Cancer de la bouche : les non-fumeurs plus à risque ?

Publié le 08 Mars 2018 à 12h13 par Chloé Parisse, journaliste santé
Une étude canadienne démontre que les lésions orales potentiellement malignes chez les non-fumeurs auraient un risque plus élevé d'évoluer vers un cancer que chez les fumeurs.

© Adobe StockLe tabagisme est l'un des principaux facteurs de risque associés au cancer de la bouche. Néanmoins la génétique pourrait également y être pour quelque chose. Des scientifiques de l'Université de Colombie-Britannique au Canada ont découvert que les lésions buccales précancéreuses évoluaient plus vite et de façon plus élevée chez les non-fumeurs plutôt que chez les fumeurs.

Les lésions du plancher buccal évoluait 38 fois plus vite chez les non-fumeurs

Les chercheurs ont mené leur analyse pendant 10 ans. Les 455 participants étaient atteints d'une dysplasie épithéliale orale, c'est-à-dire une lésion précancéreuse dans la bouche, 233 présentaient des lésions légères et 212 des lésions modérées. Parmi eux, 139 étaient non-fumeurs et 306 étaient fumeurs. Les informations cliniques comme la taille et l'apparence de la lésion ont été comparées entre les deux groupes.

Les résultats, publiés dans la revue Oral Oncology en mars 2018, ont montré que les lésions chez les non-fumeurs étaient principalement localisées sur la langue alors que les lésions chez les fumeurs étaient surtout localisées au niveau du plancher de la bouche. Les recherches ont également révélé que la dysplasie épithéliale orale chez les non-fumeurs progressait deux fois plus vite vers le cancer. Encore plus étonnant, quand la lésion se situait dans le plancher buccal des non-fumeurs, elle évoluait 38 fois plus vite que chez les fumeurs.

En cause : la génétique

La dysplasie épithéliale orale serait le résultat de facteurs environnementaux comme le tabac alors que chez les non-fumeurs, la responsabilité reposerait sur la génétique ou les mutations génétiques, expliquent les chercheurs. Leigha Rock, une des auteurs de l'étude, a déclaré dans un communiqué : "Nos résultats montrent que les marqueurs génomiques moléculaires peuvent identifier les lésions à haut risque, indépendamment des habitudes à risque comme le tabagisme, et devraient être une considération importante dans la gestion des patients."

Cette étude nous apprend l'importance de prêter attention aux lésions buccales chez les non-fumeurs. "Si vous voyez une lésion chez un fumeur, soyez inquiet. Si vous voyez une lésion chez un non-fumeur, soyez très inquiet. Ne vous dîtes pas qu'il ne peut pas s'agir d'un cancer parce qu'il ne fume pas puisque notre recherche indique que les non-fumeurs pourraient être plus à risque" prévient la chercheuse.

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