L’herpès, un facteur de risque de la maladie d’Alzheimer ?

De récentes études semblent confirmer le lien entre herpès labial récurrent et développement de la maladie d'Alzheimer, soulevant ainsi l'hypothèse de l'usage des médicaments antiviraux pour prévenir les risques de démence.

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Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), "3,7 milliards de personnes de moins de 50 ans sont infectées par le HSV-1 (virus Herpes simplex)", virus responsable de l'herpès labial. Si l'on pensait cette infection bénigne, un récent bilan d'études paru le 19 octobre 2018 dans la revue Frontiers in Ageing Neuroscience semble indiquer le contraire, puisque les personnes souffrant de crises d'herpès récurrentes seraient plus à risque de contracter la maladie d'Alzheimer.

Maladie d'Alzheimer : les personnes souffrant d'herpès réccurent plus à risque

Si le lien entre ces deux pathologies ne semble pas évident à comprendre au début, les chercheurs viennent clarifier cela en expliquant que le virus de l'herpès repose sur le principe de latence et de réactivation : la personne infectée une fois le redeviendra plus facilement au cours de sa vie, car le virus reste en latence dans le système nerveux et peut se réactiver, particulièrement dans des situations de stress, de maladies... Ces poussées d'herpès récurrentes, qui entrainent à chaque fois une réaction inflammatoire, seraient typiques chez certaines personnes : "Notre théorie est que chez les porteurs du gène APOE-ε4 (facteur de risque de la maladie d'Alzheimer, NDLR), la réactivation est plus fréquente et plus dangereuse pour les cellules cérébrales infectées par le HSV-1, ce qui accumule les endommagements et mène au développement de la maladie d'Alzheimer", explique le professeur Ruth Itzhaki, auteure du papier.

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Les médicaments antiviraux, efficaces contre l'herpès mais également Alzheimer ?

Et selon elle, les médicaments antiviraux prescrits pour lutter contre l'herpès seraient également la clé pour prévenir Alzheimer. L'une de ses études précédentes affirmait en effet que le HSV-1 entrainait des dépôts de protéines dans les neurones, comme dans le cas de la maladie d'Alzheimer. Les médicaments antiviraux empêcheraient ce phénomène. A Taïwan, cette théorie semble confirmée puisqu'une étude portant sur la population taïwanaise révèle que "le risque de démence sénile est beaucoup plus important chez ceux qui sont infectés par le HSV, et que les traitements antiviraux contre l'herpès entrainent une baisse significative du nombre des sujets sévèrement infectés par le HSV-1 qui développent plus tard une démence".

Si ces ovbservations ne concernent que les formes sévères de HSV-1 qui sont plutôt rares, "étant donné que plus de 150 publications soutiennent fortement l'hypothèse que le HSV-1 a un rôle dans la maladie d'Alzheimer, les résultats de ces études taïwanaises justifient grandement l'usage des antiviraux contre l'herpès, qui sont sans danger et bien tolérés, pour traiter la maladie d'Alzheimer", affirme le Pr Itzhaki. Un vaccin contre le HSV-1 pourrait également être développé et serait, selon elle, "probablement le traitement le plus efficace" contre l'herpès mais également la maladie d'Alzheimer, qui touche quelque 850 000 personnes rien qu'en France.

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