Sclérose en plaques : une molécule liée à la testostérone capable de faire disparaître les symptômes

Publié le 30 Janvier 2018 à 10h40 par Aurélie Blaize, journaliste santé
Les hommes sont moins touchés que les femmes par la sclérose en plaques. Une découverte de chercheurs américains montre que cela pourrait venir de leur quantité de testostérone. Une molécule induite par l'hormone pour les en protéger.

© Adobe StockLes femmes sont plus touchées que les hommes par les maladies auto-immunes, dont la sclérose en plaques. Des chercheurs de l'Université de Northwestern, aux Etats-Unis, ont certainement découvert pourquoi. Cela viendrait de leur niveau de testostérone. Plus précisément d'une molécule protectrice induite par la testostérone. Les hommes qui ont naturellement davantage de testostérone sont ainsi plus à l'abri.

Des résultats qui pourraient conduire à de nouveaux traitements

Dans les faits, les scientifiques ont analysé des souris femelles atteintes d'une forme équivalente de sclérose en plaques et qui ont reçu une molécule appelée "IL-33" ou "Interleukine 33". Ils ont constaté que l'IL-33 "limitait le développement d'une réponse immunitaire destructrice chez les mâles". "La base cellulaire et moléculaire des maladies auto-immunes (...) telle que la sclérose en plaques (MS), reste peu claire" ont rappelé les chercheurs. "Nos études révèlent que les différences déterminées sexuellement dans l'expression de l'IL-33 par des cellules immunitaires régulent la susceptibilité à la maladie." Sans l'IL-33, les femelles étaient plus à risque de développer la maladie. Ce qui pouvait ensuite être inversé par un traitement avec ladite molécule. Les symptômes neurologiques des souris étaient atténuées après sa prise. "Les mastocytes* sont une source d'IL-33 et nous apportons la preuve que la testostérone induit directement l'expression du gène IL-33 et exerce également des effets sur le potentiel d'expression du gène Il33 lors du développement des mastocytes" ont précisé les auteurs. Cette découverte est majeure dans le traitement de la sclérose en plaques et pourrait "conduire à un nouveau type de traitement, via l'interleukine IL-33 ou les voies qu'elle stimule, et dont nous avons grandement besoin".

Les cellules immunitaires attaquent la myéline du cerveau

La sclérose en plaques (SEP) est une maladie inflammatoire du système nerveux central. Elle se caractérise par la perte de myeline (gaine des fibres nerveuses) à certains endroits du cerveau (plaques). L e système immunitaire attaquerait la myeline, perçue comme un corps étranger. Comme les fibres prolongeant les cellules du système nerveux perdent la myeline, elles ne peuvent plus conduire normalement l'influx nerveux. Les conséquences de ce dysfonctionnement se manifestent la plupart du temps par des poussées de courte durée puis une régression. Les atteintes de la maladie portent sur les fonctions sensitives (fourmillements...), motrices (paralysie momentanée d'un membre), visuelles (vision floue, baisse brutale de l'acuité d'un oeil), sexuelles (impuissance...), de l'humeur (état dépressif). Il peut aussi y avoir des troubles de l'équilibre et de la continence. Certaines formes de la maladie, plus rares, peuvent débuter par des troubles cognitifs (mémoire, attention...).

*cellules qui participent aux défenses immunitaires de l'organisme

Vidéo : La sclérose en plaques

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