Alzheimer : votre façon de marcher peut prédire le risque

Une étude établit un lien entre la vitesse de marche et le risque de développer la démence. Un rythme lent serait un symptôme précoce de la maladie d'Alzheimer.
Alzheimer : votre façon de marcher peut prédire le risque

Un rythme de marche lent chez les personnes âgées pourrait prédire la survenue d'Alzheimer, selon une nouvelle étude. La façon dont les gens marchent indique à quel point leur cerveau et leur corps vieillissent, estiment des chercheurs. Leur étude a été rendue publique fin septembre au sein du Journal of Alzheimer's Disease (JAD).

Selon les scientifiques les troubles de la marche, en particulier le ralentissement, devraient être considérés comme un indicateur du déclin cognitif futur. Ces derniers proposent de tester les performances motrices et cognitives chez les personnes âgées présentant de légers troubles cognitifs.

"L'accent est mis sur l'importance d'évaluer la performance motrice et cognitive pour prédire la perte de fonction cognitive", a expliqué Manuel Montero-Odasso, MD, Ph.D., du département de médecine et épidémiologie (École de médecine Schulich, Université de Western Ontario).

Une marche lente indique un risque multiplié par 7

"Au cours des deux dernières décennies, de vastes études épidémiologiques ont montré que des troubles de la marche, en particulier un ralentissement, pouvaient être présents aux stades précoces de la démence", poursuit Manuel Montero-Odasso.

Les personnes souffrant de troubles cognitifs et de démence sont, selon le chercheur, sujets aux chutes. Ce qui explique la tendance à une marche lente, constatée chez ces patients.

Un test de la marche pourrait permettre de détecter les patients à risque. "Nous pensons que le simple test de la marche devrait faire partie de l'évaluation clinique de routine des personnes âgées atteintes de troubles cognitifs", estime de son côté George Perry, rédacteur en chef du JAD, professeur de biologie, chercheur en neurobiologie (Université du Texas à San Antonio, États-Unis).

Les personnes âgées atteintes d'une déficience cognitive modérée présentent une marche ralentie de plus de 20%. Cette particularité indique un risque multiplié par 7 de développer une Maladie d'Alzheimer dans les cinq ans, selon l'étude.

La vitesse de la marche, indicateur de la quantité d'amyloïde

Des chercheurs du Centre d'excellence Maladies Neurodégénératives de Toulouse avaient déjà découvert en 2015 que dans certains cas, la marche lente pouvait prédire la maladie d'Alzheimer. La vitesse à laquelle les seniors se déplacent serait un indicateur de la quantité d'une protéine produite par le cerveau, appelée "amyloïde", expliquait leur étude parue dans la revue Neurology. L'accumulation de plaques amyloïdes est impliquée dans la survenue des maladies neurodégénératives comme la maladie d'Alzheimer.

Pour en venir à cette conclusion, les chercheurs avaient réuni 128 personnes âgées de 76 ans en moyenne. L'ensemble de ces patients présentait un risque élevé de développer une démence car ils faisaient part de troubles de la mémoire.

48% des participants présentaient un niveau d'amyloïde important

Les participants à l'étude ont passé un PET scan (positron emission tomography), une méthode d'imagerie médicale, de leur cerveau pour y mesurer le taux de plaques amyloïdes, dont l’accumulation progressive dans les neurones est associée à un risque de démence, notamment Alzheimer.

Parmi les participants, 48% d'entre eux présentaient un niveau d'amyloïde important. Ils ont également été testés sur leur capacité cognitive et un total de 46% présentaient une déficience cognitive légère, un possible facteur de la maladie d'Alzheimer.

Enfin, un troisième test a été réalisé, pendant lequel il était question de déterminer à quelle vitesse ils marchaient sur quatre mètres. L'allure moyenne était de un mètre par seconde, excepté pour deux personnes, qui marchaient plus lentement, soit en dessous de la moyenne.

Les troubles de marche détectables avant l'apparition des signes cliniques

Cette association entre marche lente et amyloïde trouve sa réponse dans le putamen, une partie du cerveau impliquée dans la fonction motrice qui peut être touchée par la propagation de la protéine. Les chercheurs ont constaté une différence du niveau d'amyloïde entre une marche rapide et lente pouvant atteindre 9 %. Un lien de cause à effet qui n'a pas changé même lorsque d'autres facteurs comme l'âge, le niveau d'éducation ou la quantité de problèmes de mémoire ont été pris en compte.

"Avoir des troubles de la marche peut signaler la maladie d'Alzheimer avant même que les patients présentent des symptômes cliniques", avait déclaré la principale auteure de l'étude, Natalia del Campo.

Cet article vous a intéressé ?

Recevez encore plus d'infos santé, en vous abonnant à la quotidienne de Medisite.

Votre adresse mail est collectée par Medisite.fr pour vous permettre de recevoir nos actualités. En savoir plus.

Vidéo : La maladie d'Alzheimer