7 millions de Français prennent ce médicament qui augmente le risque d'AVC chez les plus de 65 ans selon une nouvelle étude
Environ sept millions de personnes en France consomment des antidépresseurs. Bien que ces traitements soulagent de nombreux patients lors d'épisodes aigus, une consommation chronique s'installe souvent de manière insidieuse. Cette dépendance médicale dépasse largement les recommandations habituelles, qui préconisent une utilisation sur des périodes bien définies, et soulève aujourd'hui de vives inquiétudes dans la communauté médicale.
Une expertise remet en cause l'usage prolongé
Une analyse approfondie publiée dans la revue Australian Journal of General Practice ce début juin 2026 s'attaque à la prescription chronique de ces psychotropes. Les auteurs de l'étude évaluent rigoureusement les preuves cliniques qui justifient la poursuite des traitements dépassant douze mois. Ils constatent que l'usage prolongé repose sur des bases scientifiques fragiles.
En France, la situation s'avère particulièrement marquante avec une proportion très élevée de la population sous traitement constant. L'objectif de cette expertise internationale consiste donc à alerter les professionnels de santé sur la nécessité absolue de peser systématiquement les bénéfices et les risques avant de renouveler ces ordonnances pendant des années.
Risque d'AVC et de chutes après 65 ans
Chez les patients âgés, la prise d'antidépresseurs prolongée engendre des dommages physiques avérés. Les chercheurs soulignent une augmentation significative des maladies cardiaques, des cataractes et surtout des accidents vasculaires cérébraux (AVC). Par ailleurs, les effets sédatifs et les baisses brutales de tension lors du passage à la position debout altèrent la sécurité quotidienne des seniors et peuvent augmenter le risque de chutes et de fractures.
Les données observationnelles rapportent également selon cette étude une augmentation du risque de décès de 3 % à 4 % par an chez les personnes âgées traitées au long cours. Les effets indésirables ne se limitent pas à la sphère cardiovasculaire ou locomotrice. Les troubles sexuels affectent entre 50 % et 80 % des utilisateurs, tandis qu'un engourdissement émotionnel persistant perturbe fortement leurs relations sociales et affectives.
Les essais cliniques antérieurs faussés par le sevrage ?
L'efficacité du maintien sous antidépresseur pendant plusieurs mois s'appuie fréquemment sur des essais cliniques biaisés, nous apprend encore cette étude. De nombreux travaux arrêtent les médicaments trop rapidement et confondent alors les symptômes liés au sevrage de l'organisme, comme l'insomnie et une anxiété sévère, avec une véritable rechute dépressive. Les auteurs comparent ce mécanisme à l'arrêt de la cigarette : évaluer l'irritabilité d'un fumeur privé de nicotine pour affirmer que le tabac calme relève d'une erreur d'interprétation.
L'analyse d'études de référence, souvent citées pour justifier le maintien des prescriptions, démontre des failles similaires liées à une interruption trop soudaine. Les chercheurs déconstruisent également la théorie du déséquilibre chimique. Aucun déficit biologique en sérotonine n'a jamais été formellement prouvé dans l'apparition de la dépression. Pourtant, cette explication simpliste continue de convaincre patients et soignants, freinant considérablement l'arrêt des pilules.
Comment sécuriser l'arrêt du traitement ?
Face à ces constats, une réévaluation médicale régulière quand on est sous antidépresseurs fait sens. Les chercheurs prennent exemple sur le système de santé britannique qui recommande par exemple un bilan exhaustif tous les six mois pour discuter d'une éventuelle suspension. Pour prévenir les syndromes de sevrage qui frappent sévèrement environ 15 % des utilisateurs chroniques, la diminution des doses doit être très progressive et s'accompagner d'un véritable soutien psychologique et pratique. Ces spécialistes recommandent en priorité la thérapie cognitivo-comportementale (TCC), l'apprentissage de techniques ciblées de résolution de problèmes, ainsi que des modifications durables du mode de vie incluant l'exercice physique régulier et une alimentation équilibrée.