Cancer : pourquoi il faut éviter de jeûner

Publié le 18 Janvier 2018 par Bénédicte Demmer, journaliste santé
Dans une tribune pour Slate, une chercheuse de l'Institut national de la recherche agronomique rapporte les résultat d'une enquête ayant montré qu'il n'y aurait aucun bénéfice à jeûner quand on est atteint d'un cancer, les résultats influeraient même sur la mortalité du sujet. 
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© Adobe StockRéduire considérablement sa consommation calorique voir même jeûner est de plus en plus populaire chez les patients atteints d'un cancer. Beaucoup d'études ayant récemment montré que le sucre ou encore certaines protéines contribueraient à nourrir les tumeurs cancéreuses et favoriseraient leur développement. Face à cette recrudescence du nombre de patients demandant à leurs médecins des recommandations pour bien jeûner, Paule Latino Martel directrice de recherche en nutrition et cancer à l'INRA annonce la publication d'une étude montrant que non seulement jeûner quand on est atteint d'un cancer n'aurait pas de réels bénéfices, mais cela comporterait aussi des risques pour la santé.

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Un risque de dénutrition qui augmente la mortalité

La spécialiste rapporte la mise en place d'un rescencement de toutes les études (dont la première a été effectuée en 1940) concernant les liens entre régimes restrictifs et jeûne chez les sujets atteints de cancer que ce soit cellulaires, animale ou humain. En tout, 200 travaux sur les animaux, 20 chez l'Homme et 2 études épidémiologiques ont été passées en revue.

Les résultats expliquent selon la chercheuse que toutes les études ont été menées avec des données trop pauvres ou de faibles qualité pour en conclure un effet bénéfique du jeûne sur le cancer chez l'Homme. En revanche, ce qui a été observé c'est une diminution de la masse et de la fonction musculaire, "deux facteurs qui sont reconnus comme facteurs pronostiques péjoratifs", écrit la chercheuse avant d'ajouter que cette conséquence peut "gêner ou empêcher le traitement". Un risque de mortalité serait donc plus élevé chez les patients dénutris par rapport aux autres notamment à cause d'une réduction de la tolérance à la chimiothérapie obligeant à réduire les doses.

Néanmoins, dans sa tribune la spécialiste rappelle que si elle ne conseille pas le jeûne en cas de cancer, ce choix reste libre et individuel à chaque patient, mais il faut avant tout en informer son médecin.

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