AVC : une baisse des températures augmenterait les décès

Publié le 20 Juillet 2018 par Morgane Garnier, Journaliste Santé
Dans une récente étude, des chercheurs brésiliens ont démontré qu'il y avait une corrélation entre les décès dûs à un accident vasculaire cérébral (AVC) et un climat froid, particulièrement chez les femmes âgées de 65 ans et plus.
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AVC : une baisse des températures augmenterait les décèsIstock

Outre le mode de vie et l'hérédité, des facteurs météorologiques pourraient être en cause dans la survenue d'un accident vasculaire cérébral (AVC) qui se révèle mortel. C'est ce qu'ont démontré des chercheurs brésiliens dans une étude publiée le 25 mai 2018 dans la revue International Journal of Biometeorology.

Selon les auteurs de l'étude, une chute des températures augmenterait le risque de mourir d'un AVC chez les personnes âgées de plus de 65 ans. Pour arriver à cette conclusion, ils se sont appuyés sur des données météorologiques et des actes de décès recensés entre 2002 et 2011 à São Paulo au Brésil, pays dont le climat est défini comme tempéré/chaud. Au total, 55 633 personnes sont mortes d'un AVC entre cette période où la température moyenne était de 21°. Le risque d'AVC était particulièrement élevé lorsque les températures se situaient en dessous de 15°. Des résultats qui concordent avec ceux de plusieurs études qui montrent que les AVC se font plus nombreux quand les températures deviennent extrêmes. A noter que pour le cas de São Paulo, on a relevé plus d'AVC hémorragiques que d'AVC ischémiques.

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Risque de mort par AVC : une différence liée au sexe marquée

Cette différence a son importance puisqu'elle souligne celle des risques d'AVC entre les hommes et les femmes. En effet, ces dernières seraient plus touchées. Si l'étude révèle que les taux de mortalité par AVC ischémique étaient plus élevés chez les hommes de 65 ans et plus quand la température excédait 26°, l'AVC en général survient plus chez les femmes. Les chercheurs ont notamment relevé qu'en dessous de 10°, les femmes de plus de 65 ans avaient plus de chance de succomber à un AVC hémmoragique. Des résultats qui ont intrigué les chercheurs.

Risque de mort par AVC : la ménopause serait notamment en cause

L'explication pourrait se trouver dans le fait que les personnes âgées ont un métabolisme ralenti et sont donc moins aptes à maintenir l'homéostasie, qui correspond à une stabilisation de certaines caractéristiques physiologiques nécessaires à la survie. Quand il fait froid, le sang devient plus visqueux et le nombre de plaquettes augmente, ce qui entraine une hausse de la pression artérielle.

En ce qui concerne la différence liée au sexe, les femmes seraient plus à risque de faire un AVC car elles sont plus touchées par certaines maladies comme le diabète ou une tension artérielle élevée. Ceci est dû à un ensemble de facteurs (hormonal, anatomique, sociétal, etc.), qui diffèrent chez les hommes.

La ménopause serait également en cause : la baisse de la production d'estrogènes, hormones qui stimulent et contrôlent le développement et la maintenance des caractéristiques féminines, augmenterait le risque d'AVC.

Les chercheurs indiquent en conclusion que le risque de mort par AVC est plus grand lorsque les variations de température sont importantes (pics de froid et vagues de chaleur), indépendamment du pays et de sa zone géographique.

AVC hémorragique ou ischémique : quelle est la différence ?

On estime à 150 000 le nombre d'AVC chaque année en France (un toutes les quatre minutes). 80% d'entre eux seraient dûs à une ischémie contre 20% à cause d'une hémorragie. L'AVC ischémique survient lorsque la vascularisation est interrompue à cause de la présence d'un caillot qui bouche une artère. L'AVC hémorragique, lui, consiste en une rupture d'une artère cérébrale, souvent dûe à une tension artérielle trop élevée.

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