Le médicament Cytotec® prescrit à de nombreuses femmes sera arrêté le 1er mars 2018

Publié le 14 Février 2018 par Laurène Levy, journaliste santé
En raison du risque d’effets secondaires graves, le Cytotec® ne sera plus commercialisé en France à compter du 1er mars 2018. D’autres médicaments devraient permettre de le remplacer efficacement.
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© Adobe StockIl est commercialisé en France depuis 1987. Le Cytotec®, un médicament contenant du misoprostol était initialement indiqué dans le traitement préventif et curatif des ulcères et des lésions gastroduodénales. Sur décision du laboratoire fabricant Pfizer et de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), le Cytotec® ne sera plus commercialisé à partir du 1er mars 2018.

Accouchement déclenché et IVG médicamenteuse

Doublé par les médicaments de type inhibiteurs de la pompe à protons (IPP), le Cytotec® n’est quasiment plus utilisé pour les problèmes gastriques. Son usage principal est un usage dévié, hors Autorisation de Mise sur le Marché (AMM), en gynécologie et obstétrique "soit pour déclencher l’accouchement à partir de 37 semaines d’aménorrhée soit dans l’interruption volontaire de grossesse médicamenteuse (IVG)" rapportait l’ANSM dans un communiqué du 20 octobre 2017. Dans ce même texte, l’agence annonçait l’arrêt de la commercialisation du Cytotec® à compter du 1er mars 2018 en raison du risque d’effets indésirables graves pour la mère et l’enfant, comme "la survenue d’une rupture utérine (déchirure du muscle utérin), d’hémorragies ou d’anomalies du rythme cardiaque fœtal".

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Mise à disposition des médicaments remplaçant le Cytotec®

A l'approche de la date butoir, la question qui se pose aujourd’hui est celle du remplacement de ce médicament. Pour l’IVG médicamenteuse, "deux spécialités sont actuellement disponibles en France", selon l’ANSM. Toutes les deux contiennent du misoprostol. Il s’agit du Gymiso® (laboratoire Linepharma international limited) et du MisoOne® (laboratoire Exelgyn-Nordic Pharma). "Afin de garantir l’accès à ces traitements pour les femmes, l’ANSM s’assure, en lien avec les laboratoires concernés, de la mise à disposition en quantité suffisante de ces médicaments au 1er mars 2018", précise l’agence. Pour le déclenchement du travail à terme, une spécialité à base de prostaglandine, la dinoprostone, peut remplacer le Cytotec®. Ce médicament est le Propess® à système de diffusion vaginale (laboratoire Ferring SAS). De plus, "une AMM a été octroyée à Angusta (misoprostol 25 µg), du Laboratoire Azanta, à la mi-janvier" 2018 pour le déclenchement du travail, selon Le Quotidien du Pharmacien.fr. "Son dossier doit maintenant passer devant la commission de transparence et le Comité économique des produits de santé (CEPS) avant d’arriver sur le marché", ajoute le site internet du journal.

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