Allergie : les allergologues se battent contre le déremboursement des traitements de désensibilisation

Publié le 18 Avril 2018 par Laurène Levy, journaliste santé
Les médecins allergologues se mobilisent dans le cadre du Congrès Francophone d’Allergologie contre le déremboursement de la désensibilisation que recommande la Haute Autorité de Santé (HAS). Une mesure "incompréhensible" et dangereuse pour la santé des personnes allergiques.
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Maintenir un accès aux traitements pour tous. C’est ce que réclament les médecins allergologues, alors que se tient actuellement le Congrès Francophone d’Allergologie (CFA) du 17 au 20 avril 2018 à Paris. Leur inquiétude vient notamment du fait qu’en février 2018, la Haute Autorité de Santé (HAS) a émis un avis qui recommande un déremboursement (partiel ou total) des traitements de désensibilisation de l’allergie. "Tandis que la pathologie explose et qu’il n’existe pas de traitement alternatif à la désensibilisation, cette décision constituerait une véritable catastrophe pour les patients et un recul inédit dans l’accès aux soins" alerte la communauté allergologique* dans un communiqué daté du 17 avril 2018.

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Les rhinites allergiques non traitées peuvent évoluer vers l’asthme

Un déremboursement des traitements de désensibilisation est "incompréhensible" selon les allergologues et représenterait un véritable retour en arrière dans la prise en charge des allergies : "seule la désensibilisation constitue un traitement qui agit sur la cause de la maladie et qui empêche l’aggravation de la pathologie. Il n’existe aujourd’hui pas d’alternative à ce type de traitement, les médicaments tels que les antihistaminiques se contentant de soulager les effets de la pathologie, sans agir sur les causes" rappellent les professionnels. "Réduire le remboursement des traitements de désensibilisation, c’est réduire le nombre de patients qui pourront se soigner et prendre le risque de voir s’aggraver la pathologie" ajoutent-ils. En effet, une absence de prise en charge de l’allergie "peut conduire à l’aggravation de la maladie : 30% des rhinites allergiques non traitées évoluent vers l’asthme", déplorent les allergologues dans le communiqué.

50% de Français allergiques d’ici 2050

Et cela est d’autant plus inquiétant que le nombre de personnes touchées par les allergies croît continuellement. L’institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) estime en effet qu’aujourd’hui en France, "25 à 30% de la population est concernée par une maladie allergique" et, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), ce chiffre pourrait atteindre 50% d’ici 2050.

*Communiqué co-signé par l’Association française pour la prévention des allergies (AFPRAL), l’Association Nationale de Formation Continue en Allergologie (ANAFORCAL), Asthme & Allergies, Fédération française d’allergologie (FFAL), la Société Française d’Allergologie (SFA) et le Syndicat français des allergologues (SYFAL)

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