Mesurer moins d'1m68 doublerait vos risques de démence

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Une étude britannique démontrait que les hommes mesurant moins d’1m68 étaient deux fois plus susceptibles de souffrir de démence. Aujourd'hui, une nouvelle enquête va dans le même sens.

Les chercheurs du Centre de recherche d’Alzheimer de l’université d’Edimbourg (Ecosse) ont mené la plus grande étude basée sur le lien entre taille et risque de démence. D’après leurs résultats, un homme mesurant moins d’1m68 a deux fois plus de chance de souffrir de démence qu’un autre.

Aujourd'hui, une nouvelle étude semble confirmer leurs résultats. "Les hommes qui sont plus grands au jeune âge adulte peuvent présenter un risque de démence plus faible à un âge avancé", introduisent les scientifiques.

Les chercheurs à l'origine de cette nouvelle recherche considèrent donc la taille des jeunes adultes comme un facteur de risque potentiel de la démence à prendre au sérieux.

Le niveau d'éducation et les facteurs environnementaux aussi pris en compte

"Des études antérieures ont suggéré que la taille pouvait être un facteur de risque de démence, mais une grande partie de ces recherches n'ont pas été en mesure de prendre en compte les facteurs génétiques, environnementaux ou autres facteurs précoces liés à la démence", expliquent les chercheurs.

"Nous voulions voir si la taille du corps chez les jeunes hommes était associée au diagnostic de démence, tout en déterminant si les résultats des tests d'intelligence, le niveau d'éducation et les facteurs environnementaux et génétiques communs partagés avec leurs frères et sœurs expliquent cette relation", rapporte l'auteure principale de l'enquête, Terese Sara Høj Jørgensen, Professeur adjoint à la Section de médecine sociale, Département de santé publique, Université de Copenhague, Danemark.

Les chercheurs partent du principe que deux frères ont évolué dans le même environnement, avec le même niveau d'éducation. Si ces éléments sont à prendre en compte pour mesurer les risques de démence, ce ne sont pas les seuls. Un homme peut développer une forme de démence, sans que ce soit le cas pour son frère. Les chercheurs estiment donc que la taille peut faire la différence.

Le risque de démence diminue de 10 % tous les 6 cm !

Pour arriver à leurs résultats, les scientifiques ont analysé les données de 666 333 hommes danois nés entre 1939 et 1959. Parmi eux, il y en avait 70 608 qui étaient frères et 7 388 jumeaux. Au total, 10 599 hommes du groupe ont développé une démence plus tard dans leur vie.

Photo : comparaison d'un cerveau normal âgé (gauche) et du cerveau d'un patient atteint d'une maladie d'Alzheimer (droite)

Photo : comparaison d'un cerveau normal âgé (gauche) et du cerveau d'un patient atteint d'une maladie d'Alzheimer (droite)© Creative Commons

Crédit : Alzheimer's Disease Education and Referral Center, a service of the National Institute on Aging - CC - Licence : domaine public

D'après les analyses, il y aurait une réduction d'environ 10 % du risque de démence tous les 6 cm. Lorsque l'équipe a pris en compte le rôle de l'intelligence ou de l'éducation des volontaires, la relation entre la taille et le risque de démence n'a été que légèrement réduite. En d'autres termes, la taille est un indicateur non négligeable du risque de démence.

C'était là, tout l'intérêt de mesurer et comparer les risques chez des frères. "La relation entre taille et démence existait également lorsque des frères de tailles différentes ont été examinés, ce qui suggère que la génétique et les caractéristiques familiales n'expliquent pas à elles seules pourquoi les hommes plus petits aient un plus grand risque de démence" traduisent les scientifiques.

Cela était également vrai lorsqu'ils ont étudié les données concernant les jumeaux.

"Ce n’est pas le fait d’être petit qui peut causer la démence mais la raison de cette petite taille"

La précédente étude, publiée en 2014, s'était basée sur les données de 18 enquêtes différentes portant sur près de 182 000 personnes entre 1994 et 2008. Parmi les 17 553 personnes décédées au cours d’une période de 10 ans, 1093 étaient atteintes de démence. Les hommes plus petits étaient deux fois plus nombreux que les plus grands. Chez les femmes, ils ont estimé ce risque à 35 %.

L’auteur principal de l’étude, le Dr David Batty, tient à préciser ce résultat pour éviter tout amalgame : "Ce n’est pas le fait d’être petit qui peut causer la démence mais plutôt la raison de cette petite taille". En effet, la petite taille peut révéler une mauvaise nutrition ou un autre facteur affectant la croissance.

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