Anti-inflammatoires : ces médicaments antidouleurs seraient à l’origine de maladies cardiaques

Publié le 21 Mars 2018 à 11h21 par Rédaction Medisite
Des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) sont une nouvelle fois pointés du doigt en raison de leur lien avec la survenue d’une arythmie cardiaque, la fibrillation auriculaire. Explications.

© Adobe StockIls étaient déjà accusés d’augmenter le risque de crise cardiaque. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) font aujourd’hui l’objet d’une nouvelle étude qui les implique dans la survenue de fibrillation auriculaire, un trouble du rythme cardiaque ou arythmie. Cette recherche, conduite par des scientifiques de l’Institut de Recherche de Santé National de Miaoli, Taiwan, est publiée dans le journal British Pharmacological Society le 20 mars 2018.

Un risque de fibrillation auriculaire élevé de 18%

Les chercheurs se sont appuyés sur les données de santé récoltées entre 2001 et 2013 de 57 058 participants dont la moitié souffrait de fibrillation auriculaire et l’autre moitié ne présentait pas de maladie du cœur. Ils ont comparé leur condition cardiaque à leur prise de médicaments antidouleur. Résultat : les participants ayant pris des AINS présentaient un risque de fibrillation auriculaire de 18% plus élevé que ceux n’en ayant pas pris. Plus précisément, la prise d’AINS non sélectifs était associée à un risque de trouble cardiaque plus élevée que la prise combinée d’AINS sélectifs et non sélectifs. Les AINS sélectifs visent spécifiquement une molécule responsable des états inflammatoires de la douleur, la COX-2, et sont mis en avant pour leurs effets indésirables moindres sur le tube digestif. Il s’agit des Coxibs, commercialisés par exemple sous les noms de célécoxib (Célébrex®) et de rofécoxib (Vioxx®) en France et sont indiqués dans le traitement des symptômes de l'arthrose ou de la polyarthrite rhumatoïde.

Mettre en place une "surveillance étroite"

Cette étude apporte une nouvelle preuve d’un lien entre l’usage des anti-inflammatoires et les maladies du cœur, notamment chez les personnes présentant des risques cardiovasculaires. "Une surveillance étroite des effets indésirables du traitement par AINS sur le risque de fibrillation auriculaire sera importante, en particulier chez les individus à haut risque" écrivent ainsi les chercheurs dans leur étude. En février dernier, cette même équipe de scientifique publiait une étude issue de la même cohorte de patients. Ils y démontraient l’existence d’un lien entre cinq antidouleurs (Ibuprofène Mylan®, Celebrex 100 mg®, Ponstyl®, Voltarène ® et Apranax ®) et la survenue de crise cardiaque et d’accidents vasculaires cérébraux (AVC).

Vidéo : Top 3 des médicaments les plus risqués pour le cœur

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