Le lien entre chute de cheveux et cancer métastasé

Publié le 19 Décembre 2017 par Rédaction Medisite
Un mécanisme cellulaire favorisant la chute de cheveux pourrait aussi expliquer la migration de cellules cancéreuses dans le corps, elle-même à l’origine des métastases. 
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© Adobe StockComment réduire les risques de métastases ? Pour répondre à cette question, des chercheurs en biochimie et en cancérologie de l’université de Caroline du Sud (Etats-Unis) se sont intéressés à un marqueur étonnant : celui de la perte de cheveux. Selon eux, le mécanisme cellulaire à l’origine des chutes de cheveux serait similaire à celui expliquant la migration des cellules cancéreuses de la tumeur vers d’autres organes, c’est-à-dire au processus de métastase. Ils dévoilent leurs résultats dans le journal Science Signaling.

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Une migration cellulaire accrue

Pour leur recherche, les scientifiques ont fabriqué des souris génétiquement modifiées dépourvues d’une famille d’enzymes, les céramides synthases. Ces enzymes permettent la fabrication de céramides, des molécules qui jouent un rôle dans la formation de signal initiant la croissance cellulaire. Les souris ainsi formées présentaient une alopécie, c’est-à-dire qu’elles souffraient de pertes de poils sur une partie de leur corps ou sur la totalité du corps. Sans l’une de ces enzymes, appelée CerS4, les kératinocytes (les cellules de la peau qui fabriquent la kératine, constituant des poils et des cheveux) sont hyperactives et migrent trop, perturbant le cycle de renouvellement des poils et des cheveux. Selon les chercheurs, la migration cellulaire accrue observée pour les kératinocytes pourrait également se produire dans les cellules cancéreuses et favoriser la formation de métastases.

S’inspirer de la perte de cheveux pour empêcher les métastases

"La perte de cheveux nous a appris quelque chose sur les métastases cancéreuses et comment elles peuvent être régulées", souligne ainsi le docteur Ogretmen, co-auteur de l’étude cité dans un communiqué EurekAlert!. Les chercheurs souhaitent maintenant travailler sur d’autres modèles et vérifier que leurs résultats s’appliquent bien chez l’humain. Une compréhension plus précise du mécanisme cellulaire et des enzymes régulant les céramides permettrait selon eux de travailler sur de nouveaux traitements ciblés pour empêcher la formation de métastases.

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