Un chirurgien implante des organes infectés et tue un patient

Une histoire digne d’une horrible fiction. Un chirurgien a implanté plusieurs patients avec des organes infectés. L’un d’entre eux, âgé de 36 ans, a perdu la vie.
Dons d’organes : un chirurgien implante des organes infectés et tue un patient Istock

Les faits remontent à l’année 2015 et se sont déroulés aux NHS Foundation Trust du Oxford Universtity Hospital (Pays de Galles). Un chirurgien a provoqué la mort d’un patient de 36 ans, en attente d’organes. Un anévrisme causé par une infection du foie provenant d’un donneur a conduit au décès.

En réalité, le médecin a "coupé" accidentellement l’estomac du donneur. Plusieurs de ses organes ont été infectés par Candida albicans, un type d’infection fongique. Malgré cette maladresse, le chirurgien a implanté les organes infectés dans trois patients receveurs. Ce dernier a choisi de garder le silence et l’incident n’a ainsi jamais été enregistré, relate Metro.

Si le premier patient est décédé, le second, âgé de 25 ans, es tombé gravement malade et s’est vu obligé de renoncer à son rein transplanté. Il a souffert de saignements abondants.

Quant au troisième patient, il a subi une greffe de reins et de pancréas. Il a également été infecté, mais est parvenu à récupérer. L’incident a été dévoilé au grand jour lorsque des chirurgiens du Conseil de la santé de l’Université de Cardiff & Vale ont découvert le poteau rose. Ils ont alerté les autorités médicales.

Le médecin ne se souvenait de "rien d’important pendant l’opération"

Le second patient était hospitalisé à l’hôpital universitaire du Pays de Galles pour une greffe de rein. Après l’intervention, il a subi des douleurs extrêmes et des saignements abondants. Le patient a dû subir l’ablation du rein qu’il venait de recevoir. Il a ensuite été placé dans un coma et s’est vu administrer 16 transfusions sanguines. Il a alors dû s’infliger un an de dialyse, alors qu’il n’en a jamais eu besoin avant la greffe.

Mais toutes ces complications ne sont pas dues au hasard. Le chirurgien, chargé de l’opération, a malencontreusement entaillé l’estomac du donneur, provoquant une infection fongique dans l’ensemble de ses organes : Candida albicans. Malgré tout, il a implanté les organes infectés aux receveurs.

Le NHS Blood and Transplant a rapport dans un rapport d’incident grave que le chirurgien déclarait "ne se souvenir de rien d’important pendant l’opération". Toutefois, "après réflexion", il a quand même admis qu’une "petite blessure" avait été causée à l’estomac du donneur au cours de l’intervention.

Le second patient souffre désormais de séquelles graves

Par la suite, le médecin a aussi révélé se souvenir qu’un "petit volume stomacal avait été versé". Le NHS Foundation Trust, où le chirurgien est toujours employé a été poursuivi en justice et a dû verser 215 000 £ [environ 250 000 euros] aux victimes.

Les avocats des patients ont accusé le chirurgien d’imprudence. "Cela ne peut être excusé, clame Jodi Newton, l’avocat d’un des patients. Le patient a des séquelles qui entravent sa vie, notamment des lésions nerveuses liées à l’ablation du rein infecté, des douleurs aux jambes et aux pieds et une hypertension artérielle".

"Ce qui me fâche aujourd’hui, c’est que le chirurgien qui a prélevé les organes du donneur n’était pas honnête. Ce n’est que lorsque les patients sont tombés malades que la vérité a été dite", poursuit-il.

Candida albicans réside dans le système digestif de tous les individus

L’infection des organes greffée est survenue lors de la "coupure" de l’estomac du donneur. "Candida réside dans le système digestif de tous les individus et est généralement inoffensif, explique le NHS. Si un chirurgien récupère des organes abdominaux, en particulier le pancréas, il est possible que les organes qui seront transplantés se propagent. Parfois, le patient s’en sort indemne, mais ce n’est pas toujours le cas".

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