Dry January : arrêter l’alcool réduit la fibrillation auriculaire

Réduire sa consommation d’alcool ou s’abstenir d’en boire réduit considérablement les troubles du rythme cardiaque, selon une étude australienne. Une info qui tombe à pic, alors que l’opération du “mois sans alcool” vient de démarrer.
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Pour certaines personnes, le passage en 2020 marque aussi le début du “Dry January” - ou mois sans alcool. Une abstinence qui pourrait avoir plus d’effets positifs que vous ne l’auriez imaginé. Une nouvelle étude australienne, publiée dans le New England Journal of Medicine, révèle qu’arrêter la boisson réduit considérablement le nombre d’épisodes de troubles du rythme cardiaque.

Boire moins d’alcool réduit de 20 % l'occurrence de l’arythmie cardiaque

Un essai prospectif, randomisé et contrôlé a été mené dans six hôpitaux australiens. 140 volontaires ont été suivis sur une période de six mois. Les chercheurs les ont divisés en deux : un groupe abstinent, dont les membres ont réduit leur consommation d'alcool de 87,5 % - pour arriver à 2 verres par semaine en moyenne ; et un groupe témoin, buvant environ 13 verres par semaine.

Après une période de deux semaines, des épisodes de fibrillation auriculaire sont réapparus chez 73 % des personnes du groupe témoin. Ce taux est tombé à 53 % dans le groupe abstinent, pour qui il a fallu également plus de temps avant qu’un autre trouble du rythme se produise.

L’alcool est un véritable facteur de risque de fibrillation auriculaire

“Ce que montre cette étude, c’est l’impact potentiel de la réduction de l’alcool ou de l’abstinence chez les personnes qui souffrent de problèmes du rythme cardiaque”, a indiqué le Dr Peter Kistler, co-auteur de l’étude, à l’agence de presse Reuters. “Les personnes qui présentent des symptômes de fibrillation atriale et qui boivent dix verres par semaine devraient être incitées à s’abstenir ou à réduire leur consommation d’alcool”.

L’alcool est non seulement un marqueur de risque accru de fibrillation auriculaire (comme ont pu le montrer de précédentes études observationnelles), mais il semble être aussi un véritable facteur de risque de ce trouble”, précise le Dr Renato Lopes, professeur de médecine à la Duke University Medical Center in Durham (Caroline du Nord), qui n’a pas participé à l’étude. “Car si nous le “traitons” (dans ce cas, en arrêtant de boire), nous observons une réduction significative du poids et de la récurrence de la fibrillation atriale”.

L’abstinence comme traitement des troubles du rythme cardiaque

L’abstinence comme traitement des troubles du rythme cardiaque© Creative Commons

© CC / BruceBlaus - Licence : https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0/deed.en

Trouble cardiaque le plus fréquent, la fibrillation auriculaire se caractérise par une fréquence cardiaque irrégulière. Elle entraîne des symptômes tels qu’une fatigue, un essoufflement et des palpitations. C’est aussi l’une des principales causes d’accident vasculaire cérébral : elle multiplie le risque d’AVC par cinq.

Pour la traiter, et donc rétablir un rythme cardiaque normal, les médecins tentent d’abord de réguler la pression artérielle, et d’agir sur les potentiels autres facteurs à l’origine de la fibrillation. La prise de médicaments ou encore la cardioversion (un léger choc électrique délivré au cœur) font aussi partie des techniques permettant de traiter ce trouble.

Pour la Dre Anne Gillis, auteure d’un éditorial accompagnant l’étude, ces travaux présentent “un argument convaincant en faveur de l’abstinence d’alcool, dans le cadre du traitement de la fibrillation auriculaire”. Elle reconnaît toutefois que “pour de nombreuses personnes atteintes de troubles du rythme cardiaque, l’abstinence totale peut être un objectif difficile à atteindre”.

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Source(s):

Alcohol Abstinence in Drinkers with Atrial Fibrillation, The New England Journal of Medicine, 2 janvier 2020.