Maladie d’Alzheimer : faire du sport aiderait à réduire les risques

Une étude brésilienne semble confirmer et expliquer le lien entre maladie d'Alzheimer et exercice physique : à l'effort, une hormone spécifique que l'on retrouve dans une région du cerveau dans laquelle débute la maladie est produite. Un phénomène qui protégerait les synapses, et ainsi la mémoire.
Maladie d’Alzheimer : faire du sport aiderait à réduire les risques Istock

On sait déjà que les accidents cardiovasculaires peuvent augmenter les risques de maladie d'Alzheimer, d'où l'importance de pratiquer une activité physique pour les limiter. Mais la sédentarité semblerait avoir un lien plus direct avec cette forme de démence : une étude menée par des chercheurs brésiliens, américains et canadiens et publiée le 7 janvier 2019 dans la revue Nature Medicine a en effet identifié le rôle clé d'une hormone sécrétée lorsque l'on fait du sport sur les fonctions cognitives.

L'irisine, "l'hormone de l'exercice" qui a des effets bénéfiques sur la mémoire

Pour parvenir à ce constat, les chercheurs se sont concentrés sur l'irisine. Egalement appelée "hormone de l'exercice", celle-ci est libérée dans l'organisme lors d'une activité physique. Après avoir analysé des échantillons de tissus de cerveaux humains, ils ont pu observer que l'irisine était présente dans l'hippocampe, région du cerveau essentielle à la mémoire, mais en plus petites quantités chez les personnes souffrant d'Alzheimer.

Pour aller plus loin, les scientifiques ont pratiqué plusieurs expériences sur des souris : la première consistait à désactiver l'irisine dans l'hippocampe de rongeurs non malades. Dans ce cas-là, les synapses (qui permettent la bonne communication des neurones et qui sont détruites chez les individus atteints d'Alzheimer) et ainsi la mémoire étaient grandement affaiblies. Au contraire, lorsque les niveaux d'irisine dans le cerveau étaient boostés, les fonctions cognitives étaient améliorées.

Du sport contre le déclin cognitif

Selon Ottavio Arancio, co-auteur de l'étude, ces résultats "évoquent la possibilité que l'irisine puisse expliquer pourquoi l'activité physique améliore la mémoire et semble jouer un rôle protecteur contre les maladies du cerveau telles que la maladie d'Alzheimer."

De quoi encourager les chercheurs à se tourner vers de nouvelles pistes thérapeutiques préventives mais également curatives, la maladie d'Alzheimer ne disposant aujourd'hui d'aucun traitement permettant de la guérir : "Pour le moment, j'encourage tout le monde à pratiquer une activité physique, pour améliorer les fonctions cognitives et la santé en général, affirme Ottavio Arancio. Toutefois, cela n'est pas possible pour certaines personnes, notamment celles qui souffrent d'une maladie cardiaque invalidante, d'arthrite ou de démence. Pour ces individus, il faudrait mettre au point des médicaments qui imitent les effets de l'irisine, protégeant les synapses et empêchant ainsi le déclin cognitif."

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