Isotrétinoïne : ce médicament provoque-t-il des risques de dépression ?

L’isotrétinoïne est un médicament qui traite l’acné sévère, principalement chez les adolescents dont les traitements classiques se sont révélés inefficaces. Pourtant, de nombreux cas de tentatives de suicide et de dépression ont été enregistrés. Des scientifiques cherchent à déterminer s’il existe un lien entre la dépression et la prise de ce médicament. 

Publicité

© IstockL’isotrétinoïne, appeléeRoaccutane®, Acnetrait®, Curacne®dans le commerce, est une molécule dérivée de la vitamine A qui traite l’acné sévère lorsque celle-ci ne disparaît pas avec les traitements plus classiques. Depuis quelques années le traitement estsoupçonné de favoriser des casdedépressionpourtant une récente étude publiée dansJournal of american academy of dermatology semble montrer que les doutes n'auraient pas lieu d'être.

Les chercheurs ont passé en revue 172 publications médicales portant sur le lien entre l'isotrétinoïne. En tout, 31 ont été jugées valables. Selon leur analyse, au cours de la période de traitement chez les volontaires étudiés dans ces études il n'y a aucune donnée qui montre significativement une augmentation des cas de dépression ou une dégradation de l'état dépressif d'un patient. Au contraire, il semblerait que pour certains l'état ce soit amélioré.

Publicité
Publicité

L’isotrétinoïne, un traitement sous surveillance depuis longtemps

De nombreuses études ont vu le jour afinde déterminer si ce médicament augmente les risques de dépression et de suicidechez les patients atteints d’acné sévère, principalement des adolescents. Selon certaines, au contraire, le traitement semble améliorer la qualité de vie.
L’Agence Nationale de Sécurité du Médicament(ANSM) relève que de 1985 au 1er novembre 2007,une quinzaine de cas de suicides et une vingtaine de cas de tentatives de suicideont été déclarés à la pharmacovigilance en France. Les patients étaient traités par Roaccutane® ou l’un de ses génériques. Cependant, les cas de suicides concernaient surtout des patientsayant des antécédents psychiatriquescomme la dépression.

Pourtant, il est difficile de déterminer s’il y aun lien entre dépression et prise du traitement. Une analyse réalisée par l’ANSM en 2005 au niveau européen n’a pas réussi à déterminer s’il existe une corrélation entre les deux.La Société Française de Dermatologieexplique : ’’le lien entrela prise d’isotrétinoïneet la survenue detroubles psychiatriquesn’est [...] pas établi, au niveau d’une population de patients ; ceci n’élimine pasun risque individuel indétectable par les études et dans des cas cliniques isolés. Parallèlement, l’acné, dans sa forme sévère, constitue uneatteinte à l’image de soiqui peut avoir un retentissement psychosocialimportant et êtreresponsable d’une altération de la qualité de vie’’. Ainsi, l’acné sévère pourrait être la cause chez les adolescentsd’une augmentation des idées suicidaires et des problèmes de santé mentale.

Des mesures complémentaires

Selon l’ANSM, Roaccutane® et ses génériques font l’objet d’un dispositif renforcé de pharmacovigilance depuis 1995. Des mises en garde surles précautions d’emploien cas de dépression ou d’envies suicidaires ont été mises en place et la liste deseffets indésirablesa été complétée afin de prévenir les risques possibles suite à la prise de ce médicament. Des précautions supplémentaires ont été prises : les prescripteurs doivent êtreparticulièrement vigilants vis-à-vis des patients qui présentent des antécédentspsychiatriques. Il est égalementinterdit pour les femmes enceintes, car lerisquetératogèneest très élevé expliquant pourquoi sa prescription est uniquement reservée aux dermatologues depuis 20 avril 2015.

Vidéo. La dépression

Recevez toute l'actualité chaque jour GRATUITEMENT !

X