Maladie d’Alzheimer : une protéine à l’origine des caillots sanguins en cause ?

Des chercheurs américains ont découvert que le fibrinogène, une protéine qui joue un rôle dans la formation de caillots de sang, aurait également un lien avec le déclin cognitif observé dans la maladie d'Alzheimer. Une découverte qui aide à mieux comprendre l'origine de cette pathologie et pourrait être la clé de nouveaux traitements.

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Les mécanismes de la maladie d'Alzheimer, qui touche quelque 900 000 personnes en France, restent flous. Si l'on sait que le déclin cognitif induit résulte de la formation de plaques amyloïdes dans le cerveau, on sait également que les maladies cardiovasculaires constituent un facteur de risque, sans vraiment comprendre cette relation. Mais des chercheurs américains pourraient avoir trouvé l'explication : dans une étude publiée le 5 février 2019 dans la revue Neuron, ils expliquent que le fibrinogène, protéine qui joue un rôle dans la coagulation du sang, aurait un lien avec la mort des neurones.

Le fibrinogène peut fuire dans le cerveau et détruire les synapses

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Pour arriver à ce constat, l'équipe de chercheurs des Instituts Gladstone a utilisé une technique d'imagerie de pointe pour étudier les cerveaux de patients souffrant de la maladie d'Alzheimer mais également ceux de souris. Pour la première fois, des images 3D ont pu être réalisées. Celles-ci ont montré que le fibrinogène, que l'on trouve dans le sang, peut atteindre le cerveau et ensuite "activer les cellules immunitaires [de cet organe] de façon à ce qu'elles détruisent d'importantes connexions entre les neurones, explique un communiqué des Instituts Gladstone. Ces connexions, appelées synapses, sont essentielles à la communication des neurones entre eux."

Par ailleurs, les chercheurs ont pu remarquer qu'en bloquant l'activité du fibrinogène dans le cerveau des souris, cela leur fournissait une protection contre la perte de mémoire. "Nous avons découvert que des fuites de sang dans le cerveau pouvaient entraîner la suppression de connexions neuronales importantes pour la mémoire, explique Katerina Akassohlou, co-auteure de l'étude. Cela pourrait changer la manière dont nous considérons les causes et les traitements possibles du déclin cognitif dans la maladie d'Alzheimer et les autres pathologies neurologiques."

Maladie d'Alzheimer : vers des traitements ciblant les vaisseaux sanguins ?

Autre découverte importante : cette fuite de fibrinogène entraînait les mêmes effets sur les cerveaux d'individus sains, dépourvus de plaques amyloïdes, qui sont pourtant la cible privilégiée dans la recherche de traitements de la maladie d'Alzheimer. "Nos travaux identifient un autre coupable qui pourrait être responsable de la destruction des synapses", affirme Mario Merlini, directeur de l'étude, indépendamment des plaques amyloïdes.

"Au vue des données humaines montrant que les modifications vasculaires sont précoces et s'ajoutent aux plaques amyloïdes, la conclusion possible est que les modifications vasculaires devraient être ciblées par des thérapies différentes si nous voulons assurer une protection maximale contre la destruction des connections neuronales qui mène au déclin cognitif", ajoute Katerina Akassohlou, dans la maladie d'Alzheimer mais également les autres pathologies au cours desquelles la fonction cognitive est affectée.

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