Un médecin radié parce qu’il soignait le cancer avec du radis noir

Publié le 24 Octobre 2017 à 15h01 par Chloé Parisse, journaliste santé
Un médecin homéopathe des Alpes-Maritimes a été radié par le Conseil de l’Ordre des médecins pour avoir prodiguer des soins uniquement phytotherapeuthiques à une patiente atteinte d’un cancer du sein.

© Adobe StockUn médecin a traité la tumeur au sein d'une patiente à coup de prescriptions homéopathiques assez étranges. Ce manquement lui a valu une radiation de deux ans par le Conseil de l'Ordre des médecins.

Des injections de gui dans le sein

Le médecin homéopathe exerçant dans le sud-est de la France a été radié pour une durée de 2 ans depuis le 1er aout 2016, rapporte le journal Le Parisien. Les professionnels de santé reprochent au médecin de n’avoir prescrit aucun examen et de n’avoir contacté aucun hôpital de la région malgré le cancer du sein de sa patiente. Au contraire, le docteur a préféré prescrire des traitements homéopathiques à base de radis noir, de chardon marie, de noyer ou d’arnica. Plus étonnant encore, on lui reproche d’avoir administré une trentaine d’injections de gui dans le sein de sa patiente, autour de la tumeur.

Non-respect des obligations déontologiques

En septembre 2012, la famille de la victime a souhaité emmener le médecin devant la justice en portant plainte, six mois avant que la souffrante ne succombe à sa maladie en mars 2013. L’Ordre a estimé que l’homme a fait preuve de manquements graves : "Il lui a ainsi laissé croire que ce traitement pouvait avoir un impact sur l'évolution même du cancer, la confortant ainsi dans sa conviction de pouvoir échapper au traitement classique". Le médecin s’est défendu en avançant cet argument : "Mme F. avait connaissance des limites de la médecine que je pratique, je n'ai jamais pu promettre à la patiente la guérison, je ne lui ai pas proposé de remèdes illusoires" rapporte le Parisien. Même si ses différents traitements à base de plantes comportaient la mention "à visée oncologique", les membres de l'Ordre ont estimé que le docteur avait "gravement compromis la santé de sa patiente".

Une médecine complémentaire

Les médecines douces, naturelles, parallèles, alternatives renforcent l’organisme dans son activité naturelle afin de résister aux maladies et aux toxines. Auparavant, certains membres de la communauté médicale ont vu la montée de l’intérêt pour les médecines douces avec une certaine méfiance, dû à un manque de statistiques et de preuves concrètes. Mais avec le temps et des études scientifiques sur certains de ces traitements, les oppositions entre médecines traditionnelles et alternatives ne sont plus aussi aiguës que naguère. Ces dernières peuvent devenir des compléments de la première. Le président du Conseil de l’Ordre des Médecins a même déclaré que "les médecines douces peuvent être intéressantes à condition d’en expurger le charlatanisme. Nous devons nous incliner devant les faits si on nous montre l’efficacité d’une méthode, et même si cette efficacité n’est ni comprise ni expliquée".

Vidéo : Cancer du sein : quels sont les vrais symptômes ?

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