Une majorité des shampoings lissants contiendrait des produits toxiques

Publié le 27 Avril 2018 par Laurène Levy, journaliste santé
Les shampoings et soins capillaires à action lissante concentrent des dizaines de composés toxiques considérés comme perturbateurs endocriniens, cancérigènes ou suspectés de favoriser le développement de l’asthme. Explications.

© Adobe StockSi vous avez des cheveux très frisés ou crépus, vous utilisez peut-être des shampoings ou des soins lissants. Des chercheurs spécialisés en sciences environnementales à l’Institut Silent Spring (Newton, Etats-Unis) montrent que les produits capillaires fabriqués à destination notamment des femmes noires contiennent des dizaines de produits chimiques toxiques et potentiellement cancérigènes. Ils publient leur étude dans le journal Environmental Research.

Perturbateurs endocriniens et composés favorisant l’asthme

Les chercheurs ont sélectionné 18 produits capillaires lissants vendus aux Etats-Unis et principalement utilisés par des femmes noires : soins capillaires à l’huile chaude, soins anti-frisottis/brillance, après-shampoing sans rinçage, stimulateurs de racines, lotions capillaires et soins défrisants. Dans tous ces produits, ils ont cherché la présence de 66 composés chimiques toxiques ou potentiellement cancérigènes tels que des filtres ultra-violets, des cyclosiloxanes, des éthers de glycol, des parfums, des alkyphénols, des éthanolamines, des composés antimicrobiens, du bisphénol A, des phtalates et des parabènes. Résultat : les produits testés contenaient une totalité de 45 composés suspectés d’être des perturbateurs endocriniens ou de jouer un rôle dans le développement de l’asthme. 78% des produits testés contenaient du paraben, 78% également renfermaient du phtalate de diéthyle et 67% des cyclosiloxanes. Pire, les produits lissants pour enfants contenaient composés chimiques visés par la Proposition 65 de Californie, une réglementation qui liste plus de 800 substances chimiques "dont les effets cancérigènes ou la toxicité pour la reproduction sont reconnus par l’État de Californie" ou même interdits par la Réglementation des produits cosmétiques de l’Union Européenne.

Réglementation et transparence pour la composition des cosmétiques

Avec cette étude, les chercheurs tirent la sonnette d’alarme sur les dangers potentiels des produits cosmétiques pour la santé. "Les produits chimiques dans les produits capillaires, et dans les produits de beauté en général, ne sont généralement pas testés et échappent largement à toute réglementation" déplore en effet la docteure Jessica Helm, co-auteure de l’étude citée dans un communiqué de l’Institut Silent Spring. Les scientifiques mettent ici particulièrement l’accent sur les produits capillaires destinés aux femmes et aux enfants noirs, et pour cause : "selon les données nationales de biosurveillance des centres américains de contrôle et de prévention des maladies, les femmes noires ont des niveaux plus élevés de phtalates et de parabens dans leur corps que les femmes blanches. Selon les chercheurs, cela est cohérent avec les résultats de leur étude, qui ont montré que les phtalates et les parabens étaient fréquemment détectés dans les produits" souligne l’institut Silent Spring dans son communiqué. Prochaine étape : exiger des industriels qu’ils inscrivent de façon transparente la composition des produits cosmétiques, afin que chacun et chacune puisse faire des choix éclairés au supermarché.

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