La liste noire des pires nids à microbes qui se cachent chez vous
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La salle de bain : royaume des bactéries fécales

La liste noire des pires nids à microbes qui se cachent chez vous© Istock

Souvent chaude et humide, la salle de bain est avant tout le paradis des bactéries. Serviettes de toilettes, rasoirs, pinces à épiler ou même accessoires pour le bain… Ces derniers stagnent quotidiennement dans l’humidité, ce qui les rend si populaires chez les bactéries. Ces objets nécessitent d’être nettoyés et traités régulièrement, voir remplacés. Et surtout, ils ne devraient pas être partagés.

Serviettes de toilette : le rendez-vous des bactéries... fécales

Les serviettes de toilette attirent les bactéries, semble-t-il. Après être allé aux toilettes, vous vous lavez les mains, puis vous vous essuyez avec cette petite serviette, qui reste constamment humide. Sans en être conscient, vous attrapez alors des bactéries... fécales.

"En étant humides, les serviettes de toilette favorisent la survie et la prolifération bactérienne, décrit le Pr Gayet. Il faut impérativement individualiser ces serviettes et ne pas les partager au sein de la famille. Ce sont tous les objets que l’on manipule avec les mains, les premiers vecteurs de bactéries". Et si vous les utilisez après les autres membres de la famille, vous vous y exposez encore plus.

Les serviettes de toilette peuvent être vectrices de gastro-entérites aiguës virales (gastro) ou d'infections respiratoires aiguës (grippe et infections para-grippales). Vous pouvez aussi contracter une infection plus grave.

Le Pr Gayet évoque le risque de staphylocoque doré (si vous avez une plaie : abcès, panaris...). Il s’agit de l’espèce la plus pathogène du genre Staphylococcus, responsable d’intoxications alimentaires, abcès et autres infections et dans certains cas d’infections mortelles (si le patient est immunodéprimé notamment). Les staphylocoques se transmettent en cas d’infection de la peau, mais aussi à partir d’objets contaminés par la bactérie comme les serviettes, mais aussi les taies d’oreiller ou les téléphones.

L’infectiologue mentionne aussi la bactérie E.colis et la salmonelle. Cette seconde provoque la salmonellose dont la période d’incubation peut aller de 12 à 72 heures. Les intoxications à salmonelle peuvent engager le pronostic vital des patients. Si elle pénètre le corps par voie alimentaire dans la majeure partie des cas, elle peut aussi se transmettre d’une personne à une autre. La salmonelle peut se retrouver un peu partout dans la maison (surtout dans la cuisine et les toilettes), car cette bactérie est résistante et peut survivre un certain temps à l’extérieur d’un hôte.

Rasoirs et pinces à épiler : gare aux infections !

"Dans la salle de bains, les hommes peuvent développer une infection de la pilosité faciale en se rasant avec un rasoir contaminé par des bactéries, met en garde le Pr Gayet. Attention, le risque est le même pour les femmes qui se rasent les aisselles, les jambes, les cuisses, ou encore le pubis".

Une des erreurs les plus courantes ? Laisser votre rasoir dans un coin de la baignoire ou de la douche. Il baigne alors dans l’eau stagnante et favorise la prolifération de bactéries. Le fait qu’il soit constamment dans l’eau diminue aussi sa durée de vie. En outre, il est à portée de main des autres membres du foyer. Or, il faut savoir que le rasoir est à usage strictement personnel. Au même titre que la brosse à dents et la pince à épiler.

"On peut donc développer une infection en cas de plaie, de brûlure ou de toute éruption cutanée [ce qui est souvent le cas lorsqu’on utilise le rasoir !, ndlr], du moins si la lésion est contaminée par un nombre important de bactéries pathogènes", dévoile le Pr Gayet. Le professeur évoque le risque de rougeur, abcès et panaris. La plupart des abcès sont provoqués par la bactérie Staphylocoque doré et apparaissent sous forme de poches remplies de pus à la surface de la peau.

Canard en plastique : 75 millions de germes à lui seul ?

Une étude suisse parue en 2018 alertait sur le nombre gigantesque de bactéries potentiellement pathogènes qui fleurissent à l'intérieur des jouets en plastique comme les petits canards, une fois plongés dans l'eau sale du bain. Les jouets, plongés dans l'eau propre, contiendraient plus de 5 millions de bactéries. Quant aux canards plongés dans l'eau sale, ils en abriteraient plus de 75 millions.

"Les chercheurs ont aussi observé des germes potentiellement pathogènes chez 80% des canards étudiés, notamment des légionelles et des bactéries très résistantes de l'espèce Pseudomonas aeruginosa, connues pour causer de nombreuses maladies nosocomiales" rapporte l'étude.

La composition du plastique, les bactéries contenues dans l'eau sale du bain, les agents chimiques des savons et gels douches ainsi que les bactéries émises par le corps contribuent à faire fleurir un véritable écosystème de microbes parfois pathogènes, surtout à l'intérieur des jouets sur lesquels figure souvent un petit trou permettant aux microbes de fleurire dedans. Cela expose les usagers à un risque d'irritation des yeux, des oreilles ou même de troubles intestinaux, expliquaient les chercheurs.

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Source(s):

Merci au Pr Stéphane Gayet, infectiologue et hygiéniste au CHU de Strasbourg

Le Petit Guide Santé du Ménage rédigé par nos médecins, Association Santé Environnement France

Escherichia coli, informations et traitements, Institut Pasteur

Ugly ducklings—the dark side of plastic materials in contact with potable water, Biofilms & Microbiomes, 27 mars 2018