Sida : crainte d’un regain de l’épidémie face au manque de financement

Publié le 24 Juillet 2018 par Morgane Garnier, Journaliste Santé
En pleine conférence internationale sur le Sida qui se déroule du 23 au 27 juillet 2018 à Amsterdam, des chercheurs ont tiré la sonnette d'alarme sur l'éventuelle recrudescence de la maladie, faute de moyens financiers.
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© IstockLe virus du sida est régulièrement au centre des préoccupations des gouvernements. Ces derniers temps, les affiches informant la population de l'intérêt et de la pertinence de la PrEP, un système de prévention médicamenteuse contre la maladie, sont placardées dans tous les recoins des stations de métro parisiennes. Pourtant, les moyens financiers manquent pour lutter contre la maladie, ce qui déboucherait à terme sur un regain de l'épidémie. C'est ce qu'ont conclu certains chercheurs lors de la conférence internationale sur le sida, qui se déroule du 23 au 27 juillet 2018 à Amsterdam aux Pays-Bas.

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Des efforts dont les retombées sont à double tranchant

Bien que les chiffres concernant l'infection par le VIH semblent positifs - la mortalité liée au sida est passée sous la barre du million en 2017 (940 000 décès) et de plus en plus de malades ont accès au traitement antirétroviral -, les experts scientifiques craignent un relâchement des efforts au niveau de la prévention et de la lutte contre le virus : "L’épidémie du VIH n’est pas près de se terminer et le discours dominant, qui a consisté à faire de la fin du sida une réalité, […] peut avoir affaibli la détermination mondiale à lutter contre le VIH", expliquent-ils.

En effet, l'Organisation des Nations Unies avait indiqué vouloir éradiquer le virus du sida d'ici 2030. Un objectif ambitieux qui nécessite toujours plus d'argent : si en 2017 environ 17 milliards d'euros ont servi à des programmes de lutte contre le sida, l'ONUSIDA estime qu'il en faudrait sept de plus chaque année pour atteindre le but visé.

Le sida face à une "crise de la prévention"

Certains n'hésitent d'ailleurs pas à parler d'une véritable "crise de la prévention", comme Michel Sidibé, le patron malien de l'ONUSIDA, qui estime que "nous nous endormons sur nos lauriers". Il a également tenu à rappeler qu’"au moins 44 pays dépendent à 75 % de l’aide internationale pour combattre l’épidémie". Ceux d'Afrique ainsi que certaines populations marginalisées telles que les homosexuels, les toxicomanes et les travailleurs du sexe sont les plus touchés. Bruno Spire, directeur de recherche à l'Inserm, estime à ce propos que "n ous ne parviendrons pas à vaincre l’épidémie mondiale tant que l’on ne financera pas l’accès aux soins et à la prévention de ces populations clés."

mots-clés : Vih, Virus vih, Sida
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