (VZV) se logent de manière définitive dans les ganglions des racines sensitives situées le long du rachis et dans le crâne. Ils sont alors qualifiés de « latents » (c’est-à-dire dormants). « N’avoir pas eu de manifestations visibles de la varicelle n’empêche pas d’avoir le zona », ajoute le spécialiste. Lorsque survient une défaillance de notre système immunitaire, souvent simplement due à l’âge, le virus VZV peut se réactiver sur le trajet d’un nerf. On parle alors de zona.

Photo : virus Varicelle-Zona au microscope

Photo : virus Varicelle-Zona au microscope© Creative Commons

Crédit : CDC/Dr. Erskine Palmer/B.G. Licence : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Varicella_(Chickenpox)_Virus_PHIL_1878_lores.jpg

Dans le cas du zona ophtalmique, il s’agit du nerf ophtalmique, qui est l'une des trois parties du nerf appelé « trijumeau ». Il se manifeste par l’apparition localisée de vésicules pleines de liquides et des douleurs au niveau du visage (front, ailes du nez, paupières et pommettes).

La manifestation oculaire du zona reste une affection relativement rare (le risque d’être atteint est d’environ 1 à 3 %), mais il ne faut pas la négliger car des complications ophtalmologiques sont retrouvées dans la moitié des cas. C’est la forme la plus grave de zona.

Quelle est sa fréquence ?

Le zona ophtalmique touche environ 30 000 individus par an, soit 3 % de la population. Cette forme spécifique représente environ 10 % de tous les zonas. « Compte tenu de la petite surface cutanée concernée, c’est un chiffre plutôt élevé », confie le médecin.

Quels sont les symptômes du zona ophtalmique ?

Le zona commence par des paresthésies, c’est-à-dire une sensation désagréable qui s’apparente à des démangeaisons, plus ou moins intenses, au niveau de la paupière, de l’aile du nez, du front et du haut de la joue.

Photo : Zona ophtalmique sur le côté gauche du visage

Photo : Zona ophtalmique sur le côté gauche du visage© Creative Commons

Crédit : CC StromBer - Licence : domaine public https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Herpes_Zoster_im_Augenbereich.JPG

Au bout de quelques jours, des petites vésicules, en bouquets, apparaissent dans la région du front, du scalp (racine des cheveux) et parfois des paupières « Le zona ophtalmique ne touche toujours qu’une seule moitié du visage », rappelle le Pr Labetoulle. Elles sont accompagnées de douleurs neuropathiques de forte intensité s’apparentant à une sensation de brûlure ou  de piqûre.

Une fièvre accompagne parfois ces symptômes ainsi qu'une grande fatigue.

Quelle sont les causes du zona ophtalmique ?

Comme tout zona, le zona ophtalmique est causé par la réactivation du virus VZV. Lorsque le système immunitaire s’affaiblit (du simple fait de l’âge, souvent), ce virus peut provoquer une réaction inflammatoire dans l’une des branches du nerf trijumeau, le nerf ophtalmique. Cela engendre l’éruption en grappes de vésicules prurigineuses (démangeaisons) au niveau d’une seule moitié du visage. Au passage, le virus détruit des microstructures nerveuses, provoquant alors des neuropathies douloureuses. « Mais, on ne sait pas pourquoi certaines personnes font un zona ophtalmique plutôt qu’un zona du dos, ou du thorax », précise l’ophtalmologiste.

Quels sont ses facteurs de risque ?

Il n’existe pas de facteurs de risque connu favorisant l’apparition d’un zona dans la région ophtalmique plutôt qu’une autre.

L’apparition de tout zona est liée à un affaiblissement du système immunitaire. Ce dernier peut être provoqué par :

  • l’âge (environ 65 ans) ;
  • de nombreuses maladies (dont le cancer, diabète, VIH ou même parfois grippe) ;
  • des traitements immunosuppresseurs (chimiothérapie).

Quelles sont les personnes à risque ?

La réactivation du virus peut concerner toute personne, quel que soit son âge ou son sexe.

Pour autant, la réactivation du zona est corrélée à une baisse des défenses immunitaires. Les personnes qui en sont les plus couramment victimes sont celles :

  • de plus de 50 ans : 50 % des zonas se déclenchent après cet âge ;
  • de plus de 80 ans : un octogénaire sur deux n’ayant jamais fait de zona risque d’en contracter un au cours du reste de sa vie.

En vieillissant, les personnes âgées subissent, en effet, un phénomène d’immunoscénescence - c’est-à-dire que la performance de leurs défenses naturelles baisse avec l’âge.

Combien de temps dure un zona ?

En l’absence de complications et surtout si l’infection est traitée dans les trois premiers jours suivant l’apparition des vésicules, la guérison peut survenir en quelques semaines :

  • En 15 à 30 jours : les boutons remplis de liquide se dessèchent ;
  • En trois à six semaines: les vésicules tombent sous la forme de croûtes.

Dans certains cas, les douleurs neuropathiques ne disparaissent pas en même temps que les vésicules. Elles peuvent durer des mois, voire des années. Elles sont appelées douleurs post-zostériennes ou post-zona. « On parle, par définition, d’une douleur post-zostérienne quand elle persiste plus de trois mois après le zona », explicite le médecin.

Est-ce que le zona ophtalmique est contagieux ?

Le zona n’est pas considéré comme une maladie notablement contagieuse, qu’il soit ophtalmique ou non. Pour autant, le liquide contenu dans les vésicules est, lui, contagieux puisqu’il contient des particules du virus varicelle-zona.  

Pendant la phase où les vésicules cutanées sont encore fraîches, une personne atteinte de zona peut donc transmettre le virus à une tierce personne qui n’en aurait jamais souffert, de manière manifeste ou non, au cours de sa vie.

Qui et quand consulter pour cette maladie ?

Le zona ophtalmique est la forme la plus dangereuse de zona car les complications y sont nombreuses, et globalement plus invalidantes.

Lorsque les vésicules apparaissent au niveau du visage, il est urgent de prendre rendez-vous chez son médecin traitant, voire chez un ophtalmologiste. « Les complications intra-oculaires ne sont pas forcément visibles pour les médecins qui ne disposent pas du matériel propre à un examen ophtalmologique. », indique le Pr Marc Labetoulle.

Quels sont les complications de cette pathologie ?

Le zona ophtalmique peut donner lieu à des complications propres à sa manifestation oculaire, mais également propre à la pathologie infectieuse en général. Les douleurs post-zostériennes sont d’ailleurs plus fréquentes après un zona ophtalmique que dans les autres localisations.

Les complications liées à l’atteinte du nerf ophtalmique :

« 30 à 40 % des zonas ophtalmiques donnent lieu à des complications oculaires », indique le spécialiste. Si un traitement précoce permet d’en diminuer grandement le risque (d’une facteur 2 à 3), il ne donne aucune garantie de les éviter.

Les principales complications du zona ophtalmique sont :

  • La kératite ; qui correspond à une inflammation de la cornée dont la forme compliquée évolue vers l’opacification, la perte de sensibilité, voire la perforation.
  • L‘uvéite (inflammation de l’uvée, qui comprend la choroïde, le corps ciliaire et l'iris), qui peut elle même se compliquer en glaucome – une maladie dégénérative associée à une pression intraoculaire augmentée.
  • Les atteintes de la rétine (rétinite) ou du nerf optique (névrite optique) sont possibles, mais exceptionnelles (sauf sur terrain très immunodéprimé).

Toutes ces complications peuvent entraîner une baisse de l’acuité visuelle du patient. « Cependant, les cas de cécité définitive sont rares », tempère le professeur.  

Les complications liées au zona :

À l’instar de la dermatose, le zona ophtalmique peut donner lieu à des névralgies post-zostériennes.

Ces douleurs persistantes sur le trajet du nerf trijumeau peuvent durer plusieurs mois, plusieurs années voire ne jamais cesser.

Violentes et parfois invalidantes, elles peuvent donner lieu à un inconfort quotidien significatif. La qualité de vie ainsi atteinte, les douleurs névralgiques peuvent être à l’origine d’un syndrome dépressif. Le recours à des antalgiques adaptés (par un médecin spécialisé dans la prise en charge des douleurs) peut rendre de très grands services.

Quels examens et analyses doivent être effectués ?

Le zona ophtalmique est une pathologie facilement reconnaissable. « Le diagnostic repose essentiellement sur l’examen clinique », confie l’ophtalmologiste.

Quels sont les traitements du zona ophtalmique ?

Généralement, le traitement du zona ophtalmique, comme du zona d'ailleurs, passe par l'administration orale d'un médicament antiviral afin de réduire la réplication du virus et de permettre au système immunitaire du patient de la maîtriser. En France, il s’agit généralement d’aciclovir, de valaciclovir ou de famciclovir.

Photo : Molécule d'Aciclovir

Photo : Molécule d'Aciclovir© Creative Commons

Photo : Aciclovir - Crédit : Dr.Biotox - Licence : Domaine public https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Acyclovir_3D.png

Pour un traitement optimal, ce dernier doit commencer au plus tard trois jours après l’apparition de vésicules. « Un traitement précoce permet de réduire les risques de complications oculaires », ajoute le spécialiste.

En parallèle, des médicaments analgésiques peuvent être prescrits de manière à soulager les douleurs ressenties. Cela peut aller du collyre anti-inflammatoire à un traitement antalgique par voie orale.

En cas de complications oculaires, un traitement complémentaire adapté à la pathologie peut également être préconisé. « La baisse de la vision n’est pas forcément définitive si elle prise en charge correctement », ajoute l’expert.

Peut-on prévenir le zona ophtalmique ?

Depuis plus d’une décennie, le Zostavax, un vaccin contre le zona, a obtenu l’autorisation de mise sur le marché français. Ce dernier réduit en moyenne de 50 % le risque de contracter la pathologie. Dans le cas où la réactivation du virus aurait tout de même lieu, il permet également de diminuer le risque de souffrir de douleurs post-zostériennes.

Pour l’heure, ce vaccin est uniquement à destination des plus de 65 ans en France. De 65 à 74 ans, il fait d’ailleurs l’objet d’un remboursement.

Doit-on se faire vacciner ?

La réponse du Pr Marc Labetoulle :

« Je le conseille fortement. Dans une large proportion, ces vaccins sont efficaces pour réduire le risque de zona. Pour l’instant, le Zostavax n’est proposé qu’aux patients qui sont déjà depuis quelques années dans l’âge critique. À l’avenir, il serait logique qu’il soit proposé de façon un peu plus précoce ». 

Sites d’informations et associations

L’association des ophtalmologistes du Québec – Informations sur la maladie

Source(s):

Le site de la Haute Autorité de la santé : https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2016-01/argumentaire_herpesviridae_popge.pdf [consulté le 18/02/20]

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