La maladie d’Alzheimer pourrait s’attraper à cause de certains instruments médicaux

Publié le 18 Décembre 2018 à 14h12 par Morgane Garnier, Journaliste Santé
Une récente étude anglaise a démontré un lien entre la survenue de la maladie d'Alzheimer et l'utilisation d'instruments médicaux en neurochirugie. Ces derniers pourraient être contaminés par des protéines bêta-amyloïdes, caractéristiques de la pathologie. 

La maladie d'Alzheimer, une pathologie contagieuse ? C'est ce que semblent suggérer des neuroscientifiques britanniques qui expliquent que des protéines que l'on retrouve typiquement dans le cerveau des personnes touchées par la maladie d'Alzheimer pourraient être transmises par le biais d'instruments médicaux utilisés lors d'opérations chirurgicales.

La protéine à l'origine de la maladie d'Alzheimer pourrait être transmise d'homme à homme

L'étude, publiée le 13 décembre 2018 dans la revue Nature, s'inscrit dans la continuité des résultats d'une autre recherche menée à ce sujet en 2015. A l'époque, une équipe de chercheurs s'était penchée sur des patients décédés de la maladie de Creutzfeldt-Jakob, une affection du système nerveux central due à un prion (protéine qui a muté). Ils avaient tous contracté cette pathologie après avoir reçu des hormones de croissance humaines (utilisées dans le traitement de l'insuffisance rénale notamment ; aujourd'hui, on les trouve sous forme synthétique) provenant de cadavres et contaminées par des prions. Les chercheurs avaient alors remarqué une quantité anormale de protéines bêta-amyloïdes dans le cerveau des malades, facteur de risque connu de la maladie d'Alzheimer.

La nouvelle équipe de chercheurs a donc voulu aller plus loin en testant l'hypothèse selon laquelle ces protéines pouvaient être transmises via des hormones contaminées. Ils ont donc injecté ces hormones, dont des échantillons avaient été conservés, directement dans le cerveau de souris. Résultat : les souris ont elles aussi développé des quantités anormales de bêta-amyloïdes.

Maladie d'Alzheimer : les instruments chirurgicaux devraient être mieux nettoyés pour éviter tout risque de contamination

Si les animaux n'ont pour autant pas contracté la maladie d'Alzheimer, l'étude alerte toutefois sur la possibilité de contamination via des instruments médicaux, notamment ceux utilisés en neurochirurgie. En effet, les chercheurs expliquent que "la protéine est collante et s'accroche solidement aux matériaux des instruments médicaux, et résiste donc aux méthodes habituelles de décontamination". Si le risque de développer la maladie après une intervention chirurgicale semble minime, John Collinge, auteur de l'étude, affirme qu'il doit être pris en considération : "Nous devrions conduire des études épidémiologiques pour voir s'il existe un quelconque lien entre ces interventions et la maladie d'Alzheimer. Nous pouvons aussi penser à de meilleurs moyens de décontaminer les instruments chirurgicaux pour éliminer ce risque."

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