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Une personne sur cinq serait une cible privilégiée pour les moustiques. Or, contrairement aux idées reçues, se faire piquer par ces insectes n’est pas vraiment une question de "peau". C’est davantage un ensemble de mécanismes physiologiques. La transpiration, la composition du sang ou encore la consommation d'alcool donnent ainsi envie davantage au moustique de venir vous piquer.

Piqûre de moustique : gare au dioxyde de carbone !

À l'heure où il est agréable de manger dehors et de dormir les fenêtres ouvertes, une question revient : comment se fait-il que certains se fassent systématiquement piquer par des moustiques, tandis que d'autres semblent y échapper ?

Première explication : le dioxyde de carbone, que nous expirons par la bouche. Les moustiques en sont friands et ils peuvent le détecter jusqu'à 10 mètres de distance.

En 2013, une étude de la revue Cell a confirmé que certains moustiques possédaient effectivement un récepteur leur permettant de détecter le dioxyde de carbone à distance.

C'est pour cette raison que les femmes enceintes se font plus piquer : elles dégagent jusqu'à 20 % de CO₂ de plus que les autres. Les changements physiologiques se produisant pendant leur grossesse seraient responsables.

En outre, les femmes enceintes rejetteraient plus de dioxyde de carbone et d’humidité dans leur haleine. Leur température corporelle serait aussi légèrement plus élevée, ce qui libérerait davantage de substances volatiles à la surface de leur peau, aidant les moustiques à les repérer.

Des propos confirmés par plusieurs études, notamment une parue dans la revue Annals of Tropical Medicine & Parasitology, qui avance que les femmes enceintes se font davantage piquer par les Anopheles arabiensis (une espèce commune de moustiques), par rapport à d’autres femmes qui n’attendent pas d’enfant.

Par ailleurs, plus une personne est grande, plus elle dégage du dioxyde de carbone, ce qui explique aussi pourquoi les adultes se font piquer plus que les enfants.

La chaleur, un autre facteur qui attire ces insectes

Enfin, si vous êtes sportif, prudence : les moustiques sont attirés par la chaleur que dégage le corps.

D'ailleurs, c'est parce que le corps humain est particulièrement chaud que les moustiques ne piquent pas les animaux. Ces derniers ont une température corporelle inférieure à celle des humains (qui s'élève, elle, à 37 degrés).

La composition de votre sang : un parfum irrésistible ?

La composition de votre sang : un parfum irrésistible ?

La femelle moustique a besoin de sang, non pas pour manger, étant donné qu’elle se nourrit essentiellement de nectar, mais pour obtenir les protéines dont elle a besoin afin de développer ses œufs avant la ponte.

Les femelles prennent ainsi 2 à 3 fois plus de sang que le total du poids de leur corps. Et elles peuvent détecter ce nectar dont elles raffolent à distance.

En effet, même si ces insectes ont un petit cerveau, leur système de détection est très sophistiqué.

En 2004, une équipe de scientifiques a constaté dans la revue Journal of Medical Entomology que le moustique-tigre semble atterrir davantage sur la peau les personnes appartenant au groupe sanguin O, que sur la peau d’autres personnes.

Ils en déduisent que ces individus attirent davantage cette espèce de moustiques.

En revanche, l'idée selon laquelle le sang sucré serait particulièrement prisé par ces insectes est totalement fausse.

À noter : ce n'est pas la trompe des moustiques qui démange, mais la salive déposée sur notre peau, pour l'assouplir et mieux y pénétrer, de laquelle on est allergique. Plus on se gratte, plus on permet à la salive de pénétrer dans notre peau.

Les bactéries sur la peau : l'odeur attire les moustiques

Les bactéries sur la peau : l'odeur attire les moustiques

Vous vous êtes souvent demandé si vous aviez "une peau à moustique" ? Sachez que ce n'est pas votre peau à proprement parler qui les attire... mais plutôt les bactéries présentes sur l'épiderme.

Selon le magazine Business Insider, la peau rassemblerait en effet plus d'un milliard de bactéries et de champignons. Ceux-ci forment notre microbiote cutané.

Or, ces bactéries émettent une combinaison de molécules dont l'odeur attire plus ou moins les moustiques, ce qui explique pourquoi certaines personnes se font piquer plus souvent.

Une autre explication a été présentée en 2011 au sein de la revue PLOS One.

D'après ces travaux, les bactéries qui peuplent notre épiderme transforment nos sécrétions en composés volatils. Ces composés peuvent contenir jusqu’à 300 éléments différents : ils ne sont pas les mêmes pour tous les individus.

Les scientifiques de cette étude observent ainsi que, chez le moustique Anopheles gambiae, ces bactéries jouent un rôle pour nous repérer.

"Les communautés microbiennes sur la peau jouent un rôle clé dans la production de l’odeur humaine. […] La composition du microbiote de la peau affecte le degré d’attractivité des humains pour ces espèces de moustiques", détaillent les auteurs.

En outre, les individus "préférés" de cette famille de moustiques semblent être ceux qui ont la moins grande diversité de bactérie sur leur peau (par rapport aux gens qui se font davantage piquer). Il existerait donc une corrélation entre les genres bactériens et le degré d’attractivité des moustiques.

Modifier le microbiote de la peau : une solution pour combattre les moustiques ?

C'est pour cette raison que l'Agence américaine de recherche pour la Défense veut modifier de façon temporaire le microbiote de la peau des militaires.

Pour elle, les moustiques représentent "l'une des menaces les plus sérieuses pour la santé des troupes déployées à l'étranger".

Et comme les moustiquaires, répulsifs et médicaments contre le paludisme s'avèrent insuffisants ou sources d'effets secondaires, l'agence mise sur une nouvelle technologie radicale : modifier le microbiote de la peau.

Il n'empêche que cette tâche risque d'être compliquée au vu de la diversité du microbiote cutané.

La Darpa, qui a fait cette annonce en juin 2019, se donne 4 ans pour mettre au point ce traitement.

Alcool, vêtements... Ils jouent aussi un rôle important

Alcool, vêtements... Ils jouent aussi un rôle important

Odeurs corporelles, humidité, consommation d'alcool… Les moustiques iraient jusqu’à identifier ces substances acides dans notre sueur.

Ils sont en effet dotés d'un récepteur olfactif spécifique qui les aident à nous repérer. Sans ce récepteur, les insectes semblent moins attirés par les odeurs humaines, selon une étude publiée au sein de la revue Current Biology en mars 2019.

L'alcool, étonnamment, fait partie des facteurs qui peuvent les inciter à nous piquer : pour eux, le sang des personnes qui ont bu est plus attirant. C'est ce qui ressort d'une étude française de 2011.

Celle-ci a démontré que l'alcool contenu dans trois canettes de bière pouvait faire grimper de 30 % le nombre de piqûres de moustique. Cela est partiellement dû au fait que l'alcool augmente la température corporelle.

La couleur de vos vêtements aide les moustiques à vous repérer

Enfin, une autre explication serait liée à la couleur des vêtements que nous portons.

Selon Jonathan Day, entomologiste à l’université de Floride, les moustiques n’utilisent pas que les odeurs pour repérer leurs proies : la vision joue aussi un rôle essentiel.

Il a ainsi expliqué à nos confrères de NBC News que lorsque l’on porte des couleurs sombres, comme du noir, du marron, du bleu marine ou du rouge, on risquerait davantage de se faire identifier par ces insectes lorsque que nous sommes e n mouvement.

Ces coloris retiennent aussi la chaleur. Une masse sombre qui rejette du CO2 à une température de 37 degrés est donc un attracteur de moustique.

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Sources

Moustiques : pourquoi certaines personnes se font-elles plus piquer que d’autres ?, Numerama, 16 juillet 2019.

Moustiques : pourquoi certains se font-ils plus piquer ?, RTL.

Moment-to-moment flight manoeuvres of the female yellow fever mosquito (Aedes aegypti L.) in response to plumes of carbon dioxide and human skin odour, Journal of Experimental Biology.

Beer Consumption Increases Human Attractiveness to Malaria Mosquitoes, PlosOne, mars 2010. 

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